« Chine: la croissance reste solide, l'inflation aussi | Page d'accueil | Air France va chercher la croissance du fret en Chine »
17.07.2008
Les chinois lorgnent les groupes miniers australiens
Sinosteel vient d'acquérir près de 50 % de Midwest et Chinalco détient 9 % de Rio Tinto . La flambée des prix du minerai de fer pousse les aciéristes chinois à des acquisitions.
L'Australie est devenue la cible des aciéristes chinois. Relativement calmes en termes de prise de participation à l'étranger, les groupes chinois ont pourtant multiplié ce type d'opérations cette année chez leurs partenaires commerciaux privilégiés par leur gouvernement. Ainsi, Chinalco a pris une participation de 9 % chez Rio Tinto tandis que Sinosteel vient d'acquérir au cours de ces six derniers mois 40 % du capital de Midwest, pour porter sa participation à 49,66 %.
Les ambitions australiennes de Sinosteel semblent assez caractéristiques de celles de ses concurrents. "Qu'importe si les possibilités qui s'offriront à nous se situent dans la région du mid-west ou dans la région traditionnelle du Pilbara (nord-ouest du pays). Où il y a du minerai de fer, nous voulons être impliqués", a assuré fin mai William Ren, directeur adjoint de Sinosteel Australia. Le géant Baosteel n'est pas en reste : après avoir été pressenti pour une prise de participation dans le géant minier Rio Tinto pour contrer l'OPA de BHP Billiton, il a annoncé fin mai sa volonté d'investir dans l'un de ses principaux fournisseurs, le troisième producteur australien de minerai de fer, Fortescue Metals Group.
DEMANDE EN FORTE HAUSSE
Même si le gouvernement central a obligé les aciéristes chinois à réduire le rythme de progression de leur production afin de ralentir la croissance nationale, leurs besoins demeurent très importants. La production nationale d'acier a dépassé l'an dernier 550 millions de tonnes. Afin de satisfaire cette demande - il faut 85 tonnes de fer pour produire 50 millions de tonnes d'acier, selon le patron de Sinosteel -, les importations de minerai de fer ont progressé de 17,4 % en 2007, à 383,09 millions de tonnes, selon les statistiques chinoises. Entre 2003 et 2007, la Chine a importé 1,34 milliard de tonnes de minerai de fer, soit 42 % des livraisons mondiales de cette période.
Les ambitions de croissance des aciéristes chinois à l'étranger sont nées de l'explosion des prix du minerai de fer, poussés par leur propre demande. Baosteel a annoncé la semaine dernière avoir accepté la requête de BHP Billiton d'augmenter ses tarifs de 79,88 % à 96,5 % selon la qualité et la provenance du minerai, quelques jours après avoir signé un accord similaire avec Rio Tinto. La Chine achète 80 % de son minerai de fer auprès de trois pays : l'Australie (38 % de ses achats pour une valeur moyenne de 100 dollars la tonne, jusqu'à la hausse négociée avec Rio Tinto et BHP Billiton), l'Inde (23 % pour 160 dollars la tonne) et le Brésil (22 % à 136 dollars la tonne). Le choix des aciéristes chinois s'est naturellement porté vers l'Australie. En plus d'être leur premier fournisseur, elle leur assure un minerai de meilleur qualité que celui extrait d'Inde et du Brésil. Au final, alors que la Chine n'avait investit que de 3,4 milliards en Australie jusqu'en 2004, elle devrait tripler ce chiffre pour la seule année 2007.
19:00 Publié dans Presse Internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, China, croissance, acier, mines, australie, minerai







Les commentaires sont fermés.