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28.03.2008
La situation économique de la Chine
La Chine sera la première économie mondiale en 2015, selon l'OCDE
L'assainissement du secteur bancaire devrait consolider le développement chinois. Mais Pékin doit veiller à renforcer ses politiques en matière de santé et d'éducation.
Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques, " la Chine devrait dépasser les États-Unis en tant que plus grosse économie mondiale avant 2015 ". La première marche du podium est la situation " normale " pour la Chine, souligne Angus Maddison, auteur d'une récente publication de l'Organisation sur le sujet et dont le raisonnement est basé sur l'évolution des parités de pouvoir d'achat (PPA).
Cet expert rappelle que l'empire du Milieu est longtemps resté la première économie au cours des siècles passés avant de se faire distancer par l'Europe. La vitesse du rattrapage donne le vertige : la Chine représentera en 2030 probablement 23 % de l'économie mondiale contre 5 % en 1978. Elle aura un revenu par tête équivalent à celui de l'Europe autour de 1990, et " son rôle dans l'économie mondiale et son poids géopolitique seront certainement supérieurs ".
L'auteur ne voit que des facteurs favorables à la poursuite de la croissance chinoise. Le poids du secteur d'État, héritier de l'époque de la planification et porté à bout de bras par le gouvernement, " a beaucoup perdu de son importance ", dit-il. Entre 1993 et 2005, l'emploi dans le secteur d'État est passé de 19 % à 9 % de la population active.
TROIS FREINS A DESSERRER
Parallèlement, l'activité entrepreneuriale, qui " n'était pas sécurisée dans un environnement où la protection légale des activités privées était limitée ", voit son statut s'améliorer. Autre frein qui pourrait être levé, la faiblesse du système financier, fragilisé par les crédits non performants alors que l'épargne des ménages explose et ne trouve d'autre placement que les mailles du filet bancaire d'État. Or " il y a des améliorations majeures dans le système bancaire du point de vue de sa solvabilité et de son efficacité ", constate Maddison. Troisième frein levé, les recettes fiscales recommencent à augmenter. Elles ont chuté de 31 % du PIB en 1978 à 10 % en 1995. Mais l'impôt sur le revenu se redresse (17 % du PIB en 2005).
Une réserve toutefois : l'État doit profiter de ses meilleuresrecettes pour " étendre la protection sociale et renforcer les dispositifs de santé et d'éducation " aujourd'hui sources de graves inégalités, prévient Maddison.
Source La Tribune 28/03/2008
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