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05.05.2008
Agriculture: la Chine s'implante partout dans le monde pour alimenter son économie
Maïs, manioc, canne à sucre, eucalyptus, palmier à huile, arbre à caoutchouc... autant de cultures indispensables à la Chine pour alimenter son économie galopante. Face à ses besoins toujours plus grands, le gouvernement chinois a déjà acquis de vastes étendues de terres cultivables à l'étranger, installant des concessions à l'échelle industrielle qui, si elles peuvent aider à l'économie des pays concernés, font également craindre pour l'environnement.
De l'Asie du Sud-est à l'Afrique, la Chine s'implante partout et à un rythme soutenu, signant des séries de contrats avec les autorités locales, parfois au mépris des lois et des intérêts des populations. Ainsi au Laos, où les rizières du nord du pays ont laissé la place à de vastes plantations d'hévéas -arbres à caoutchouc-, exploités par la Chine, qui devrait consommer un tiers du caoutchouc mondial d'ici 2020.
Les familles pauvres de la région voient l'arrivée des Chinois comme une opportunité de développement économique et un espoir d'amélioration de leurs conditions de vie. Mais certains agriculteurs laotiens perdent leurs terres ancestrales, ou sont contraints de devenir métayers sur leurs champs d'autrefois...
Les sociétés chinoises sont accusées d'obtenir ces concessions par des arrangements avec les autorités sans dédommagement pour les fermiers, d'enfreindre les lois, de violer les droits de l'Homme et de nuire à l'environnement, en raison de leur implantation jugée "anarchique".
Au Laos, des collines entières de forêt ont ainsi disparu pour laisser la place aux plantations d'hévéas, qui pénètrent jusque dans les réserves naturelles. Les forêts dites "secondaires", d'où sont issues herbes médicinales et plantes comestibles utilisées par des tribus depuis des générations, sont également rasées.
Pour encadrer ce développement, l'Administration forestière chinoise a publié l'année dernière une série de règlements censés régenter l'exploitation des concessions à l'étranger. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) réfléchit également aux moyens d'accompagner l'expansion chinoise dans le reste du monde.
Car les exemples sont nombreux. En République démocratique du Congo (RDC), un géant chinois des télécommunications, ZTE International, a acheté plus de 2,8 millions d'hectares de forêt pour y planter des palmiers à huile. Au Zimbabwe, la société publique China International Water and Electric aurait acquis du gouvernement les droits pour exploiter plus de 100.000 hectares de maïs dans le sud du pays.
En Birmanie, alliée de Pékin, les concessions d'hévéas ont été attribuées à au moins deux sociétés chinoises, Ho Nan Ching et Yunnan Hongyu. Les réfugiés fuyant la junte militaire affirment que l'armée exproprie de force les agriculteurs pour cultiver le latex.
Au Cambodge, une société sino-cambodgienne, Pheapimex-Wuzhistan, a converti les terres de la tribu Phong en une plantation 20 fois plus grande que ce qu'autorise la loi, affirme l'organisation de défense de l'environnement Global Witness. Selon elle, cette concession dans la province de Mondulkiri empiète sur des pâturages, a conduit à la destruction de sites sacrés, et utilise des herbicides toxiques. Une autre société chinoise, dans la province de Kratie, a contourné la loi sur la taille des exploitations en s'enregistrant sous le nom de trois compagnies distinctes, assure Global Witness.
A Pékin, le ministère du Commerce refuse de répondre aux questions sur l'implantation agricole chinoise à l'étranger, ou sur les pratiques des sociétés. Il se contente d'assurer qu'au Laos, les sociétés chinoises "ont très fortement à l'esprit la protection de l'environnement", et préfère souligner que les revenus liés à l'installation d'entreprises chinoises y ont été multipliés par cinq.
20:35 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Economie, Agriculture
Un témoignage fort et sage !
Je viens de recevoir un témoignage d'une de nos correspondantes du Canada, ... Dihua.
Ces propos sont forts et je vous invite à en prendre connaissance, c'est une leçon d'observation, de compréhension et de sagesse. En fait l'harmonie !
