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16.05.2008

Séisme en Chine: les entreprises françaises rivalisent dans l'aide aux victimes

Le séisme dans le Sichuan a provoqué un grand élan de soutien de la part des grandes entreprises françaises installées en Chine. Parmi elles, Carrefour et Auchan ont très vite offert une aide matérielle et financière. Une occasion également de redorer leur image...

« Nous avons réagi dès lundi après-midi, peu après le séisme, sans connaître l'ampleur de cette catastrophe naturelle », explique Patrick Ganaye, vice-président de Carrefour-Chine. L'entreprise fut l'une des premières à proposer une aide aux sinistrés du tremblement de terre de lundi qui compte, à ce jour, plus de 50 000 disparus dans le centre de la Chine.

Le groupe de distribution fut la cible récemment du mécontentement populaire chinois, à la suite du passage mouvementé de la flamme olympique à Paris, « sans doute parce que nous sommes omniprésents partout », comme l'expliquait il y a peu Jean-Luc Chereau, président de Carrefour-Chine. Le groupe détient quelque 114 magasins dans la plupart des grandes villes et provinces chinoises. Et même si le boycott chinois des magasins de Carrefour, mis en exergue à la fin du mois d'avril, semblait s'atténuer quelques jours avant la catastrophe naturelle, la société était encore considérée en situation délicate en Chine.

« Les Chinois reçoivent avec beaucoup d'attention le soutien de Carrefour. Avec l'histoire récente du boycott, nous sommes d'ailleurs plus attentifs au geste de cette enseigne symbolique, qui a agi très rapidement, qu'aux autres entreprises françaises », souligne la responsable de rubrique économique d'un grand quotidien national chinois. Mais, sur internet, certains bloggeurs chinois remettent en cause le soutien de la société, jugé trop lent en comparaison avec d'autres entreprises chinoises, et dont le montant global du don est considéré comme insuffisant, « vis-à-vis de ce que gagne l'entreprise en Chine ». Ainsi, pour eux, « la crise de Carrefour n'est pas terminée, l'enseigne a manqué une occasion pour rehausser son image ».

Dès le lendemain de la catastrophe, mardi, Carrefour avait déjà dépêché vers les zones dévastées dix camions de couvertures, tentes et eau. Un nouveau convoi est programmé dans les prochains jours. Après une première annonce de 200 000 euros par la Fondation internationale de Carrefour, Carrefour Chine a ajouté une aide de 100 000 euros. « L'histoire du boycott semble continuer », a pointé Patrick Ganaye, en référence à l'aide de son concurrent, le groupe Auchan. Ce dernier, qui avait annoncé au départ une aide de 500 000 euros, l'a finalement portée à un million d'euros.

Une surenchère semble ainsi se développer entre les sociétés françaises pour gagner l'estime de la population chinoise. Schneider Electric, qui fut l'objet d'une dispute sur un brevet en Chine, sur fond de nationalisme chinois, vient de verser l'équivalent de 300 000 euros.

Mais les dons sont aussi et peut-être surtout « un élan spontané, les entreprises souhaitent ainsi témoigner de leur responsabilité sociale aux côtés des autorités publiques », a souligné Annick de Kermadec-Bentzmann, présidente de la Chambre de commerce française en Chine. L'organisme, qui a créé un fonds de solidarité pour aider en priorité à la reconstruction des écoles détruites par le séisme, a récolté à ce jour l'équivalent d'un million d'euros en provenance des grandes entreprises comme Areva (200 000 euros), Loréal (100 000 euros), PSA (100 000 euros), et de 27 000 euros de dons des petites et moyennes entreprises françaises implantées en Chine. Suez a de son côté versé directement 160 000 euros à la municipalité de Chongqing. Le cimentier Lafarge a enfin fait un don de 1,5 million d'euros, notamment au bénéfice de deux villes touchées par le seisme et abritant une de ses cimenteries.

Sichuan : un évènement sans précédent

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Wenchuan County, epicentre du tremblement de terre d'une ampliture 7.8-magnitude le 14 Mai, 2008. Yingxiu, est dans la province du Wenchuan county.

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La ville est totalement détruite.

624df47c1be42fb994ad27f185327809.jpg Le président chinois Hu Jintao a demandé vendredi que les sauveteurs redoublent d'efforts pour secourir les victimes du séisme, affirmant que l'on était entré dans "la phase la plus cruciale", ont rapporté les médias chinois.

