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27.04.2008

Des dossiers chauds entre Pékin et l'Union Européenne

Pékin accueille la Commission européenne pour la première édition de leurs rencontres bilatérales trimestrielles. Jamais une délégation de l'Union de cette taille ne s'est déplacée en Chine. Au menu : les questions qui polluent les relations entre les deux partenaires économiques avec en toile de fond le dialogue difficile sur les droits de l'homme.

LES ECHANGES COMMERCIAUX ENTRE LA CHINE ET L'UE
8d750722b76272c80566a1e15423a81c.jpgL'Union européenne débarque en force en Chine. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, se rend deux jours à Pékin avec pas moins de neuf commissaires pour des rencontres avec le président chinois, Hu Jintao, et le chef du gouvernement, Wen Jiabao. Cette réunion, proposée par la partie chinoise, lancera le mécanisme économique et commercial décidé à la fin de novembre dernier entre les deux protagonistes, à l'image des rencontres stratégiques semestrielles entre Pékin et Washington.

e9637980141d96d2ed37780b6e2160b9.gifPremier partenaire commercial de Pékin avec 303 milliards d'euros d'échanges, Bruxelles se trouve dans une position très ambiguë. Alors que le yuan s'est apprécié vis-à-vis du dollar de 14,3 % depuis la réévaluation de juillet 2005, il recule de nouveau par rapport à l'euro depuis le début de 2008, ce qui porte à plus de 10 % sa dépréciation depuis juillet 2005. De quoi rendre toujours plus difficiles les exportations vers l'empire du Milieu et favoriser des importations en croissance exponentielle. Le déficit commercial européen a ainsi atteint 159 milliards d'euros en 2007.

MUTISME SUR LA QUESTION DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE !!
Bien que moins dépendante de Pékin que Washington sur le plan commercial et surtout financier, ce qui pourrait l'autoriser à plus de fermeté, l'Europe s'avère très réservée sur l'utilisation des mécanismes d'actions disponibles au sein de l'Organisation mondiale du commerce. Elle est restée muette sur la question de la propriété intellectuelle, alors qu'elle affirme que les violations en la matière la privent de 20 % de revenus supplémentaires et que 80 % des biens contrefaits saisis par ses douanes sont issus de Chine. Si elle a notamment lancé des enquêtes contre la Chine pour dumping dans les secteurs de l'acier et des bougies, elle prouve également une grande retenue vis-à-vis des barrières d'accès au marché chinois, qui coûtent selon elle chaque année 21 milliards d'euros de contrats à ses entreprises.

L'UE se trouve pourtant aujourd'hui dans une situation compliquée. Ni la rencontre de novembre dernier ni les attaques auprès de l'OMC n'ont changé quoi que ce soit à sa situation : le yuan a recommencé de s'affaiblir face à l'euro et accentué son appréciation face au dollar, les efforts en matière de propriété intellectuelle se sont limités à des annonces et à de nouvelles législations, tandis que certains marchés restent fermés.

Les tensions entre les deux entités devraient d'autant moins décroître que l'Union européenne a décidé d'attaquer la Chine sur son talon d'Achille : son image et son statut internationaux. " Les questions sur les droits de l'homme et sur la liberté d'expression seront également abordées ", assure le communiqué de Bruxelles. " La Commission a toujours eu un dialogue très ouvert avec la Chine sur cette question. Les récents événements au Tibet sont une raison supplémentaire d'en parler. "

En outre, malgré le recul de Nicolas Sarkozy, l'idée de boycotter la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques reste encore ouverte. Sachant que cette action pourrait fortement blesser leurs hôtes du jour, le commissaire au commerce, Peter Mandelson, a rappelé que " nous ne devons pas oublier que nous devons travailler avec la Chine et vivre à ses côtés ". L'échec économique ou la fermeture du pays sur lui-même serait " catastrophique " pour elle comme pour l'Occident.

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