14.06.2008

La Chine s’attaque aux images volées des JO

La Chine a lancé une campagne pour éviter la diffusion d'« images volées » durant les jeux Olympiques sur les sites internet, a indiqué un responsable chinois, cité vendredi par les médias. La campagne, lancée jeudi et qui va durer jusqu'au 15 octobre, vise à empêcher la diffusion d'images des JO par toute personne ou média qui ne bénéficie pas des droits de retransmission, a précisé Xu Chao, un haut responsable de l'Administration de la propriété intellectuelle. Les contrevenants s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 yuans (plus de 9.300 euros). Les sites de partage vidéo seront particulièrement surveillés lors de cette campagne menée par l'Administration de la propriété intellectuelle, la police et le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information, a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle. Les autorités comptent aussi sur la collaboration du public, qui pourra appeler un numéro de téléphone spécial.

08.05.2008

Pékin ne garantira pas un accès libre à internet durant les JO

2c296a69190efb0c617a3ce702ed3b8d.jpgLes autorités chinoises ne garantiront pas qu'elles n'opèreront pas de censure sur le réseau internet au moment des Jeux olympiques cet été à Pékin, pas plus qu'elles ne garantissent d'éradiquer le piratage des produits dérivés des JO, ont déclaré jeudi des responsables chinois.
Wang Wei, vice-président du comité organisateur des JO de Pékin, avait promis que les médias auraient une "entière liberté" de couverture de l'événement, mais les organisations de défense des droits de l'homme ont régulièrement critiqué le fait que la Chine ne respectait pas son engagement.
La Chine contrôle étroitement l'utilisation d'internet, en forte augmentation dans le pays. Les autorités bloquent ainsi l'accès à des sites jugés antigouvernementaux, comme ceux du mouvement spiritualiste Falun Gong ou ceux des organisations prônant l'indépendance du Tibet.
"Nous garantirons autant que faire ce peut" que les sites ne soient pas bloqués au cours des Jeux olympiques, a déclaré le ministre chinois de la Technologie, Wang Gang, lors d'une conférence de presse tenue alors que la flamme olympique venait d'arriver au sommet de l'Everest, le point culminant du monde.
"Je ne dispose pas d'informations claires quant aux sites qui seront fermés ou surveillés. Mais pour protéger la jeunesse, il existe des contrôles sur certains sites internet malsains".
"Chaque pays limite l'accès à des sites internet. Même dans les pays développés, tous les sites ne sont pas accessibles", a ajouté le ministre.

04.05.2008

Scènes de liesse pour le relais de la flamme à Sanya

SANYA, Chine (Reuters) - La flamme olympique a été ovationnée dimanche à l'occasion de la première étape de son marathon en Chine proprement dite, où elle effectuera un parcours de trois mois jusqu'à l'ouverture des Jeux de Pékin.

"Allez la Chine", a scandé la foule massée le long des rues de la ville balnéaire de Sanya, sur la pointe sud de la province insulaire de Hainan, alors que le départ du relais de la flamme était donné sur une île artificielle au large de Sanya.

Certains spectateurs, parmi les milliers venus applaudir le relais, ont grimpé à des arbres pour voir la torche débarquer après ses escales à Hong Kong et Macao.

"Que nous puissions en arriver à accueillir des Jeux olympiques montre que nous sommes un pays développé qui devient riche et puissant", a estimé Wu Qi, un enseignant de la région âgé de 23 ans.

Les forces de sécurité sont restées discrètes même si les organisateurs ont minutieusement contrôlé les entrées au départ et à l'arrivée de la flamme.

La première relayeuse était Yang Yang, championne olympique de patinage de vitesse. Deux cent huit athlètes, hommes d'affaires, célébrités ou membres "modèles" du Parti communiste, devaient la porter tout au long du parcours.

Après Sanya, la flamme ira jusqu'à la capitale de la province, Haikou, puis traversera chaque province de Chine, y compris le Tibet et la grande région occidentale du Xinjiang, où les autorités de Pékin accusent les séparatistes d'être soutenus par Al Qaïda.

Le projet des autorités chinoises de déposer une autre flamme au sommet de l'Everest est toujours compromis par la neige qui tombe sur le toit du monde.

L'équipe d'alpinistes chargés de cette mission est toujours bloquée au camp de base, à 6.500 mètres d'altitude, dans l'attente d'une amélioration des conditions météorologiques.

03.05.2008

Le Kung-Fu ne sera pas représenté au JO

ae8c364ec6785c3a8e548def51eaa8e2.jpgEn Chine, ils sont des milliers à pratiquer cet art martial. A Dengfeng, dans la vallée principale du Henan, l’école de Tagou est la plus cotée du pays. Située à seulement quelques kilomètres du célèbre temple de Shaolin, 20000 élèves de 3 à 18 ans s’y entraînent chaque jour. Etonnamment, ce sport ne sera pas représenté aux JO de Pékin ; le géant asiatique n’ayant pas réussi à convaincre le Comité international olympique. Pourtant, la superstar Jet Li, roi du kung-fu sur les écrans de ciné, est venu personnellement plaider la cause de son art en octobre dernier à Pékin. Quelques espoirs de médailles en moins pour ce pays qui devrait, malgré tout, en récolter une moisson.

Après les troubles au Tibet, la torche olympique gravit l'Everest

La Chine se prépare à hisser pour la première fois la torche olympique sur le sommet le plus haut du monde, l'Everest, une occasion également pour la propagande du régime de vanter l'unité du pays avec le Tibet moins de deux mois après les troubles dans la région.

