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18.04.2008
La Cuisine au Tibet : Une Cuisine au sommet
DANS LA MEDECINE CHINOISE CLASSIQUE, LE NUTRITIONNISTE ETAIT CELUI QUI ETAIT AU SOMMET DE LA HIERARCHIE .
En Chine, depuis des millénaires, diététique et gastronomie ne s'opposent pas mais se complètent harmonieusement. La diététique faisait donc partie intégrante des études médicales.
Lorsque l'on croit avoir tout essayé de la cuisine asiatique à Paris, après les chinois plus ou moins vietnamisés, les restaurants vietnamiens aux saveurs du Cambodge, les thaïlandais à la sauce laotienne, les coréens sous domination nipponne, les japonais complexés par l'ancienne nouvelle ou la nouvelle ancienne cuisine, il demeure encore une expérience à tenter.
Pourquoi ne pas découvrir la cuisine tibétaine ?
Il arrive, en effet aussi, que les tibétains mangent.
Cela étonnera certains qui imaginent de bonne foi que la grande sagesse spirituelle de ce peuple lui dispense d'avoir un estomac et des papilles gustatives.
Or, devant une bonne table aucun tibétain ne demeure indifférent aux recettes traditionnelles de son pays.
Si, pour des raisons économiques et souvent politiques l'ordinaire demeure, sur place, encore très sobre, se composant le plus souvent de farine d'orge grillée, la tsampa, que l'on roule en boulettes et que l'on accompagne de thé au beurre de yak salé, le djia tu, et, éventuellement, d'un peu de fromage sec, il en va tout autrement dès que l'occasion le permet.
Si les moyens sont là, ces occasions sont nombreuses car les tibétains sont friands de festivités et que celles-ci ne peuvent se conclure autrement que par un bon repas pris en communauté. Dans ce cas on oublie quelque peu la tsampa pour préférer des recettes beaucoup plus élaborées et beaucoup plus diversifiées.
De la viande d'abord !
Le tibétain est, tout d'abord, et contrairement aux idées reçues, un gros mangeur de viande. Ceci à tel point que la religion bouddhiste a du, dès son implantation, concilier de nombreuses dispenses et autoriser la consommation de viande à l'exclusion de celles de chien, de cheval et de lapin.
En fonction de l'altitude on apprécie donc le yak, le mouton, le bœuf ou le porc et la volaille...et, si possible, en bonne quantité.
Le plus souvent, en famille, la pièce de viande est disposée au milieu de la table et chacun se sert à son gré en découpant sa part grâce à un couteau effilé porté à la ceinture dans un étui comportant également des baguettes. Ces étuis de bois, de cuir, d'ivoire ou cloisonnés, souvent artistiquement décorés et comportant même parfois des pierres précieuses, se transmettent de génération en génération et font naturellement partie du costume traditionnel.
Cette pièce de viande, souvent grillée ou rôtie, constitue donc le centre du repas et s'accompagne de multiples à cotés. Ce sont ces amuse-gueule qui constituent la grande richesse de la cuisine tibétaine. Les plus connus et les plus appréciés d'entre-eux demeurent sans conteste les raviolis farcis aussi nommés, ou shemog.
Chacun prétend en posséder la recette originale mêlant habilement viandes, légumes et épices. A l'instar des raviolis de Pékin, ils se consomment cuits à la vapeur ou frits. Ils se trempent dans de la sauce de soja et s'accompagnent souvent d'une soupe claire, le kongpo tchuri, à base de tsampa. Suivant les régions on apprécie également des galettes frites farcies de viande de bœuf ou de yak, les sheshabaleb ou shabale ainsi que diverses boulettes arrosées de beurre fondu, les baktsa ainsi que les Lhassa khoura qui sont de petites galettes farcies et frites.
Du riz et des légumes ensuite !
Le tout s'accompagne volontiers de riz, ou plus traditionnellement encore de divers légumes lacto-fermentés et macérés.
Lors des repas de fête, il n'est pas rare de servir la fameuse fondue tibétaine, le gya kok, cousine de la non moins fameuse fondue mongole ou Tap Pin Lo. La version tibétaine propose plusieurs viandes détaillées en fines tranches, du Dafou, la version tibétaine du Tofou ou caillé de soja, des champignons et divers légumes le tout préparé dans un bouillon épicé avec l'équivalent du masala. Ce dernier peut comporter jusqu'à vingt ou trente épices dont des variétés locales qui donnent la particularité au mélange. Les récipients à fondue, comportant un tunnel dans lequel on dispose le charbon de bois incandescent sont souvent de véritables merveilles d'orfèvrerie alliant le cuivre, le laiton, l'étain et l'argent. Elles sont décorées des figures symboliques tibétaines et chacun y plonge son épuisette ou, plus prosaïquement encore, part à la pêche avec ses baguettes. Le bouillon, fort épicé, est servi en fin de repas et permet d'affronter les températures les plus extrêmes.
Précisons que si la cuisine tibétaine est très épicée, elle demeure surtout plus aromatique que pimentée.
Des desserts et des boissons, enfin !
Le repas s'accompagne de petits plats sucrés que les occidentaux apprécieront en desserts. L'un des plus connus demeure la version locale du riz au lait, accompagnée de yaourt ou de fromage frais de vache ou de yak.
On boit simplement un potage léger pendant tout le repas ou le fameux thé au beurre de yak salé. Les occidentaux préféreront s'en tenir au thé nature ou à la bière bien qu'un simple vin rouge, de type bourgueuil, puisse fort bien accompagner le repas. Au Tibet il est possible de préférer le chang, un alcool à base d'orge...mais les conditions climatiques ne sont pas tout à fait les mêmes qu'ici et le yak qui tire la carriole connaît bien le chemin de la maison.
En tous cas il convient de souhaiter " Souzi nyabo nyango "...bon appétit !
Nous tenons à votre disposition les meilleurs adresses , faites le nous savoir !
10:35 Publié dans Clin d'Oeil ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Tibet, Cuisine





