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05.08.2008

Comprendre la Chine

451680f24fcfcd0264cb6703c82ab402.jpgEntre le 8 et le 24 août, Pékin accueille les 29es Jeux olympiques. Un événement sportif de portée planétaire, qui va placer la Chine au centre du monde. Cet immense pays, où vit 1 être humain sur 6, ne cesse de surprendre. Comment est-il né? A quoi rêvent ses habitants? Pour quelle raison le régime communiste semble-t-il si sûr de son avenir?

Nous y voici donc. La chaleur et la pollution n'y feront rien. L'angoisse liée à l'organisation et aux risques d'attentats terroristes, non plus. Rien, vraiment, ne pourra arrêter, le 8 août, l'ouverture à Pékin des Jeux olympiques. Toute la planète est invitée en Chine, comme il se doit. Et les téléspectateurs ne seront pas déçus. Car les hôtes ont vu les choses en grand.

La Chine. Il y a trente ans, sur la petite route qui reliait la capitale à son aéroport, les rares visiteurs étrangers craignaient que le trajet de leur taxi ne croise celui d'une chèvre... Depuis, l'ouverture et les réformes, ainsi que la mondialisation de l'économie, ont placé ce pays-continent, où vit 1 être humain sur 6, au coeur de tout.

Après des années de préparatifs, les Chinois accueillent enfin les Jeux. Ici à Pékin, le 18 juillet, une compétition de maquillage corporel prenait pour thème les symboles des JO.

C'est une place qui lui est familière. Avec leurs quatre mille ans de civilisation, les Chinois ont longtemps considéré qu'ils se trouvaient au centre du monde. Les Européens en savent quelque chose. Dès 1601, quand le père Matteo Ricci et ses missionnaires du collège jésuite de Rome s'approchent de la capitale impériale, un magistrat assigne à résidence les « longs-nez » et fait saisir leurs bagages. Par la suite, les dignitaires étrangers reçus à la cour y sont accueillis comme de simples vassaux, venus rendre hommage au Fils du Ciel.

Cette époque est révolue. Enfin, presque... Les dirigeants actuels, qui doivent leur réussite au capitalisme mais restent les héritiers de Mao Zedong, estiment sans doute qu'un excès de morgue serait déplacé. On les comprend. Le Grand Timonier, dont le portrait orne toujours les billets de banque, aurait provoqué la mort de quelque 80 millions de ses compatriotes, d'après de nombreux historiens, soit autant que Staline et Hitler réunis. Si l'arrogance n'est pas de mise, la « fierté nationale » chinoise, elle, demeure intacte. C'est même pour cela que les Jeux olympiques importent tant.

Voilà des années que le régime et une partie de la population se préparent. A l'image des transformations de Paris dirigées par le baron Haussmann dans la seconde moitié du xixe siècle, la ville de Pékin a vu disparaître des quartiers entiers, tandis que des audaces architecturales, parfois trop spectaculaires pour être honnêtes, ont surgi de terre. La grande fête planétaire du sport et du patriotisme a largement contribué à la forêt de grues apparue dans le ciel de la capitale.


A l'approche des JO, les autorités chinoises ont donc tout fait pour "éduquer" la population et lui apprendre les bonnes manières.
24e9a87f1b2eacc562d42e30c98888b3.jpgLa foule s'agglutine devant une échoppe de téléphones mobiles dans le quartier commerçant de Xidan, au coeur de Pékin. Ça fume, ça trépigne. Wu Xiaoli, elle, enfile sa casquette rouge sur sa frange brune. Chaque week-end, cette mère de 34 ans, employée dans la finance, rejoint sa brigade sur le trottoir bondé. Elle traque les jeteurs de mégots, les éparpilleurs de papiers gras, les cracheurs. En voilà un, décontracté, en costume, qui éructe sa salive : « Ne crachez pas comme ça ! » sermonne Wu. Le coupable repart avec un sac plastique. La jeune femme est l'une des 4 000 « volontaires de la civilité commune » recrutés par la mairie afin de rééduquer les indisciplinés chroniques. A quelques mètres de son stand, un vieux hurle à une laowai (étrangère), surprise cigarette à la main : « Faut plus jeter ça ! C'est bientôt les JO, tout doit rester propre !

