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02.04.2008
Pour ranimer l'économie, Tokyo veut s'accrocher à la locomotive chinoise
Le moral des patrons des grandes entreprises est au plus bas depuis 2003, accréditant un peu plus l'hypothèse d'une récession.
Les mauvaises nouvelles économiques tombent toujours mal. Mais pour le Japon, elles tombent très mal. L'archipel assure cette année la présidence du G8 dont le sommet aura lieu en juillet au bord du lac Toya (île de Hokkaido) et dont Tokyo veut se servir comme d'une vitrine. Et à plus court terme, il attend la visite du président chinois Hu Jintao en mai, avec lequel les relations sont empreintes d'un subtil mélange de méfiance et de coopération obligée. Or hier, le Tankan, l'enquête trimestrielle effectuée par la Banque du Japon auprès des milieux d'affaires et qui mesure la différence entre le pourcentage de sociétés qui estiment que la situation est favorable et les autres, a révélé un moral des patrons des grandes entreprises au plus bas depuis 2003. L'indice s'est établi à + 11 contre + 19 lors de l'enquête précédente, déjà en recul, accréditant un peu plus l'hypothèse d'une récession prochaine. Les dirigeants interrogés ont invoqué la crise du crédit, la hausse des cours des matières premières et l'appréciation du yen. Ils estiment que la conjoncture va se détériorer et les projets d'investissement des grandes entreprises sont au plus bas depuis six ans. Autre mauvaise nouvelle, les ventes de véhicules ont reculé de 3,3 % sur un an en mars.
DEPENDANCE COMMERCIALE
Le moment est loin d'être idéal pour recevoir le président de la République populaire de Chine, premier partenaire commercial du Japon. " C'est la première fois en près d'une décennie qu'un président chinois effectue une visite officielle au Japon et notre Premier ministre Fukuda compte bien en profiter pour renforcer ses liens avec Pékin ", explique à La Tribune Atsushi Nakajima, économiste en chef chez Mizuho Research Institute. Dans son livre bleu, qu'il vient de rendre public, le ministère des Affaires étrangères nippon se veut rassurant : en 2007 " le Japon a élargi les perspectives du développement de la relation de coopération stratégique entre le Japon et la Chine ". Depuis 1996, " la dépendance commerciale du Japon vis-à-vis de la Chine ne cesse d'augmenter " tandis que celle vis-à-vis des États-Unis " ne cesse de diminuer ", souligne Sophie Mametz, économiste chez Natixis, qui arrive à la conclusion que l'archipel dépend à présent autant de l'une que de l'autre. Grâce à la Chine donc, Tokyo pourra maintenir une croissance à 1,5 % en 2008 malgré la récession qui se profile aux États-Unis.
Mais sur le plan diplomatique, les relations sino-japonaises sont affectées par nombre de contentieux, qu'il s'agisse de la course aux ressources énergétiques qui oppose les deux voisins dans leurs eaux territoriales, ou de la dégradation de l'air chinois qui affecte celui que respirent les Japonais. Dans le dossier climatique justement, une priorité du G8, " Tokyo veut faire la preuve de sa capacité à résorber les divergences entre pays et essaie de faire revenir la Chine à la table des négociations ", analyse Atsushi Nakajima. C'est pourquoi le gouvernement nippon semble prêt à les dispenser d'objectifs chiffrés et contraignant de réduction des émissions de CO2 au niveau national.
Source La Tribune 2/03/2008
11:35 Publié dans Presse Internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Economie, Business, China, Japon, Ambassade de France







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