05.06.2008

Les champions des pays émergents bousculent la hiérarchie mondiale

Une étude du cabinet Ernst & Young montre que les grands groupes des pays émergents ont une croissance plus élevée que leurs concurrents des pays développés.
nx8_etude_mondialisation.pdf

En cinq ans, les grands groupes issus des économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine…), ont fait une entrée fracassante dans le classement des 1000 plus grandes capitalisations boursières de la planète. En 2000, elles n’étaient que 100 dans ce classement. Elles sont à présent 221. Une étude publiée en mai par le cabinet Ernst & Young (“Mondialisation 2.0, pays émergents, entreprises émergées”) tente de mesurer la montée en puissance de ces nouveaux acteurs mondiaux qui représentent aujourd’hui 19% de la capitalisation boursière (des 1000 premières capitalisations mondiales) contre 5% en 2000.

Les auteurs de l’étude cherchent ensuite à comparer les performances d’une sélection de 32 entreprises issues de pays émergents, à celles de leurs concurrents en Europe, au Japon ou aux Etats-Unis. On s’aperçoit que le taux de croissance annuelle sur cinq ans du chiffre d’affaires des “entreprises émergentes” est 2,9 fois plus élevé que celles des anciens pays industrialisés.
Autre indicateur très parlant, le taux de marge opérationnelle des pays émergents est en 2006 de 25% contre 14% pour les “pays développés”. Enfin, sur un an, la progression des cours boursiers des groupes issus des pays émergents a été 2,5 fois supérieure à celles des pays développés.

Ces performances doivent-elles être vécues comme une menace par les entreprises françaises ? Ce n’est pas l’opinion d’Ernst & Young, notamment parce que les pays émergents vont, grâce à leur développement, rendre leur propre territoire plus attractif pour les investisseurs étrangers. Et constituer de nouveaux marchés pour les entreprises françaises.


Source : newzyexecutive

02.06.2008

Le Match des Pays Emergents - 1er Partie

59725c8a146c571afc17619a2c02e1f5.jpgLe Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, souvent appelés "BRIC", seront sans doute les futurs géants mondiaux de l'économie de demain.

Pour comparer les chances de chacun, nous avons choisi 15 indicateurs. Qui maîtrise le mieux son inflation ? Qui améliore le plus sa productivité ?


afb8221725218e7c8bab256682480699.jpgCroissance : avantage Chine
La croissance chinoise surpasse celles de ses concurrents, à 11,1% en 2007.
La Chine représente à elle seule le quart de la croissance mondiale. A ce rythme-là, le PIB chinois dépassera celui des Etats-Unis entre 2015 et 2040.
Mais cette croissance reste fortement dépendante des exportations : un ralentissement américain pourrait ainsi peser sur sa croissance en 2008.
La Russie et l'Inde profitent eux aussi d'une économie florissante, avec des taux de croissance autour de 8%.
Le PIB brésilien n'a augmenté "que" de 5,3% en 2007. Un taux qui ferait cependant pâlir d'envie la France, dont la croissance a plafonné à 1,9%..

34938777fcc2e0ed8c8477ab416f3150.jpgIndice de développement humain : la Russie juste devant le Brésil
L'indice de développement humain est calculé en agrégeant plusieurs indicateurs (espérance de vie, taux d'alphabétisation des adultes, taux de scolarisation, revenu par habitant…).
La Russie est la mieux placée avec 0,802 points. Elle est cependant loin derrière les pays développés (par comparaison la France est le 10e pays mondial avec 0,952 points), car l'espérance de vie s'est effondrée ces dernières années (63 ans en 2005, et même 58 ans pour un homme).
Juste derrière arrive le Brésil, avec 0,800 points. Ce pays a notamment un très bon score sur le niveau d'éducation : 87% des enfants sont scolarisés.
L'Inde est le dernier des pays BRIC et arrive seulement au 128e rang mondial. Elle combine un faible revenu par habitant et un taux très bas d'alphabétisation (61% des plus de 15 ans).


be5a30daaa22af4f534c28278deb636d.jpgBalance commerciale : Chine en tête, Russie en embuscade.
En 2006, la Chine a exporté pour 968,9 milliards de dollars, et importé pour 791,5 milliards de dollars. Sa balance commerciale est donc largement bénéficiaire.
La Russie profite de la flambée des hydrocarbures, qui représentent 63% de ses exportations.
Le Brésil a lui aussi profité de la hausse des matières premières, mais plutôt agricoles (qui représentent 25% de ses exportations.)
L'Inde présente au contraire une balance commerciale nettement déficitaire, à 54,6 milliards de dollars. La croissance des exportations (+25% en 2005-2006) ne suffit pas à compenser celle des importations (+31%).

