02.09.2008

Pékin a bénéficié "du meilleur air depuis 10 ans grâce aux JO"

D3W6FJU8WPekinEnvironnement.jpg Les autorités chinoises ont affirmé lundi 1er septembre que Pékin avait respiré le meilleur air depuis dix ans en août grâce aux mesures prises pour les jeux Olympiques (8-24 août). Le Bureau de protection de l'environnement de la ville a indiqué qu'en août la capitale chinoise avait connu 14 jours de qualité de l'air "niveau un", le meilleur possible. Les principaux polluants ont baissé de 50% du 8 au 24 août, durant les compétitions, et de 42% pour l'ensemble du mois par rapport à la normale, a précisé le Bureau sur son site internet. "Cela a été le meilleur niveau depuis dix ans", a-t-il dit. Pékin est considérée comme l'une des villes les plus irrespirables au monde en raison notamment du nombre de plus en plus élevé de voitures et des émissions industrielles. Pour les JO et les jeux paralympiques (6-17 septembre), les autorités ont adopté un système de circulation alternée pour réduire le nombre de voitures et fait fermer plus d'une centaine d'usines très polluantes. Elles ont récemment promis des améliorations de la qualité de l'air post-olympique, en affirmant que les véhicules les plus polluants seraient progressivement interdits et les chantiers incités à réduire leurs poussières nocives. En revanche, la circulation alternée, imposée depuis fin juillet, devrait bien s'arrêter le 20 septembre après les Jeux paralympiques. Or c'est principalement cette mesure qui a réduit embouteillages et pollution pendant plusieurs semaines.

30.04.2008

Pollution : la grande menace chinoise

Pékin a sacrifié son environnement sur l'autel de l'essor économique. Géant démographique et industriel, au taux de croissance qui fait rêver les économies occidentales, la Chine bat aussi tous les records en matière de pollution : ses émissions de CO2 du fait de son utilisation massive du charbon ont dépassé celles des États-Unis, ce qui en fait le premier producteur mondial de gaz à effet de serre. C'est un fait : l'Atelier du monde demande une énergie considérable. Les experts estiment qu'en 2010 la Chine consommera autant d'énergie que les États-Unis. Qu'adviendra-t-il si un jour, comme en France, deux personnes sur trois utilisent leur propre voiture, soit un parc de 900 millions d'autos ? Le constat est sévère : pollution de l'air et de l'eau, érosion des sols, désertification, biodiversité appauvrie. Quelques exemples donnent l'ampleur du désastre. La surface cultivable s'est réduite comme peau de chagrin. Après le Grand Bond des années 50, la Chine a surexploité son agriculture croyant pouvoir parvenir à l'autosuffisance alimentaire. Résultat, une érosion des sols et une désertification galopante. LES BARRAGES SE MULTIPLIENT ! Autre sujet préoccupant : la déforestation. Chaque année, la Chine déboise l'équivalent de la surface de la Suisse. Sous l'effet de son développement, la Chine a perdu, en cinquante ans, la moitié de ses ressources en eau douce. Le gigantesque barrage des Trois-Gorges doit détourner une partie de l'eau du fleuve Bleu pour alimenter le nord du pays qui souffre de sécheresses chroniques. Derrière ce projet, Pékin intensifie la construction d'une multitude de barrages sur des grands fleuves comme le Mékong sans se soucier des risques d'assèchement qu'ils impliquent dans les pays riverains de la péninsule indochinoise. L'état des cours d'eau est souvent désastreux. Trente milliards de tonnes de déchets auraient été déversés en 2006 dans le seul fleuve Bleu ! Les tensions démographiques sont aussi terribles : l'exode rural ne se tarit pas, au point que les spécialistes annoncent un taux d'urbanisation de 60 % en 2025. Le contrôle des naissances de l'ère post-Mao provoque aujourd'hui un vieillissement de la population et un déséquilibre du rapport hommes-femmes. Le boom des villes chinoises a bien sûr des conséquences dramatiques : la production de ciment a doublé depuis 2000, entraînant la prolifération des petites unités de production utilisant une technologie obsolète et donc très polluante. L'assèchement de ses ressources naturelles et la terrible pression démographique forcent la Chine à rebondir hors de ses frontières. L'offensive tous azimuts de ses grands groupes défraie régulièrement la chronique. Marc Mangin met l'accent sur la coopération qui s'est mise en place entre la Chine et l'Afrique depuis près de vingt ans et plus récemment avec l'Amérique du Sud. " En Afrique, les Chinois font ce que les Occidentaux ne font plus : construire des routes, des écoles, des hôpitaux, note-t-il. Ils veulent créer un environnement propice au développement de leurs affaires et, par-delà, à leur survie. " Avec l'Angola et le Nigeria, le Soudan est son principal fournisseur de pétrole. Pékin y a investi pas moins de 8 milliards de dollars ; 10.000 Chinois travaillent sur place. Une grosse partie des profits tirés du pétrole par les Africains est réinvestie dans l'achat de matériels militaires... chinois. SURVIVRE EN S'IMPLANTANT A L'ETRANGER Plus étonnant, la Chine lorgne le potentiel agricole de l'Afrique. Elle multiplie les implantations de fermes pilotes dans de nombreux pays. Son intérêt est double : nourrir son immense population et " exporter " ses millions de paysans chassés des campagnes. Consciente des limites que lui impose la nature, la Chine doit se projeter à l'extérieur pour survivre.

