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07.07.2008
L'Asie est très exposée à la flambée du pétrole
C'est seulement quand l'énergie est bon marché que les distances ne comptent pas.
La flambée des prix du brut peut-elle mettre l'Asie à genoux ? Non, répond la Banque asiatique de développement (BAD). Mais elle reconnaît que « compte tenu de leur dépendance vis-à-vis de l'extérieur pour leurs approvisionnements en hydrocarbures, les pays émergents de la région, qui ont un faible rendement énergétique, sont hautement vulnérables ». Et son président, Haruhiko Kuroda, de prévenir que cette situation risque d'avoir, cette année et l'an prochain, un « impact négatif sur la consommation intérieure et sur la croissance ».
Au Japon, déjà, 3 000 foyers testent des batteries à combustible pour produire leur électricité, leur chaleur et leur eau et lutter contre la raréfaction et le prix du pétrole. Un marché estimé par le gouvernement à 550 000 unités par an d'ici à quatre ou cinq ans. Partout en Asie, en Thaïlande comme en Corée du Sud, les manifestations contre la vie chère se multiplient, certaines violentes. Les gouvernements ne peuvent plus les ignorer. L'inflation est désormais la « première priorité des décideurs politiques de la région », confirme la BAD, qui estime cependant qu'il faut se montrer « raisonnablement confiant » et que « la croissance reste solide ».
En réalité, le pétrole à 145 dollars le baril peut provoquer d'autres dégâts. Tous les pays émergents de la zone ont bâti leur puissance sur leur capacité à fabriquer à bas prix des produits dont les composants ou les matières premières viennent de l'étranger et qu'ils réexportent soit vers des assembleurs finaux, soit directement vers les consommateurs. C'est ce que fait la Chine avec le monde entier. C'est aussi ce que font le Vietnam et la Thaïlande.
Compétitivité en danger
Leur faible coût de main-d'œuvre leur a permis d'attirer les entreprises du monde entier. En oubliant un point. C'est seulement quand l'énergie est bon marché que les distances ne comptent pas. Demain, ils risquent de se retrouver dans la position du pompier pyromane.
Deux économistes de CIBC World Markets, cités dans l'International Herald Tribune, ont calculé qu'un conteneur de 40 pieds voyageant entre Shanghaï et la côte Est des États-Unis coûterait 10 000 dollars avec un baril à 150 dollars, soit le double du prix qu'il fallait payer en 2005.
De quoi faire réfléchir les Occidentaux sur l'avenir des délocalisations si le pétrole ne baisse pas. Les aciéries chinoises, qui importent leur minerai de fer du Brésil et d'Australie, sont de moins en moins compétitives alors que les fabricants d'acier américains le sont de plus en plus, tout simplement parce qu'ils sont proches des matières premières dont ils ont besoin.
17:55 Publié dans Toute l' Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chibe, Asie, petrole, combustible, brut