4f4f9f1aeaea2eeb67fda41e3b2cc4dd.jpgL'Everest Cette flamme spécialement conçue pour l'ascension est différente de celle qui a fait étape vendredi à Hong Kong. Aucune combustion naturelle n'étant possible à l'altitude de l'Everest, une torche spéciale utilisant différents mélanges gazeux, avec apport interne d'oxygène, a été mise au point.
L'équipe d'alpinistes n'attend plus que le feu vert des météorologistes pour entreprendre l'ascension finale vers le pic situé à 8.848 mètres, le plus haut de la chaîne de l'Himalaya, entre Tibet et Népal. Le tout sera télévisé.
Le mois de mai est le plus favorable, avec des fenêtres météo de plusieurs jours de beau temps consécutifs, avant la mousson en juin.
Une première fenêtre est disponible jusqu'à lundi et l'ascension pourra se faire si le beau temps est là et les vents soufflent moins fort, a indiqué un responsable du parcours à la presse chinoise.
Interrogé par la télévision chinoise, mercredi au camp 2 (6.500 m), A Wang, l'un des membres de l'expédition, s'est déclaré confiant.
"Bien sûr qu'il y a des difficultés, mais nous sommes confiants dans le fait de pouvoir réussir notre mission", a dit ce Tibétain qui a déjà escaladé six fois l'Everest.
Pour éviter toute manifestation de militants pro-tibétains après les troubles de mars, la Chine a déployé des forces de l'ordre et interdit toute autre expédition, comme au Népal voisin, où le versant sud a été fermé.
Lundi, un alpiniste américain a été expulsé du Népal pour avoir tenté de gravir l'Everest avec une banderole en faveur de la cause tibétaine dans son paquetage.
Pour la Chine, cette ascension est devenue aussi l'occasion de célébrer l'amitié entre les Tibétains et les Han, l'ethnie majoritaire en Chine.
Dans un reportage de la télévision chinoise (CCTV), qui a installé un studio au camp de base (5.400 m), un technicien han, victime du mal de l'altitude, témoigne de sa reconnaissance aux "compatriotes tibétains", qui l'ont secouru.
Au cours du reportage, le journaliste interroge l'un des membres de l'équipe de secours du camp de base, un Tibétain. "Vous avez participé à de nombreuses opérations de secours de ce genre, à votre avis, les Tibétains et les Han appartiennent à la même famille?" Réponse: "Ca doit être la même famille, il faut que ce soit la même famille!"
Les médias soulignent que l'équipe d'alpinistes, 31 au total, est composée à la fois de Han et de Tibétains, l'"une des caractéristiques" de cette expédition.
Pour certains, cette ascension de la flamme sur le sommet le plus haut du monde est une nouvelle marque de la puissance retrouvée de la Chine.
"Les Chinois se sont ouverts à cette dynamique du développement vers le XXIe siècle, ils sont dans la folie des grandeurs, ils veulent ce qu'il y a de plus grand, de plus beau, de plus fort, ils sont dans cette recherche du superlatif, donc évidemment la flamme olympique doit passer pour eux au sommet de l'Everest, le plus haut sommet du monde", estime l'alpiniste français Serge Koenig, qui a atteint le sommet une fois dans sa carrière.
D'autres dénoncent une "farce", comme l'alpiniste italien Reinhold Messner, le premier à avoir atteint le plus haut sommet du monde sans oxygène en 1978.
"C'est une farce des Chinois. Pourquoi doivent-ils monter la flamme olympique là-haut? De toute façon, elle ne pourra y brûler que par le biais de trucages, en raison du manque d'oxygène et du vent", a fustigé l'alpiniste dans la presse allemande.

Un promeneur, à Pékin, aujourd’hui.

La Chine : de Mao aux J.O.

24a951966464cffed6ed2b7917e083a5.jpgA l'école de l'obéissance
Dès le primaire, les élèves chinois apprennent à respecter (et à imposer) la discipline.

Au départ, le passé : la place Tian Anmen, centre de gravité de la ville, où trône encore Mao. A l’arrivée, l’avenir : le site des Jeux olympiques de 2008.

Entre ces deux points : une ligne droite de 9 km, rigoureusement sud-nord, axe central d’une ville obsédée par la symétrie. Suivre ce fil rectiligne qui partage Pékin, c’est distribuer histoire et présent, ordre et désordre, pauvreté des hutongs et luxe arrogant de la nouvelle puissance économique, destructions brutales et frénésie de construction, parcs harmonieux et flots de voitures. Voilà pour le cadre.

Dans ce cadre, au gré de ses rencontres, le promeneur partage le quotidien des Chinois en 2008, et interroge leur rapport à leur propre histoire : comment vivre avec les traces du passé quand le passé (la révolution culturelle, le massacre de Tian Anmen…) est tabou ? Comment rester Pékinois et Chinois, quand on détruit la maison du premier, en n’offrant au second, en compensation, que le culte de l’argent, ou celui de la nation ? Les questions sont graves, les réponses variées, mais elles se nappent souvent de gouaille et d'humour...
Au terme de ces neuf kilomètres en tous cas, le promeneur éclairé aura compris que derrière les paillettes olympiques et l’ode du parti à la modernité, il y a une logique de fer. Celle qui oblige tout un peuple à ne pas s’écarter d’un pas, justement, de cette avenue rigoureusement rectiligne qui va de Mao aux J.O.