Le président chinois Hu Jintao a quitté Pékin vendredi matin pour se rendre au Sichuan, dans le sud-ouest du pays, sinistré par le séisme de lundi, a annoncé l'agence Chine Nouvelle.


A son arrivée à l'aéroport de Mianyang, le président Hu s'est entretenu avec son Premier ministre, Wen Jiabao qui supervise les opérations de secours depuis lundi dans le Sichuan. Plus de 8 000 personnes ont péri dans la seule ville de Mianyang.

50 000 morts dans le Sichuan"
b5a3f4669b0ffbc8ebf5b6a11fa75b12.jpgLes opérations de secours sont entrées dans la phase la plus cruciale", a dit le chef de l'Etat, arrivé dans la matinée à Mianyang, l'une des villes les plus touchées par le séisme de magnitude 7,9 qui a fait, selon les estimations officielles, plus de 50 000 morts dans la province du Sichuan.


Ce chiffre semble inclure une bonne partie des dizaines de milliers de personnes ensevelies sous les décombres, dont les chances de survie se sont amenuisées au fil des jours. Selon les experts, les chances de survie au-delà de trois jours diminuent d'heure en heure. Quelque 130 000 soldats participent aux recherches, avec des chiens, selon les médias officiels.

"Nous devons faire tous les efforts, lutter contre la montre et surmonter toutes les difficultés pour assurer la victoire finale des opérations de secours", a-t-il déclaré, cité par l'agence Chine Nouvelle.

7fae99c5e97ae9bd99eb8fbc85056a84.jpgHu, qui s'est ensuite rendu dans la ville de Beichuan, autre zone durement touchée, a déclaré que même si sauver des vies restait la priorité, il fallait également s'occuper des blessés et rétablir les infrastructures. "Le défi est encore important, la tâche est encore ardue et le temps presse", a-t-il dit.




Plus tôt vendredi, l'agence Chine Nouvelle avait cité le Premier ministre affirmant que ce séisme était le plus dévastateur dans l'histoire de la République populaire de Chine, créée en 1949. d9e63dd34be19c2d0fff00e73c4015e5.jpg"Nous sommes encore dans la période critique où l'on peut sauver des vies et nous n'abandonnerons pas tant qu'il y aura l'espoir le plus infime de retrouver des survivants", a déclaré Wen.

Le séisme chinois aurait causé plus de 50.000 morts

Alors qu'un bilan, toujours provisoire, estime le nombre de victimes du séisme de lundi dernier à au moins 50.000 morts, les recherches se poursuivent pour dégager les survivants des décombres. Pékin a accepté l'aide internationale, plusieurs pays asiatiques, mais aussi la Russie et les Etats-Unis, ayant offert leurs services.
Le président chinois Hu Jintao était attendu ce vendredi dans le Sichuan pour rencontrer des victimes du tremblement de terre de lundi dernier, qui pourrait avoir fait plus de 50.000 morts, rapporte l'agence Chine nouvelle. Il s'agit du premier déplacement du chef de l'Etat dans les régions frappées par le séisme.

Non loin de l'épicentre, le Premier ministre Wen Jiabao a de son côté exhorté les sauveteurs à poursuivre leurs efforts tant que subsiste un espoir, mais les chances de survie s'amenuisent pour les quelque 25.000 personnes bloquées sous les décombres. L'armée a été mise à contribution pour la recherche des survivants.

Par ailleurs, les officiels ont mis en garde contre les risques d'épidémies si les innombrables corps, disséminés dans les zones sinistrées, ne sont pas rapidement enterrés ou incinérés. Le ministère de la Santé a ainsi ordonné que les corps soient enterrés au plus vite, loin des nappes aquifères et des zones peuplées.

Autre source d'inquiétude, des centaines de barrages endommagés font craindre des ruptures qui risqueraient d'inonder des villes. Pékin a d'ailleurs demandé aux Etats-Unis des images par satellite pour faciliter la localisation des victimes et des dégâts aux infrastructures.

