04.05.2008

Rencontre sino-tibétaine: le président chinois prudemment optimiste

Le président chinois Hu Jintao a déclaré espérer "un résultat positif" des discussions qui devaient commencer dimanche entre des responsables chinois et deux représentants du dalaï lama. c'est la première rencontre du genre depuis les émeutes au Tibet sévèrement réprimées par Pékin au mois de mars.

Les entretiens devaient durer une journée ou deux et se dérouler à Shenzen, dans le sud de la Chine, selon le "Premier ministre" du gouvernement tibétain en exil en Inde, qui s'est également montré optimiste, tout en soulignant que "ce n'est qu'un petit pas dans un long processus".

Selon une dépêche de l'agence de presse officielle Chine nouvelle, les émissaires du chef des bouddhistes tibétains, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, devaient rencontrer deux vice-ministres du Département du travail du front uni du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), chargé des relations avec les organisations de masse hors du PCC.

Samdhong Rinpoche a déclaré samedi lors d'un rassemblement public à Dharamsala que les envoyés du dalaï lama étaient chargés d'engager un dialogue pour relâcher les tensions dans les régions tibétaines chinoises et d'expliquer que le dalaï lama n'a pas, contrairement aux accusations de Pékin, fomenté les troubles de mars. La Chine fait officiellement état de 22 morts dans les violences de Lhassa, tandis que les groupes de défense du Tibet jugent le bilan bien plus important, aussi bien dans cette province que dans les autres, voisines, abritant une forte communauté tibétaine dans l'ouest de la Chine. Le gouvernement en exil a évoqué plus de 140 victimes.

Pékin accuse le dalaï lama de vouloir obtenir l'indépendance du Tibet mais le chef spirituel des Tibétains, en exil en Inde depuis le soulèvement tibétain de 1959 réprimé par les forces chinoises, assure qu'il ne souhaite qu'une large autonomie de cette région himalayenne.

18.04.2008

La Cuisine au Tibet : Une Cuisine au sommet

DANS LA MEDECINE CHINOISE CLASSIQUE, LE NUTRITIONNISTE ETAIT CELUI QUI ETAIT AU SOMMET DE LA HIERARCHIE .

08b33c08ad867dbeba499c2916fa7bbb.jpgEn Chine, depuis des millénaires, diététique et gastronomie ne s'opposent pas mais se complètent harmonieusement. La diététique faisait donc partie intégrante des études médicales.

Lorsque l'on croit avoir tout essayé de la cuisine asiatique à Paris, après les chinois plus ou moins vietnamisés, les restaurants vietnamiens aux saveurs du Cambodge, les thaïlandais à la sauce laotienne, les coréens sous domination nipponne, les japonais complexés par l'ancienne nouvelle ou la nouvelle ancienne cuisine, il demeure encore une expérience à tenter.

Pourquoi ne pas découvrir la cuisine tibétaine ?

Il arrive, en effet aussi, que les tibétains mangent.
Cela étonnera certains qui imaginent de bonne foi que la grande sagesse spirituelle de ce peuple lui dispense d'avoir un estomac et des papilles gustatives.
Or, devant une bonne table aucun tibétain ne demeure indifférent aux recettes traditionnelles de son pays.
Si, pour des raisons économiques et souvent politiques l'ordinaire demeure, sur place, encore très sobre, se composant le plus souvent de farine d'orge grillée, la tsampa, que l'on roule en boulettes et que l'on accompagne de thé au beurre de yak salé, le djia tu, et, éventuellement, d'un peu de fromage sec, il en va tout autrement dès que l'occasion le permet.
Si les moyens sont là, ces occasions sont nombreuses car les tibétains sont friands de festivités et que celles-ci ne peuvent se conclure autrement que par un bon repas pris en communauté. Dans ce cas on oublie quelque peu la tsampa pour préférer des recettes beaucoup plus élaborées et beaucoup plus diversifiées.

