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27.03.2008

La France et la Chine luttent ensemble contre la contrefaçon

Le marché de la contrefaçon s’est développé ces dernières années de manière alarmante.
Autrefois limitée aux seuls produits de luxe, l’industrie du faux envahit désormais la quasi-totalité des secteurs de l’économie.
Un vrai fléau contre lequel la France tente de se prémunir.

Une semaine ordinaire à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris.
Les douaniers viennent de mettre la main sur un lot de contrefaçons d’un célèbre médicament destiné à régler les troubles sexuels masculins ; ils ont intercepté quelques jours plus tôt un stock de lunettes de soleil copiant des modèles créés par de grandes marques ; demain, ils découvriront peut-être de fausses pièces électroniques, des parfums imités, ou des aliments frelatés. Le marché de la contrefaçon est en pleine expansion : selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 5 à 9 % du commerce mondial serait aujourd’hui le produit de ce réseau parallèle.

De sérieux dangers pour la santé.
Le rapport élaboré en 2006 à l’occasion du lancement en France d’un programme de mobilisation contre la contrefaçon n’hésite pas à qualifier cette activité illicite de véritable « fléau ». Pour Pascal Coudry, dont l’agence de communication a piloté cette campagne menée sous l’égide du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, les consommateurs ne sont pas encore suffisamment conscients des effets néfastes de la contrefaçon, notamment en matière de santé : « Je pense notamment à ces faux médicaments antipaludéens ou anticancéreux qui sont de véritables poisons ». Il évoque aussi les pièces automobiles frauduleuses et dangereuses, les jouets dont la solidité est loin d’être garantie et dont les pièces risquent d’être ingérés par les bébés, ou ces produits alimentaires frelatés qui peuvent provoquer de graves intoxications. Sans compter les cosmétiques qui déclenchent des allergies, ou les verres solaires qui ne protègent pas les yeux…
Si la contrefaçon est passée en quelques années du stade artisanal au stade industriel, c’est qu’il s’agit d’une activité extrêmement lucrative où, selon les spécialistes, un euro investi rapporte environ 10 euros et qui constitue une manne pour les réseaux criminels. Pascal Coudry l’explique : « Quand les divers réseaux de trafiquants ont réalisé qu’il était tout aussi rentable et beaucoup moins risqué d’investir dans l’industrie du faux que dans celui de la drogue, des armes et de la prostitution, ils ont rapidement misé sur ce nouveau marché ».
La mondialisation et le développement de la vente par Internet ont accéléré ce processus.
Pour un changement des mentalités, il faut désormais mettre en action des outils et une volonté commune de tous les États » et susciter « un véritable changement des mentalités chez les consommateurs et insister sans ambiguïté sur l’importance des peines encourues.
Car une majorité de consommateurs minimise le délit. Un sondage réalisé en 2006 faisait apparaître que 34 % des Français estimaient que l’achat d’un produit de contrefaçon n’était « pas grave ». Les mentalités commencent cependant à évoluer, même dans les pays considérés comme les plus laxistes, où des cas d’intoxication au faux lait pour bébé ont pu déclencher des vagues d’indignation nationale.
En France, la lutte contre la contrefaçon est déjà définie comme une priorité gouvernementale, exprimée notamment par le renforcement des contrôles douaniers et de la législation. Paris préconise également le développement des coopérations bilatérales : des accords dans le domaine douanier ont été renforcés en 2006 avec l’Italie et la Russie, et un protocole vient d’être signé en ce sens entre la France et la Chine. Le temps est donc peut-être venu d’une prise de conscience internationale.
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L’impact sur l’économie : le cas de la France
• 6 milliards d’euros de perte annuelle de revenus
• 30 000 emplois détruits
• 1 entreprise sur 2 s’estime confrontée au problème de la contrefaçon,
• En France, l’amende infligée à l’acheteur peut monter jusqu’à 300 000 euros, la peine d’emprisonnement jusqu’à trois ans.

Informations fournies par l'Ambassade de France

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