Pékin a aussi accepté une aide étrangère et un premier groupe d'une soixantaine de Japonais est arrivé vendredi au Sichuan. La Chine a également autorisé l'envoi d'équipes de Russie, de Corée du Sud et de Singapour, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

A Wenchuan, épicentre du séisme, les forces aériennes chinoises ont réussi pour la première fois jeudi à larguer du matériel, rapporte Chine nouvelle en citant des sources militaires. Ces parachutages avaient été jusque là entravés par des pluies diluviennes et d'épais brouillards

Plusieurs ouvrages hydrauliques touchés par le séisme du Sichuan

0e132ac055ee263e79579557b9096dd1.jpgLe séisme du Sichuan fait peser des menaces sur la sécurité des nombreuses installations hydrauliques de la province, comme celui de Zipingpu, confortant les craintes des opposants aux projets de barrages qui se multiplient en Chine.

Les autorités chinoises ont détecté des anomalies dans quelque 410 réservoirs d'eau de cinq provinces et de la municipalité autonome de Chongqing, consécutifs au séisme, a annoncé jeudi la télévision officielle.
Le ministre des Ressources hydrauliques a lui évoqué mercredi de "sérieux problèmes de sécurité" dans les installations hydrauliques au Sichuan.
"La Chine rencontre de sérieux problèmes de sécurité et de prévention des inondations dans les réservoirs, les centrales hydrauliques, les barrages et autres installations", a dit Chen Lei. Ces problèmes sont "surtout au Sichuan où les réservoirs sont nombreux, les dommages dus au séisme également, et le degré de danger pas clair", ajoute le ministre.
Plus dans le centre du pays, le pharaonique barrage des Trois-Gorges n'a heureusement pas souffert du tremblement, selon ses gestionnaires.

Le chinois Hainan convoite le ciel européen

b947b5ceeb72231eec6cb7fc44cd2220.jpgC'est le monde à l'envers dans l'aérien. Alors que toutes les compagnies européennes cherchent à profiter de la forte croissance du marché chinois, un transporteur de l'ex-empire du Milieu nourrit de grandes ambitions sur le Vieux Continent. Depuis plusieurs mois, Hainan Airlines, la quatrième compagnie chinoise avec 148 avions, étudie, selon nos informations, le moyen de s'implanter fortement en Europe.

Cotée à la Bourse de Shanghai, cette filiale du groupe chinois Han qui détient aussi trois autres compagnies et est présent dans le tourisme et la gestion d'aéroport, cherche un ancrage en Europe. Pour ce faire, elle voudrait s'implanter sur un ou deux aéroports européens pour mettre en place un système de correspondances (hub) reliant ses vols en provenance de Chine à plusieurs destinations européennes, comme Madrid, Rome, Berlin, Paris, Moscou, Bruxelles.

L'idée du projet repose sur la forte croissance prévue du nombre de touristes chinois se rendant à l'étranger, notamment en Europe. Or, explique un connaisseur du dossier, " dans la mesure où cette clientèle demande avant tout des produits et des services chinois, Hainan cherche un moyen de l'encadrer au maximum en les transportant jusqu'en Europe, puis à l'intérieur de l'Europe, avec in fine, la prise en charge hôtelière ". Pour y parvenir, la compagnie chinoise était, selon nos sources, en contact en février-mars avec le géant allemand du tourisme TUI pour créer une compagnie aérienne basée à Charleroi, près de Bruxelles. Sur ce modeste aéroport, Hainan s'est d'ailleurs positionné pour racheter les parts (27 %) que met en vente la région wallonne.

VIF INTERET POUR AIR BERLIN
Les discussions avec TUI, pourtant intéressé pour pouvoir en contrepartie pousser ses pions en Chine, ont toutefois échoué. Ce qui ne décourage pas Hainan qui a maintenu son projet de se développer en Europe. Avec désormais un intérêt très fort pour Air Berlin, la deuxième compagnie allemande. Si l'hypothèse d'une entrée des Chinois au capital d'Air Berlin n'est pas exclue à terme - elle l'est d'autant moins qu'Air Berlin n'est pas au mieux financièrement -, le rapprochement entre les deux compagnies passe pour l'heure par un accord commercial. Il permettra à Hainan Airlines, au moment où elle ouvrira la ligne Pékin-Berlin le 5 septembre prochain, d'offrir à ses passagers des correspondances sur des avions d'Air Berlin entre la capitale allemande et des villes d'outre-Rhin et européennes. Et réciproquement pour Air Berlin à Pékin. Un premier pas vers un rapprochement plus poussé ?

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