26.05.2008

La Chine annonce des exceptions à la règle de l'enfant unique pour les familles frappées par le séisme du Sichuan

Les autorités chinoises ont annoncé lundi qu'elles accorderaient des exemptions à la règle de l'enfant unique pour les familles frappées par le séisme dans le Sichuan il y a deux semaines.

Le Comité de planification de la population et de la famille de Chengdu, capitale de la province du Sichuan, a annoncé que les familles dont l'enfant a été tué, grièvement blessé ou mutilé dans le tremblement de terre du 12 mai dernier pourraient obtenir un certificat leur permettant d'avoir un second enfant.

Le bilan officiel du séisme est passé à plus de 65.000 morts lundi, alors que plus de 20.000 personnes sont encore portées disparues. Les autorités disent ne pas encore être en mesure de déterminer le nombre d'enfants qui ont péri.

La politique de l'enfant unique a été lancée en Chine à la fin des années 1970 pour enrayer la très forte croissance démographique.

Source : AP

13.05.2008

L'association France-Sichuan sur le terrain !

Aux lecteurs de ce Blog, nous vous avions décrit l'Association "France-Sichuan" dans un article précédent.
Elle est maintenant encore plus active et pour des causes humanitaires.

Beaucoup ont parlé des droits de l'homme, sachons illustrer en Chine ce que cela représente.

Mr Bernard Debray, Président de l'Association, vous fait passer ce message :

"Bonjour,
J'ai passé quelques messages à nos amis de Chengdu !
Cette catastrophe est terrible !
Notre action reste bien faible pour l'instant. Toutes vos idées seront les bienvenues.
Notez aussi que j'ai adressé un fax à Mme Du Juan, Présidente des chinois du Sichuan et Chongqing en France.
J'adresse également un message à l'Ambassade.
Bien amicalement
Bernard Debray"

Dans la province du Chengu : Des milliers de morts

345a104b6889458fcbd23aa46be4e67d.jpgLe dernier bilan provisoire est de 10.000 morts, mais la violence du tremblement de terre fait redouter le pire aux équipes de secours qui sont parvenus mardi vers l'épicentre.
La Chine a été frappée lundi par le tremblement de terre le plus violent et le plus meurtrier qu'elle ait connu depuis plus de trente ans, avec un bilan provisoire près de 10 000 morts qui ne cesse de s'alourdir. «La situation est plus grave que nous l'avions estimé précédemment», déclarait lundi soir le premier ministre Wen Jiabao, sur place.

Le séisme, d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, s'est déclenché à 14 h 28 (8 h 28 à Paris) au sud-ouest du pays. Il a trouvé son épicentre au nord de la province du Sichuan et sur les contreforts du plateau tibétain, dans le district de Wenchuan. Avec ses répliques, il a été ressenti à des milliers de kilomètres, jusqu'à Pékin, Shanghaï, Taïpeh, la Thaïlande et le Vietnam. L'intensité est la même que celle du tremblement de terre de Tangshan, considéré comme l'un des plus grands cataclysmes de l'histoire : le 28 juillet 1976, au crépuscule de la Révolution culturelle, il avait fait 240 000 morts officiellement et probablement trois fois plus.

Lundi en fin d'après-midi, alors que le bilan commençait à s'allourdir, le président Hu Jintao a ordonné une mobilisation maximale des secours. Le premier ministre Wen Jiabao avait d'abord évoqué «un désastre». L'armée populaire de libération a été dépêchée dans la région. Au chaos des transports s'ajoutait un encombrement général du réseau téléphonique, saturé par les appels de parents et amis inquiets pour leurs proches.

L'étendue de la catastrophe restait difficile à cerner dans la nuit, mais trois coups de projecteurs conduisent à redouter le pire. Le séisme a fait de 3 000 à 5 000 morts et 10 000 blessés dans un seul district du Sichuan, celui de Beichuan, non loin de l'épicentre, d'après l'agence Chine nouvelle. Près de 80 % des constructions y ont été détruites. Dans la municipalité voisine de Dujiangyan, 50 lycéens ont été tués et plus 800 autres restaient ensevelis sous les décombres de leur établissement, selon la même source (voir ci-dessous). Dans la ville, des «rangées entières de maisons» se seraient écroulées. Non loin de là, à Shifang, deux usines chimiques se sont effondrées, ensevelissant des centaines d'employés. Une fuite de 80 tonnes d'ammoniaque a conduit à l'évacuation de 6 000 riverains sous le choc.

