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30.05.2008

Le Népal chasse l'une des dernières monarchies d'Himalaya

L'assemblée constituante népalaise a voté mercredi soir la fin de la monarchie et donné au Roi Gyanendra quinze jours pour quitter son vaste palais aux murs roses, qui doit devenir un musée.
Le drapeau national a été hissé ce jeudi sur le palais royal de Katmandou, où il a remplacé la bannière royale au lendemain de l'abolition de la monarchie et de la proclamation de la République au Népal.

Plus de 25 personnes ont été blessées lorsque la police a repoussé des assaillants, qui tentaient d'envahir le palais en scandant des slogans hostiles au roi.

"Gyanendra, voleur, quitte le palais !", clamaient-ils.

L'assemblée constituante népalaise a voté mercredi soir la fin de la monarchie et donné au Roi Gyanendra quinze jours pour quitter son vaste palais aux murs roses, qui doit devenir un musée.

Ce vote était l'une des dispositions principales de l'accord de paix de 2006 entre les anciens rebelles maoïstes et le gouvernement.

"Vive la République", titrait - en français - le Kathmandu Post. "Un espoir est né", renchérissait l'Himalayan Times.

Le nouveau gouvernement népalais a fait savoir que le drapeau national serait désormais hissé à la place des armes royales.

Après les scènes de liesse populaire de mercredi soir, les partis politiques et les maoïstes ont annoncé d'autres célébrations pour jeudi.

LE BHOUTAN, DERNIER ROYAUME
L'abolition de la monarchie népalaise marque une nouvelle étape dans la disparition progressive des royautés himalayennes, victimes de la pression de l'Inde au Sud et de la Chine au Nord, ainsi que de l'ouverture au monde extérieur.

La dynastie des Chogyals, souverains bouddhistes du Sikkim, s'est effacée après l'annexion en 1975 de leur territoire par l'Inde, venue soutenir un mouvement pro-démocratique d'origine népalaise, à majorité hindoue.

Le "Prêtre-Roi" du Tibet, le dalaï-lama, a quant à lui dû fuir son pays, envahi par la Chine en 1950. La monarchie afghane a été renversée par un coup d'Etat en 1973.

Seul reste désormais le Bhoutan, où la famille royale joue encore un rôle prépondérant dans la vie politique. Toutefois, les dirigeants ont choisi de céder une partie de leurs pouvoirs en organisant cette année les premières élections législatives du pays.

Cette manoeuvre permet au souverain du Bhoutan de se mettre quelque peu à l'abri de changements qu'il sait inévitables.

"Tous les Etats himalayens se trouvent à un endroit stratégique, entre de grandes puissances", déclare Yubaraj Ghimere, politologue à Katmandou. "En plus, l'éducation et la conscience politique ont progressé dans la région depuis les années 1940."

Ces facteurs ont déstabilisé les monarchies himalayennes, ajoute Ghimere. Contraintes de s'ouvrir au monde extérieur, peu sont parvenues à préserver leurs traditions.

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