Mais l'influence des Jeux ne se limite pas à l'urbanisme. Lors du récent tremblement de terre dans le Sichuan, les autorités ont fait montre d'une maîtrise nouvelle de la communication politique. En temps normal, nul doute que le régime aurait interdit à la presse l'accès aux lieux sinistrés et tenté de minimiser l'ampleur d'un désastre qui a provoqué, selon les derniers bilans, près de 70 000 morts. Mais le 12 mai, moins de deux heures après le séisme, le Premier ministre, Wen Jiabao, se rend sur place afin de manifester, devant les caméras, sa solidarité.

8f0aba520c7c8f2d67439e1f142f8a1f.jpgLe lendemain du tremblement de terre, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, était déjà sur place. Les caméras aussi.

Confronté au développement d'Internet et à une presse au ton plus libre, Pékin apprend à utiliser les médias. Du jour au lendemain, les images de « Grand-Père Wen » tenant dans ses bras des enfants blessés ont provoqué une compassion sans précédent en Chine. Et occulté, pendant un temps, dans le reste du monde, celles de la répression sanglante au Tibet, deux mois plus tôt.

Depuis quelques semaines, malheureusement, les mauvaises habitudes ont repris le dessus. Plusieurs sites Web du Sichuan, jugés trop impertinents, ont été fermés. Et maints parents de victimes du tremblement de terre se voient offrir l'équivalent de 5 000 euros : en échange, ils s'engagent à ne pas poursuivre en justice l'administration locale, responsable de la piètre qualité des bâtiments scolaires dans cette zone sismique.

En Europe et aux Etats-Unis, notamment, beaucoup espéraient que les JO représenteraient un bol d'air : il paraissait certain que, les caméras du monde entier étant braquées sur Pékin, les Chinois favorables à une plus large ouverture politique en profiteraient pour prendre la parole. Au fur et à mesure que l'échéance approche, pourtant, c'est le contraire qui se produit, parce que l'organisation des Jeux, en Chine plus qu'ailleurs, est la source d'une grande fierté. Ainsi, le Parti n'est guère inquiet, car les mécontents seraient accusés de troubler la fête.

Le spectacle peut donc commencer. A l'automne, avec le retour de la fraîcheur, il sera temps de réfléchir à la hausse des prix des produits alimentaires et au ralentissement de la croissance économique. En attendant, à partir du 8 août et pour dix-sept jours, la Chine est de retour. Au centre du monde.

Source : EXP

HSBC rattrapée par ses créances douteuses

La banque britannique HSBC, première d'Europe par la capitalisation, a annoncé lundi avoir enregistré une chute de ses bénéfices de près d'un tiers au premier semestre, sous l'impact du déchaînement de la crise financière qui a entraîné un gonflement de ses créances douteuses. La banque a essuyé une baisse de 29% de son bénéfice net part du groupe au premier semestre, à 7,722 milliards de dollars, pour un produit net bancaire en hausse de 2% à 42,912 milliards. Le bénéfice imposable a quant à lui reculé de 28%, et le ratio d'efficacité opérationnelle, une mesure de la rentabilité des activités, s'est dégradé de 2,7 points, à 51%.

De plus, la banque a annoncé que ses provisions pour créances douteuses avaient gonflé de 58% sur la même période, à 10,058 milliards de dollars, alors que la crise du crédit battait son plein. HSBC a souligné au passage qu'elle n'était "pas immunisée" contre les difficultés que traverse le reste de l'industrie bancaire, ajoutant que "le premier semestre 2008 a vu les marchés financiers les plus difficiles depuis plusieurs décennies". Et elle a prévenu que les perspectives économiques mondiales restaient à la fois "hautement difficiles" et "très incertaines", avec un ralentissement sensible à l'oeuvre dans les pays développés, tandis que certains pays émergents sont en baisse de régime.