20476d35e64e061896902360a82fd689.jpgRéserve de change : la Chine écrase tout
Les réserves de change sont des avoirs en devises étrangères détenues par la banque centrale du pays, généralement sous forme de bons et d'obligations du Trésor d'Etats.
La Chine et la Russie ont accumulé d'énormes réserves ces dernières années. Fin 2006, les réserves chinoises s'élevaient ainsi à 1.590 milliards de dollars ; de quoi acheter les trois quarts des entreprises du CAC 40. Mais les Chinois détiennent en majorité des bons du Trésor américain libellés en dollars.
La Russie est loin derrière avec ses 491 millions de réserves, mais avec la flambée des cours du pétrole, ces dernières augmentent de 4 à 5 millions de dollars par mois.


c9beafd308ee8611eeb00e4d0b6a02c1.jpgInvestissements directs étrangers : Russie et Chine à touche-touche
Les investissements directs étrangers (IDE) mesurent les investissements engagés par les sociétés étrangères sur un territoire donné.
C'est la Russie qui a attiré le plus d'investisseurs étrangers en 2006, avec 30,8 milliards de dollars. Ces derniers n'ont pas été refroidis par les problèmes de corruption et de manque de sécurité juridique.
Les IDE sont encore limités en Chine par les monopoles d'Etat dans de nombreux secteurs (gaz, pétrole, aéronautique, sidérurgie…).
L'Inde souffre de sa lourdeur administrative, et la Brésil n'offre pas le même potentiel que ses rivaux selon les économistes.

012800b56e849e0ffb22553a98a8bc8c.jpgProductivité du travail : la Chine encore devant
La productivité du travail mesure la richesse produite par heure travaillée. C'est un facteur majeur de la croissance.
La Chine a fait les plus gros progrès, avec une hausse de la productivité de 10,6% en 2007. La majeure partie de ces progrès s'explique par la réallocation d'investissements de secteurs non rentables vers les secteurs les plus productifs. Le pays a aussi bénéficié de la présence étrangère et des transferts de technologie.
Mais le rattrapage sera long : la productivité chinoise ne représente encore que 14% des celle des Etats-Unis.


95fbfb0c38bb514601729ee8141acf8c.jpgDépendance alimentaire : Inde et Brésil presque autosuffisants
L'indépendance alimentaire peut se mesurer en divisant la valeur des importations agricoles par le nombre d'habitants. Elle dépend de la géographie et du climat du pays, mais aussi du taux d'urbanisation, de la productivité agricole, et du mode d'alimentation.
Ainsi, alors que la Chine est autosuffisante pour le riz, elle doit importer massivement du soja pour nourrir le bétail, les Chinois consommant de plus en plus de viande.
L'Inde arrive première pour plusieurs raisons. D'abord car la moitié de son territoire est cultivable, contre seulement 0,1% pour la Russie !
D'autre part, 71% de la population est encore rurale, et la productivité agricole a augmenté de 21% entre 1992 et 2005.


e2d667bacd3d4a7986097e09a073b926.jpgEfficacité énergétique : la Russie plus économe
L'intensité ou efficacité énergétique mesure le nombre de kilos de pétrole ou équivalent en énergie pour produire 1000 dollars de PIB.
La Russie est la plus économe, avec 2 kilos d'équivalent pétrole pour 1000 dollars de PIB.
La Chine est deux fois moins performante. Elle dispose certes d'importantes réserves de charbon, mais sa consommation atteint des niveaux inquiétants (1,7 milliard de tonnes-équivalent-pétrole en 2005).
L'Inde et le Brésil sont confrontés aux mêmes problèmes, ce dernier pouvant quand même compter sur ses barrages hydrauliques (13,9% de son énergie.


2967592833e97c82dca1f4b86a9df251.jpgInfrastructures : Russie et Chine mieux équipées
Les routes russes sont en grande majorité goudronnées. Il faut dire que son réseau est nettement moins dense (3 km de routes pour 100 km²) que celui de la Chine et du Brésil (21 km pour 100 km²) et de l'Inde (114 km pour 100 km²).
Mais le bitume n'est pas toujours en bon état : le sous-investissement des années 90 a laissé des traces.
La Chine dispose elle aussi d'infrastructures modernes, avec par exemple le 3e réseau autoroutier mondial.
L'Inde est par contre en retard, ce qui constitue un handicape notoire pour son développement. Au Brésil, seules les grandes voies de communication et les réseaux urbains sont goudronnés. Il faut dire que le pays n'est pas aidé par sa géographie. La construction de routes goudronnées en pleine forêt amazonienne pose d'autre part des problèmes écologiques.


bd15896f990a87bc778e7e90f5042681.jpgEndettement public : la Russie en tête
La dette publique est l'ensemble des emprunts de l'Etat, des collectivités et des organismes publics.La dette publique est l'ensemble des emprunts de l'Etat, des collectivités et des organismes publics.
Celle de la Russie, à 7%, ferait pâlir d'envie la France, avec ses 66,6% de dette en 2007.Grâce à ses rentrées d'argent issues des hydrocarbures, la Russie a même remboursé par anticipation plusieurs dettes qu'elle avait envers les Etats-Unis et les pays européens. Résultat : la Russie est aujourd'hui l'un des pays les moins endettés au monde.
Le Brésil a lui aussi réussi à rembourser par anticipation son prêt du FMI, mais il reste endetté à 43,9%. En Inde, qui s'est lourdement endettée dans les années 1980, le service de la dette représente encore 30 % des recettes de l'Etat et freine les investissements publics.



La suite sur "Business in China - 2ème Partie "