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28.08.2008

La génération Nid d'oiseau

8a5525a2-72e3-11dd-a1aa-37e8a63dce65.jpgUne jeune fille imite l'attitude des athlètes sur un panneau publicitaire, le 20 août à Pékin. La génération des 10-29 ans a été baptisée du surnom du Stade national par un quotidien officiel.

Les jeunes Chinois resteront marqués par l'organisation des Jeux olympiques, même si ceux-ci n'ont pas signifié une réelle ouverture démocratique.

Il y avait la génération Mao, la génération Deng Xiaoping ; place maintenant à la génération Nid d'oiseau. La Chine n'a pas boudé son plaisir ni sa fierté au crépuscule des Jeux olympiques, présentés comme un tournant par une presse officielle très lyrique : «l'aboutissement de trois décennies d'ouverture de la Chine au reste du monde», selon le China Daily. Mais c'est le Quotidien de la jeunesse qui a frappé le plus fort en identifiant et baptisant une nouvelle génération chinoise du surnom du nouveau et futuriste Stade national.

Cette génération Nid d'oiseau, avec qui le monde devra désormais compter, est celle des jeunes entre 10 et 29 ans, qui ont grandi durant toute la phase de montée de la Chine vers les JO. Soit environ un tiers des 1,3 milliard de Chinois. Elle est caractérisée par la «confiance en soi, l'amour de la paix, le patriotisme, l'ouverture et l'amitié». Par l'usage d'Internet, aussi, et peut-être demain par une conscience civique de plus en plus affirmée, ce qui est un autre défi à relever pour le pouvoir. Mais pour l'heure, le régime ne veut voir que l'impact positif des Jeux, qui auraient enrichi humainement une génération souvent décrite comme celle d'enfants gâtés les «petits empereurs» , du fait de la politique de l'enfant unique.

Une nouvelle génération est née et une nouvelle Chine s'est révélée au monde. L'ensemble des titres mettait en avant une ouverture «qui ne s'arrêtera pas». En précisant assez vite que l'organisation «éblouissante» de ces Jeux devait valoir à la Chine le respect et un nouveau regard du reste du monde. «L'image d'un grand pays, entièrement nouveau, est apparue au reste de la planète», écrit ainsi Le Quotidien de la Jeunesse.


Les tabous demeurent
Le pont «d'unité et d'amitié» construit entre la Chine et le monde par les JO a cependant ses limites quand on touche à certains tabous, comme en témoigne l'expulsion de dix militants protibétains étrangers huit Américains, un Allemand d'origine tibétaine et une Britannique , entre dimanche et lundi. «Nous espérons que les pays concernés apprendront à leurs ressortissants à respecter le droit chinois quand ils se rendent en Chine, afin d'éviter ce type d'incident à l'avenir», a commenté le ministère des Affaires étrangères. Washington avait exigé samedi la «libération immédiate» de ses ressortissants, arrêtés mardi et condamnés, pour «troubles à l'ordre public», à dix jours de détention administrative.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a accusé la Chine de ne pas avoir répondu aux attentes internationales en matière de respect des droits de l'homme pendant les JO, et a reproché au Comité international olympique (CIO) d'avoir «fermé les yeux» sur les abus. Hier, de l'étranger et notamment d'Asie, des voix se sont exprimées pour se féliciter de la dynamique des JO, tout en espérant qu'elle porte réellement ses fruits. Le gouvernement japonais espère ainsi qu'ils auront mis la Chine sur la voie de la démocratie de manière «irréversible».

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