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08.05.2008
La Chine est devenue le premier partenaire commercial du Japon, devant les États-Unis.
Ce fut une vraie foire d'empoigne : toutes les sociétés japonaises se sont battues pour se faire inclure sur le programme des visites de Hu Jintao. Jusqu'en 2012 et l'exposition universelle de Shanghai, la Chine est l'espoir du Japon " , affirme Takao Toshikawa, analyste politique. Le Premier ministre chinois ne daignera finalement visiter que deux entreprises au cours de son long voyage dans l'archipel : le géant de l'électronique Matsushita , à Osaka, grand délocalisateur vers la Chine et devenu l'un des principaux sponsors des jeux Olympiques chinois. Et le sidérurgiste JFE , préféré pour une raison encore mystérieuse aux autres géants nippons du secteur, qui doivent tous une partie de leur fortune à l'inextinguible appétit chinois pour l'acier.
OUBLIER LA MENACE CHINOISE
Ces empoignades protocolaires en disent long sur l'importance qu'a prise la Chine dans le commerce extérieur japonais depuis dix ans, date de la dernière visite d'un leader chinois. Les échanges commerciaux ont été multipliés par trois, enregistrant une progression exponentielle à partir de 2002.
La Chine est devenue le premier partenaire commercial du Japon, devant les États-Unis, et si les relations politiques se sont tendues en dix ans, les relations économiques n'ont jamais été aussi florissantes, rendant pertinente la remarque désabusée que se font souvent les diplomates nippons : " en Europe, l'union se fait d'abord par le politique, puis par l'économique ; en Asie, c'est l'inverse ". Ainsi, le patronat japonais ne prend-il plus la Chine pour une menace, mais pour une opportunité. Une récente étude de CLSA sur la place du Japon en Asie rappelle que le plan quinquennal chinois 2006-2010, à lui seul, prévoit l'extension du réseau routier du pays de 1,2 million de km, celle de son réseau ferroviaire de 15.000 km, le triplement de son réseau métropolitain, 200 quais supplémentaires pour ses ports... Les industriels nippons pensent que des automobiles japonaises (Toyota ?) rouleront sur ces routes, des avions en fibre de carbone (Toray ?) voleront d'un aéroport à l'autre, des cargos nippons (KHI ?) transporteront les marchandises...
Même l'appétit énergétique de la Chine, qui fait du Japon un adversaire dans l'accès aux ressources, ne sera pas négatif pour tous : le charbon sera " nettoyé " grâce à des brevets japonais, les centrales nucléaires auront forcément des composants Japan Steel Works, etc. " Dire que la Chine est une menace pour le Japon, c'est comme dire que l'Allemagne est une menace économique pour la France. Ça n'a pas de sens ", dit un analyste. D'autant que la Chine, avec un PIB par habitant encore 17 fois inférieur au PIB nippon, a encore l'appétit des jeunes. Ainsi, remarque CLSA, la classe moyenne en train de se former en Chine approche un niveau de PIB par habitant, à 3.000 dollars environ, à partir duquel on passe de la mobylette à la voiture. Toyota dégage déjà 10 % de son bénéfice d'exploitation en Asie. Il y a encore du travail : aujourd'hui, 1,2 % des Chinois possèdent leur automobile (55 % des Japonais). Du reste, les Japonais peuvent mesurer, à domicile, leur intégration à la Chine avec l'explosion du nombre de touristes chinois dans l'archipel : 1 million de visiteurs en 2006, trois fois plus qu'en 2003.
Source LT
23:50 Publié dans Presse Internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Japon, relations économiques
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