21.04.2008

Nicolas Sarkozy cherche l'apaisement avec la Chine

PARIS (Reuters)

- Nicolas Sarkozy multiplie les messages à l'adresse des dirigeants chinois pour tenter de sortir de l'embarras diplomatique dans lequel l'ont plongé les manifestations, en France, contre la répression au Tibet.

Le président du Sénat, Christian Poncelet, de passage à Shanghai, a ainsi remis lundi un message d'excuses et une invitation du président français à l'escrimeuse chinoise handicapée Jin Jing, bousculée par des manifestants pro-tibétains à Paris le 7 avril alors qu'elle portait la flamme olympique.

94ed5dc4139d69fb3705084bb0c1d8f4.jpgLe chef de l'Etat juge "inadmissible" cette agression et salue le "courage remarquable" de la jeune femme, qui s'était efforcée, dans son fauteuil d'infirme, de protéger la flamme.

Il dit comprendre que "la sensibilité chinoise ait été blessée" par des incidents qui "ne reflètent pas les sentiments" des Français envers le peuple chinois et propose à Jin Jing de revenir à Paris comme son "invitée personnelle".

Nicolas Sarkozy a aussi confié un message d'apaisement au sénateur UMP et ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui part mercredi à Pékin pour une visite prévue de longue date, comme celle de Christian Poncelet, et doit rencontrer jeudi le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Il sera suivi à la fin de la semaine par le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte, dans le cadre des rencontres régulières entre les représentants des présidents des deux pays, précise la présidence française.

"Le message que veut faire passer la France est qu'elle est très attachée à son partenariat stratégique avec la Chine et souhaite la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du dalaï lama" - le guide spirituel des Tibétains - ajoute-t-on de même source.

Un message déjà transmis vendredi par Nicolas Sarkozy au représentant spécial de son homologue chinois Hu Jintao, l'ancien ambassadeur de Chine en France Zhao Jinjun.

L'accueil mouvementé réservé à la flamme olympique dans plusieurs pays occidentaux et les appels au boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, en août, voire des jeux eux-mêmes, suscitent un regain de nationalisme et des manifestations d'indignation en Chine.

MANIFESTATIONS ANTI-FRANÇAISES

La France et ses intérêts économiques - notamment la chaîne de grande distribution Carrefour - sont particulièrement visés.

Pour Valérie Niquet, spécialiste de l'Asie à l'Institut français des relations internationales (IFRI), les Chinois mettent plus particulièrement la pression sur la France parce qu'elle s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne.

"Il y a une volonté de donner suffisamment tôt une leçon forte à Paris", a-t-elle expliqué à Reuters.

Les Chinois semblent notamment craindre que la France cherche à obtenir un consensus sur le boycottage de la cérémonie d'ouverture de Jeux par les dirigeants de l'UE.

Nicolas Sarkozy a jusqu'ici laissé toutes les options ouvertes et affirmé qu'il "graduerait" sa réponse en fonction de celle de Pékin à ses appels à la retenue et au dialogue.

Le 5 avril, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, avait posé trois conditions à la participation du chef de l'Etat français à la cérémonie d'ouverture des Jeux, dont la fin des violences au Tibet et la libération des prisonniers.

Elle avait été démentie quelques heures plus tard par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Mais trop tard pour les autorités chinoises, qui ont "très mal perçu le mot condition", selon la spécialiste de l'IFRI. Rama Yade avait par la suite déclaré ne jamais avoir prononcé le mot "condition".

"Après la visite de Nicolas Sarkozy en Chine, dont les Chinois étaient très contents, ils ont l'impression d'une trahison de la part de la France", ajoute Valérie Niquet.

La visite du président français, en novembre, s'était soldée par la signature de 20 milliards d'euros de contrats, dont 160 Airbus et deux réacteurs nucléaires. Nicolas Sarkozy avait notamment réaffirmé que "le Tibet fait partie de la Chine".

Son entourage ne relève pas à ce jour de "signe tangible de conséquences économiques" des tensions actuelles et estime qu'un boycottage des produits français serait "perdant-perdant".

