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25.02.2008
Shanghai guetté par la déprime
La Tribune - 25/02/08 -
L'indice phare de la Bourse chinoise a perdu près de 30 % depuis son plus haut en octobre dernier.
La " spirale baissière " tant redoutée à la Bourse de Shanghai serait-elle enclenchée ? Cette fois, la question peut sembler légitime. L'indice Composite a perdu près de 30 % en six mois. Surtout, vendredi, il a, selon les analystes, enfoncé le seuil critique des 4.466 points, avant de terminer encore un peu plus bas à 4.370 points en repli de 3,47 %. Sauf à rebondir rapidement au-dessus de ce palier technique, la baisse pourrait se poursuivre par saccades violentes.
Par-delà l'analyse technique, le sentiment général s'est dégradé. Cette place, qui semblait vivre en total vase clos, se montre depuis plusieurs mois de plus en plus perméable à la déprime qui pèse sur la croissance mondiale. Les entreprises les plus sanctionnées en Bourse sont d'ailleurs également celles qui sont le plus tournées vers l'international, telles que les groupes pétroliers ou de transport maritime. Ensuite, en dépit des signaux négatifs envoyés par les investisseurs, les autorités s'obstinent à poursuivre le mouvement des introductions, notamment dans le secteur financier. Une attitude d'autant plus paradoxale que ce secteur - malgré sa faible exposition à la crise des subprimes - est non seulement l'un des plus attaqués, mais occupe une place de choix de la cote chinoise.
En termes de capitalisation échangée, les financières arrivent en effet en tête de la cote avec par ordre d'importance Citic Securities, Shanghai Pudong, China Merchants Bank, et China Minsheng Banking Corp. Les plongeons de groupes, comme Pudong Developpement ou encore Merchants, ont donc largement contribué à tirer l'indice vers le bas. Le premier a perdu 20 % la semaine dernière, après avoir annoncé mercredi son intention de faire appel au marché. De son côté, China Merchants Bank a dévissé de 5,8 %, vendredi, à la perspective de voir certaines de ses actions jusqu'alors gelées devenir négociables. Les investisseurs institutionnels qui les détenaient ont en effet été autorisés à les céder.
En attendant, ces soubresauts boursiers, de par leur amplitude, sont déjà interprétés par certains experts comme le début d'un krach. Une interprétation peut-être hâtive. Car, jusqu'à présent, les autorités ont toujours tout fait pour limiter la casse. Et elles pourraient ne pas déroger à cette règle, surtout avant la tenue dès le 5 mars d'un événement politique de la plus haute importance, la réunion de l'Assemblée populaire. Pas plus tard que vendredi, elles ont d'ailleurs autorisé la création de cinq nouveaux fonds mutuels, dont deux sont dédiés au marché actions, susceptibles de lever au total 5 milliards de dollars d'avoirs. Il faut sans doute y voir le début d'une nouvelle phase de soutien.
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