28.03.2008

Un architecte à Shanghai : interview

Jacques Ferrier, héraut de l'architecture française à Shanghai bd3435315639831610d2ac1170432abd.jpgQue de symboles! Finaliste du concours pour la future tour Signal du quartier d'affaires de La Défense, concepteur du pavillon de la France pour l'Exposition universelle Shanghai 2010... L'architecte Jacques Ferrier s'est vu propulsé en quelques jours héraut d'une architecture à la française. Interview. Votre projet a été choisi par le président de la République pour représenter la France à l'Exposition Universelle de Shanghai. Cela implique-t-il une responsabilité particulière ? Bien sûr. Représenter la France est un honneur. C'est l'occasion de montrer au monde la vision urbaine de la France dans une région, l'Asie, en pleine mutation. Par ailleurs, construire le pavillon français pour une exposition universelle et dont le thème est "meilleure ville, meilleure vie" est un formidable enjeu pour un architecte. De tout temps, le travail sur les expositions universelles a passionné les architectes. Nous souhaitons faire de ce pavillon celui de la ville sensuelle en mettant en scène un art de vivre à la française caractérisé par une attitude sereine et confiante vis-à-vis du 21ème siècle. Un équilibre entre technicité et sensualité, entre création et permanence, entre innovation et qualité, entre action et pensée, entre ville et territoire… Cette idée d'équilibre créatif et dynamique efface l'opposition stérile entre la France traditionnelle et moderne évoquée dans le programme. Le pavillon sera bien évidemment conçu dans le respect de l'environnement. Il sera à énergie positive et exemplaire dans le recyclage. Autre symbole, avec la tour Signal à La Défense où votre agence se retrouve parmi les 5 finalistes. Quel est le message principal que vous voulez faire passer avec votre projet ? Celui de la mixité des usages. C'est en allant à Shanghai - où nous avons réalisé un lycée - que j'ai pris conscience de l'importance de cette notion. Il n'y a pas de raison pour que la France soit un pays qui fige ses usages architecturaux. Avec ce programme de tour mixte, nous avons l'opportunité de passer directement à l'étape suivante. Culminant à 309 mètres, notre tour sera le plus haut immeuble mixte jamais construit en Europe occidentale et le premier à regrouper dans une structure verticale d'une telle échelle des fonctions aussi diverses que travailler, habiter, se distraire. Avec un pied de tour largement ouvert sur la ville, le programme prévoit des logements, un hôtel, des restaurants panoramiques, des bureaux, des commerces, un spa, des équipements culturels dont une salle de 1.300 places… Cette tour sera également exemplaire au niveau de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Bref : mixité, environnement, ouverture sur la ville… cette tour préfigure ce que l'on doit attendre des grands projets à l'avenir. Sur ce projet, vous vous êtes associé au promoteur immobilier russe Hermitage. Comment est née la collaboration ? D'un coup de cœur du P.-D.G. d'Hermitage, Emin Iskenderov, pour Hypergreen et ma proposition pour la tour phare également à la Défense. Il m'a contacté et nous avons commencé à travailler ensemble, l'un apportant à l'autre sa vison, son expérience. Hermitage est une filiale de Stroïmontage, l'un des plus gros promoteurs immobilier de Russie. Le groupe construit de nombreux programmes mixtes dont la tour de la Fédération à Moscou qui sera le plus haut gratte-ciel d'Europe. Pour la tour Signal, l'un a tiré l'autre. Notre client nous a apporté sa culture de la mixité tandis que nous avons poussé le projet sur les aspects environnementaux et bien évidemment architecturaux, avec à la fois un travail sur une silhouette très inédite et sur la skyline du Grand Paris. Propos recueillis par Jean-Philippe Defawe