"Boycotter Carrefour se retournerait contre les Chinois", fait-on ainsi valoir de même source. "La plupart des produits vendus en Chine par Carrefour sont fabriqués en Chine et sur 44.000 employés, une trentaine seulement sont français."

Jin Jing, 27 ans, s'est elle-même prononcée contre un boycottage des produits français.


01acfac7a5fc202e9c181b86c4152ebf.jpgLa Chine défend son bilan en matière de droits de l'homme


La Chine a défendu avec force son bilan en matière de droits de l'homme, accusant les pays occidentaux de taire leurs propres problèmes et de faire deux poids deux mesures.

Luo Haocai, vice-président d'un organisme chargé de conseiller le gouvernement mais dont le rôle est largement honorifique, affirme que la Chine a accompli "d'énormes avancées" en matière de droits de l'homme.

"Les droits des Chinois en tant que citoyens et leurs droits politiques sont pleinement garantis", a déclaré Luo Haocai, qui dirige également la Société chinoise pour les droits de l'homme, proche du gouvernement.

"Le peuple chinois bénéficie d'une liberté sans précédent pour tous les droits de l'homme fondamentaux, notamment la liberté de croyance religieuse et la liberté de réunion", a dit Luo lors d'une conférence à Pékin d'après la retranscription de son intervention mise en ligne sur un site du gouvernement (www.china.com.cn).

Sans faire référence directement aux récents troubles au Tibet ou aux problèmes dans la région du Xinjiang en majorité musulmane, il a salué la politique du gouvernement en matière de protection des cultures, des langues, des religions et des traditions.

Il a en revanche évoqué le fossé croissant entre les villes et les campagnes et certaines difficultés d'ordre social comme l'accès aux soins, un problème que le gouvernement est déterminé à prendre en main, a-t-il assuré.

"Pourtant, certains pays occidentaux ont un double langage en ce qui concerne les droits de l'homme, critiquant constamment la Chine et les autres pays en voie de développement tout en taisant leurs propres problèmes en matière de droits de l'homme", a-t-il dit.

La Chine a souligné à plusieurs reprises que sa conception des droits de l'homme était différente de celle des pays occidentaux et privilégiait le droit au développement avant les droits individuels.

"C'est seulement lorsque toute une société avance qu'il peut y avoir de vrais droits individuels", a déclaré Luo.

"La stabilité nationale de la Chine, l'harmonie sociale et la liberté du peuple s'expliquent avant tout par l'importance accordée par la Chine à la garantie des droits individuels ainsi que des droits de la collectivité", a-t-il ajouté.

19.04.2008

Ambassador 'felt hurt' by disruption

The French ambassador to China has said he would like to meet the disabled Chinese torchbearer who was attacked in Paris during the Olympic torch relay to express his regret over the disruption.

ef272db7df93f96f9fba85d602d8e659.jpgTorchbearer Jin Jing (in wheelchair), a Chinese Para-Olympic athlete, protects the torch to resist protestors' disruptions as she runs along the Seine River in the Beijing Olympic torch relay in Paris, April 7, 2008.

"I deeply regret what happened during the torch relay in Paris," Herve Ladsous told a press conference on Friday.
He said he also felt hurt when he saw Jin Jing, a Paralympic athlete in a wheelchair, being attacked by violent Tibetan separatists.
"I hope I can meet Jin Jing in person to show friendship and my deep regret," Ladsous said.
The 27-year-old from Shanghai became a household name in China for protecting the torch while separatists tried to wrestle it away during the Paris leg of the relay on April 7. She has been dubbed the "Smiling angel in the wheelchair".
As well as hailing her courage, Chinese have expressed outrage at the attack, which they believe was made possible with the connivance of the French authorities.
Minutes before the Paris relay began, Tibetan "independence" flags were unfurled at the City Hall.
"The mayor of Paris (Bertrand Delanoe) should take responsibility," Ladsous said.
"One thing is clear: Similar incidents didn't take place in central government institution.

Source : Xinhua 19/04/2008