9d856ca416162ff11ad8f044099ceef7.jpgLa Chine a accepté l'aide étrangère mais estime que l'état des zones sinistrées empêche l'envoi d'équipes étrangères. Le bilan officiel de 12 000 morts devrait s'alourdir au fur et à mesure de l'avancée des secours.
Des répliques du violent séisme perturbait, mardi, la course contre la montre des sauveteurs pour retrouver des survivants. La plus forte d'entre elles, située entre 4 et 6 sur l'échelle de Richter, a semé la panique à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan, la plus durement touchée. Des témoins cités par l'agence Chine nouvelle ont estimé qu'il s'agissait de «la plus forte réplique» depuis lundi. Les employés sont sortis une nouvelle fois dans les rues affirmant avoir clairement senti leurs bureaux bouger.

Les premiers secours sont arrivés mardi dans la zone de l'épicentre du séisme survenu la veille dans le sud-ouest de la Chine. Les sauveteurs fouillent sans relâche les décombres alors que le dernier bilan officiel recense 11 921 victimes dont une écrasante majorité 8 993 - au Sichuan, dans le sud-ouest du pays. Mais il devrait s'alourdir au fur et à mesure que les secours découvrent l'ampleur des dégâts dans des régions plus difficiles d'accès, proches de l'épicentre du séisme. Au moins 4 800 personnes sont ensevelies et 2 000 sont mortes à Mianzhu, au sud-est de Wenchuan, l'une des zones les plus touchées. Des images de télévision montraient des immeubles détruits, des routes coupées et des survivants tentant de se libérer eux-mêmes des décombres.

«Une équipe médicale de Chengdu», la capitale provinciale du Sichuan, «accompagnée de 1 300 militaires est arrivée à Yingxiu, dans le district de Wenchuan, épicentre du séisme», a affirmé l'agence Chine Nouvelle. Yingxiu se situe à 20 kilomètres de Dujiangyan, où est installé le centre de commandement des opérations de secours d'urgence. 50 000 soldats ont été mobilisés par la Chine pour aider aux opérations de secours. Près de 17 000 d'entre eux étaient déjà déployés mardi matin tandis que 34 000 autres étaient en route pour les régions sinistrées. L'Armée populaire de libération doit aussi mettre à disposition des opérations jusqu'à 20 avions qui serviront au transport des personnels.


Inquiétude pour le barrage des Trois Gorges
Chengdu, capitale du Sichuan, située à 150 km au sud de l'épicentre, a été secouée mais n'a pas, semble-t-il, connu de destruction massive. L'eau y est coupée, comme l'électricité. Beaucoup des 11 millions d'habitants ont vu leurs vitres brisées. La télévision a montré la foule descendue dans la rue pour la nuit, mais pas de blessés, sauf une femme au visage en sang. L'aéroport de la ville est fermé et les liaisons ferroviaires ont été volontairement interrompues.

Chongqing, métropole industrielle de 15 millions d'habitants située 300 km plus à l'est, a aussi ressenti le séisme. Pour ses habitants, l'effet a été amplifié par un urbanisme vertical, comme à Pékin et à Shanghaï : le sommet des tours a oscillé vertigineusement pendant de longues secondes. Il y a eu panique, mais pas de dégâts importants, selon les médias chinois. Le trafic a été stoppé, pour inspection, sur les nombreux ponts et autoroutes surélevées qui desservent le cœur de l'agglomération.

Le barrage des Trois Gorges n'aurait pas non plus souffert du tremblement de terre. Sa retenue de 600 km sur le Yang Tsé commence à Chongqing, au pied de la falaise. Le plus grand ouvrage hydroélectrique de la planète se trouve à plus de 1 000 km à l'est de l'épicentre, dans la province du Hubei. Certains experts lui reprochent d'ajouter au risque, par son poids, dans une région à forte sismicité. Les chiffres provisoires livrés lundi provenaient pour l'essentiel de grandes villes, certaines éloignées de l'épicentre. Il fait peu de doute que le bilan est destiné à s'alourdir lorsque les secours gagneront le cœur du séisme, dans les zones montagneuses et difficiles du nord-ouest du Sichuan. L'une des inquiétudes se focalise sur la solidité des nombreux barrages qui captent les eaux, au sortir du plateau tibétain. À ce point d'interrogation s'ajoute une dimension politique : la région est peuplée de Tibétains, comme la préfecture autonome de Ngawa et Qiang, où se trouve l'épicentre. Cette région a connu des troubles après l'émeute de Lhassa à la mi-mars. Elle est pratiquement bouclée par la police depuis deux mois.

À 90 jours des JO de Pékin, la Chine et ses chefs sont une fois de plus à l'épreuve. Le premier ministre Wen l'a dit lundi en appelant «au calme, au courage et à la confiance envers un gouvernement fort». Les Chinois, très superstitieux, y verront plutôt un signe de mauvais augure : tout tremblement de terre fait vaciller le pouvoir et son «mandat du Ciel». En 1976, Tangshan avait précédé de 43 jours la disparition de Mao.

Source : Associated Press