04.07.2008

Reprise des liaisons aériennes entre la Chine et Taiwan

f1422b4c0fcac2d70b75d5aed896abde.jpgLe premier vol direct entre la Chine et Taiwan depuis 1949 s'est posé ce vendredi à Taipeh, signe d'un réchauffement des relations entre les deux pays depuis l'accession au pouvoir du nouveau président taïwanais. Un avion de la compagnie China Southern Airlines a atterri au petit matin sur une piste de l'aéroport Taoyuan, après avoir quitté plus d'une heure et demie auparavant la ville de Canton, dans le sud de la Chine. Un deuxième vol s'est posé quelques minutes plus tard, en provenance de Xiamen, une autre ville chinoise du sud du pays. Sauf à l'occasion de congés particuliers, il n'y avait plus eu de vols directs au-dessus du détroit de Taiwan depuis 1949, date de l'arrivée sur l'île des forces nationalistes vaincues par les communistes à la fin de la guerre civile. La Chine estime que Taiwan lui appartient et n'a jamais renoncé à l'usage de la force pour faire revenir l'île sous son contrôle. La reprise des liaisons aériennes faisait partie des promesses électorales du nouveau président taïwanais Ma Ying-jeou, mieux disposé envers Pékin que son prédécesseur Cheng Shui-bian. Les discussions directes entre Taipeh et Pékin ont été rompues pendant près de dix ans, la Chine refusant de traiter avec Cheng Shui-bian, qu'elle soupçonnait de vouloir pousser l'île à déclarer son indépendance Plus de 100 touristes en provenance de Chine continentale ont atterri à Taïwan vendredi par le premier vol commercial reliant les deux territoires depuis près de 60 ans. Les chaînes de télévision taïwanaises ont montré l'avion de la compagnie de Chine du sud, parti de Guangzhou, en train de toucher terre. C'était le premier des neuf vols charters prévus vendredi entre la Chine et Taïwan. La compagnie taïwanaise "China Airlines" avait déjà transporté 300 passagers à Shanghai un peu plus tôt dans la journée. Le rétablissement de liaisons régulières entre les deux territoires le week-end illustre le réchauffement des relations entre Pékin et Taïpei, des années après la guerre civile ayant conduit à la sécession de Taïwan en 1949. La Chine considère toujours l'île comme partie intégrante de son territoire. Taïwan avait interdit toute liaison directe avec la Chine pendant des décennies pour des raisons de sécurité.

14.04.2008

Quand la Chine joue l'apaisement

Pékin et Taïpeh brisent la glace 38bf56289cff3d318b08fa47f787e343.jpgLe président chinois, Hu Jintao, et le vice-président taïwanais, Vincent Siew, se sont rencontrés en marge du Forum économique asiatique sur l'île tropicale de Hainan, au sud de la Chine. Éludant la question de la souveraineté, Hu Jintao et le vice-président taïwanais veulent accélérer les échanges économiques. Je vous avais annoncé dès Samedi, que les palmiers, la brise marine et 28 °C à l'ombre : le décor était planté pour faire fondre la glace entre Taïwan et la République populaire. Les deux dirigeants se sont parlé samedi pendant vingt minutes, en petit comité, en marge du Forum économique asiatique qui se tenait sur l'île tropicale de Hainan, au sud de la Chine. Au total, treize délégués taïwanais, issus des milieux d'affaires, ont été conviés à rencontrer autant de Chinois, dont le numéro un du Parti communiste. La discussion a roulé sur l'économie. «Aujourd'hui, les échanges et la coopération entre les deux rives du détroit se trouvent à un moment crucial, a dit Hu Jintao au terme de l'entretien. Elles exigent que les deux côtés travaillent ensemble.» Côté taïwanais, le rendez-vous a été jugé «historique, franc, amical et harmonieux». La question qui fâche, celle de la souveraineté que le continent entend exercer sur l'île, a été soigneusement éludée. L'élection, le mois dernier, de Ma Ying-jeou à la présidence taïwanaise est une chance pour Hu Jintao : après douze ans d'un vis-à-vis antagonique, Pékin retrouve à Taïpeh un interlocuteur mieux disposé. Elle offre aussi au régime chinois, à l'approche des Jeux olympiques de Pékin, l'occasion d'envoyer à la communauté internationale, sur le détroit de Taïwan, un message d'apaisement qui contraste avec les vives tensions politiques au sujet du Tibet. Réchauffement avec Washington Le président Ma n'est, pas plus que ses deux prédécesseurs, disposé à faire de l'île un vassal de la République populaire. Il prône au contraire la poursuite du statu quo ni indépendance déclarée ni réunification forcée éventuellement consacré par un traité de paix. Il ne veut pas heurter des électeurs taïwanais attachés à leur démocratie et refuse avec constance de se rendre à Pékin. Il souhaite aussi un réchauffement avec Washington. Le calendrier de la rencontre de Boao ménageait ces susceptibilités. Ma Ying-jeou et son vice-président, élus le 22 mars, ne prendront leurs fonctions officielles que le 20 mai. Durant sa campagne, Ma Ying-jeou a promis l'établissement de lignes aériennes directes avant la fin de l'année, plutôt que le long détour par Hongkong toujours imposé aux centaines de milliers d'hommes d'affaires taïwanais qui font la navette entre l'île et le continent. Samedi, selon la presse de Pékin, le président chinois a souhaité l'instauration «dès que possible» de vols charters directs, ainsi que l'ouverture de Taïwan au tourisme chinois.