"Bonjour:
Je suis une Québécoise d'origine chinoise qui étudie actuellement en quatrième secondaire à l'école internationale de Montréal. J'ai décidé, pour mon oral de français sommatif, d'aborder le sujet de Tibet et de la Chine. J'ai lu plusieurs livres sur l'histoire du Tibet, notamment un volume s'intitulant: une histoire du Tibet. Conversations avec le Dalaï Lama. Bref, tout ça pour dire que je m'intéresse sérieusement sur le sujet et tente de le traiter d'un point de vue objectif, ce qui est, je dois avouer, très difficile au départ. J'aimerais bien avoir vos opinions sur mes affirmations.
Je suis arrivée à une conclusion suivante: tous les évènements qui suivent les émeutes au Tibet, j'entends par là toutes les séries de propagandes, de sabotages à Paris et à Londres ainsi que les vagues d'antioccidental en Chine, sont en fait une guerre médiatique dont le but m'échappe un peu. Car, aucune mesure concrète politique n'a pas été prise à la suite de la répression des émeutes de 3.14 à Lhassa, si vous me permettez l'expression. Les gouvernements n'ont fait que de discuter de l'éventuelle possibilité de boycottage, mais aucun gouvernement, que ce soit celui de la Chine ou celui d'un pays occidental, n'a posé de geste concret. Ce qui m'amène à se poser une question: est-ce que cette guerre médiatique cache des objectifs visant à ralentir le développement de la Chine? Sinon pourquoi une attention si particulière sur ce sujet, cinq mois avant les Olympiques? D'ailleurs, cette attention est considérée comme biaisée pour la plus part des chinois. Est-ce le résultat d'un sentiment anti-communiste ou anti-chinois qu'on peut se référer au passé, à l'époque coloniale? Bien que je refuse de considérer cette possibilité, je souhaite comprendre plus en profondeur les pensées des occidentaux.
En outre, pour éviter de s'acharner sur la question si oui ou non Tibet appartient à la Chine, je me contente de commenter les faits récents. Vous avez sûrement entendu ou lu que le peuple chinois a été très blessé par les propagandes occidentales et les sabotages de la flamme olympique. Je pense que blessé est un mot faible. Plusieurs sont aveuglés par la fureur et se raidissent automatiquement. Ils considèrent que promouvoir l'indépendance du Tibet ou avoir de la sympathie pour le Dalaï Lama est un geste qui trahit la Chine. Or, ils refusent de faire une recherche plus approfondie pour dresser un portrait juste de la situation et d'avoir une vision globale objective. Chacun ne cherche qu'à se rassurer de leur conviction profonde: celle de l'amour profond d'un pays qui est la Chine. Il est futile de se rappeler qu'avec20 ans de guerre, l'armée de la Libération a enfin libéré le peuple chinois opprimé. Je ne cherche nullement à plaider pour la Chine, je veux seulement mettre au clair un point: aucun pays ne peut compter sur l'étranger pour le défendre. Le Tibet, à cause de sa foi mêlée d'ignorance n'a pas pensé à se moderniser et à s'équiper d'une armée. Une annexion avec la Chine m'apparaît comme inévitable. Qu'en pensez-vous? Dans ce sens le fait que la Chine fait de la propagande ou dissimule les faits n’importent peu sa population qui tout d'un coup est pris entre des mensonges et la vérité. Une très majeure partie ignore comment les distinguer.
Je ne veux pas les blâmer. L'histoire moderne de la Chine est parsemée de sang et de misères. Plusieurs ont appris à se méfier des puissances occidentales. Qui sait de nos jours si elles ont changé leurs positions ou non? Ma question est: est-ce que le climat de l'agressivité est favorable aux dialogues, ce que les journaux font ressortir quotidiennement? La Chine et le Tibet sont-ils prêts pour la démocratie? Peut-on comprendre la Chine avec des concepts occidentaux? Or, les stratégies médiatiques du monde occidental ne peuvent être acceptées doucement par des Chinois qui n'ont en tête que la version d'histoire du gouvernement chinois officiel. L'histoire est certes libre à toute interprétations, mais doit-on tenir compte de cette différence de perception intrinsèque qui sépare les Chinois du reste du monde occidental? Quelle est la vérité, voilà la question que tous se posent. Mais si le peuple chinois n'est pas rassuré que le monde occidental ne désire pas nuire à son pays, il n'arrivera et acceptera jamais, à mon avis, de reconsidérer avec justesse ses convictions profondément ancrées.
Merci
Dihua W"
11:35 Publié dans Articles Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Canada