13.04.2008

Rencontre historique pour la Chine et Taïwan

5b3409090f49bb7fc8b76a934a191f62.jpgUne poignée de main entre le numéro un chinois et le vice-président taïwanais marque le contact diplomatique le plus important depuis la guerre civile en 1949. Vincent Siew et Hu Jintao se serrent la main. (AFP PHOTO). La Chine et Taïwan ont noué samedi des contacts au plus haut niveau avec une rencontre historique entre le numéro un chinois Hu Jintao et le vice-président élu de Taïwan Vincent Siew. Le président chinois et secrétaire général du Parti communiste, Hu Jintao, a rencontré une délégation taïwanaise, dont Vincent Siew faisait partie, à l'occasion d'une réunion économique régionale, le Forum de Boao pour l'Asie, sur l'île de Hainan (sud de la Chine), a précisé un journaliste membre d'un pool de presse. Taïwan espère un dégel de ses relations avec Pékin à l'occasion de cette rencontre, considérée comme le contact au plus haut niveau entre Pékin et Taïwan depuis la rupture entre les deux parties à l'issue de la guerre civile en 1949. Le nouveau président taïwanais Ma Ying-jeou, élu fin mars et qui prendra ses fonctions le 20 mai, a fait d'une détente avec le régime communiste la pierre angulaire de son mandat. Il a récemment réaffirmé sa volonté de signer un «traité de paix» avec la Chine pour mettre un terme au conflit armé qui n'a jamais officiellement pris fin depuis près de 60 ans. La réunification de l'île est qualifiée d'«enjeu majeur» par Pékin qui menace d'intervenir militairement si Taïwan officialisait une indépendance de fait datant de 1949. Cette année là, les forces nationalistes du chef du Kuomintang, Chiang Kai-shek battues par les communistes, se réfugièrent à Taïwan où furent transférées les institutions de la République de Chine (ROC) tandis que les communistes fondaient sur le continent la République populaire de Chine (RPC). Chaque camp prétendit être l'unique dépositaire de la souveraineté nationale. En 1992, un consensus sino-taïwanais a été établi entérinant le principe de la «Chine unique», une formule suffisamment équivoque pour être interprétée différemment de part et d'autre du détroit.

22.03.2008

Taiwan : Le rapprochement économique avec la Chine semble inexorable

La Chine et Hong Kong sont devenus les premiers partenaires de l'île devant les États-Unis. S'il est un pays où la question du découplage économique vis-à-vis des États-Unis s'est longtemps posée avec acuité, c'est bien Taiwan. Le débouché américain a longtemps absorbé une part considérable des exportations de cette petite île (23,5 % en 2000 des exportations totales, selon Natixis) qui bénéficie d'une protection militaire de l'Oncle Sam. Composées en grande partie d'ordinateurs portables - dont l'île est devenue le premier producteur mondial - et autres produits électroniques, ces exportations sont de plus sensibles aux cycles mondiaux. Les experts s'attendent donc à ce que le PIB taiwanais subisse le contrecoup de la récession américaine. Ils tablent pour cette année sur une hausse de l'activité insulaire d'environ 4,5 %, après environ 5,5 % en 2007. Mais, fait notable, les mêmes experts prévoient un redémarrage dès 2009, avec un taux de croissance refranchissant à la hausse le seuil de 5 %. Le candidat du Kuomintang, Ma Ying-jeou, a même promis une croissance de 6 %. La principale raison de cette confiance est que " Taiwan, comme d'autres économies d'Asie, est en train de rééquilibrer ses exportations au profit de la Chine, de l'Europe et des pays émergents du reste du monde ", explique Grégoire Bossin, économiste chez Natixis. La Chine et Hong Kong sont devenus le premier partenaire de Taiwan, qui y expédie plus de 40 % de ses exportations (24,4 % en 2000), alors que l'Amérique n'en absorbe plus que 13,2 %, souligne Grégoire Bossin. Certes, la Chine assemble une bonne partie des biens intermédiaires qu'elle importe de ses voisins pour les réacheminer vers les pays riches, ce qui relativise le découplage. Mais les économistes estiment que la consommation intérieure chinoise s'accroît peu à peu, faisant de la Chine un marché en soi. " Taipei est sans doute le premier investisseur en Chine avec un total d'une centaine de milliards de dollars, 70.000 entreprises et 1 million de Taiwanais qui y travaillent ", souligne pour sa part Jean-Pierre Cabestan, professeur à l'Université baptiste de Hong Kong. Et la tendance va s'accentuer. UN JEU DANGEREUX À des degrés divers, les candidats à la présidentielle plaident pour des liens économiques plus forts avec la Chine. Celui du Kuomintang prévoit de former avec elle un " marché commun " et de rétablir des liens aériens et maritimes directs à travers le détroit de Formose. Mais l'eldorado chinois présente des dangers. " Le risque est une dévitalisation économique de l'île et une dépendance vis-à-vis de la Chine ", estime Jean-Pierre Cabestan. Un jeu dangereux pour les Taiwanais qui tiennent à leur modèle démocratique, à leur identité et à leur souveraineté. Source : La Tribune 22/03/2008