De la viande d'abord !
Le tibétain est, tout d'abord, et contrairement aux idées reçues, un gros mangeur de viande. Ceci à tel point que la religion bouddhiste a du, dès son implantation, concilier de nombreuses dispenses et autoriser la consommation de viande à l'exclusion de celles de chien, de cheval et de lapin.
En fonction de l'altitude on apprécie donc le yak, le mouton, le bœuf ou le porc et la volaille...et, si possible, en bonne quantité.
Le plus souvent, en famille, la pièce de viande est disposée au milieu de la table et chacun se sert à son gré en découpant sa part grâce à un couteau effilé porté à la ceinture dans un étui comportant également des baguettes. Ces étuis de bois, de cuir, d'ivoire ou cloisonnés, souvent artistiquement décorés et comportant même parfois des pierres précieuses, se transmettent de génération en génération et font naturellement partie du costume traditionnel.
Cette pièce de viande, souvent grillée ou rôtie, constitue donc le centre du repas et s'accompagne de multiples à cotés. Ce sont ces amuse-gueule qui constituent la grande richesse de la cuisine tibétaine. Les plus connus et les plus appréciés d'entre-eux demeurent sans conteste les raviolis farcis aussi nommés, ou shemog.
Chacun prétend en posséder la recette originale mêlant habilement viandes, légumes et épices. A l'instar des raviolis de Pékin, ils se consomment cuits à la vapeur ou frits. Ils se trempent dans de la sauce de soja et s'accompagnent souvent d'une soupe claire, le kongpo tchuri, à base de tsampa. Suivant les régions on apprécie également des galettes frites farcies de viande de bœuf ou de yak, les sheshabaleb ou shabale ainsi que diverses boulettes arrosées de beurre fondu, les baktsa ainsi que les Lhassa khoura qui sont de petites galettes farcies et frites.

Du riz et des légumes ensuite !
Le tout s'accompagne volontiers de riz, ou plus traditionnellement encore de divers légumes lacto-fermentés et macérés.
Lors des repas de fête, il n'est pas rare de servir la fameuse fondue tibétaine, le gya kok, cousine de la non moins fameuse fondue mongole ou Tap Pin Lo. La version tibétaine propose plusieurs viandes détaillées en fines tranches, du Dafou, la version tibétaine du Tofou ou caillé de soja, des champignons et divers légumes le tout préparé dans un bouillon épicé avec l'équivalent du masala. Ce dernier peut comporter jusqu'à vingt ou trente épices dont des variétés locales qui donnent la particularité au mélange. Les récipients à fondue, comportant un tunnel dans lequel on dispose le charbon de bois incandescent sont souvent de véritables merveilles d'orfèvrerie alliant le cuivre, le laiton, l'étain et l'argent. Elles sont décorées des figures symboliques tibétaines et chacun y plonge son épuisette ou, plus prosaïquement encore, part à la pêche avec ses baguettes. Le bouillon, fort épicé, est servi en fin de repas et permet d'affronter les températures les plus extrêmes.

Précisons que si la cuisine tibétaine est très épicée, elle demeure surtout plus aromatique que pimentée.

Des desserts et des boissons, enfin !
Le repas s'accompagne de petits plats sucrés que les occidentaux apprécieront en desserts. L'un des plus connus demeure la version locale du riz au lait, accompagnée de yaourt ou de fromage frais de vache ou de yak.
On boit simplement un potage léger pendant tout le repas ou le fameux thé au beurre de yak salé. Les occidentaux préféreront s'en tenir au thé nature ou à la bière bien qu'un simple vin rouge, de type bourgueuil, puisse fort bien accompagner le repas. Au Tibet il est possible de préférer le chang, un alcool à base d'orge...mais les conditions climatiques ne sont pas tout à fait les mêmes qu'ici et le yak qui tire la carriole connaît bien le chemin de la maison.

En tous cas il convient de souhaiter " Souzi nyabo nyango "...bon appétit !

Nous tenons à votre disposition les meilleurs adresses , faites le nous savoir !

12.04.2008

Le Tibet, c'est aussi cela

fd06aff2022b8dad725a90abc9db1dc5.jpg
Je ne reviendrais pas sur mes propos concernant les évènements actuels et leurs conséquences, que vous trouverez dans des articles précédents sur http://businessinchina.blogressources.com
Mais je vous invite à regarder ces images d'une pureté extraordinaire.

Mode d'emploi : Vous cliquez sur le lien ci-dessous, vous mettez le son, et à votre convenance vous faites progresser le diaporama en cliquant après chaque image. Soyez zen dans la progression et Bon Voyage.

TibetEnMusiquethV.pps

08.04.2008

le boycott des JO ne forcera jamais la Chine à transiger

8b5f5240837124647c6f19ef3bd4325b.jpgLa flamme des JO 2008.

1928 : aux Jeux Olympiques d'été d'Amsterdam, un feu est allumé dans le stade. Une tour a été réalisée par l'architecte pour abriter le feu.
1932 : les organisateurs des Jeux de Los Angeles font la même chose.
1936 : c'est aux Jeux de Berlin qu'est organisé le premier relais de la flamme olympique.

23 villes dans le monde vont accueillir le relais
31 provinces chinoises verront passer la flamme
80 relayeurs à Paris étaient prévus
24 mars : date de l'allumage de la flamme à Olympie
8 août : date de l'arrivée de la torche à Pékin pour la cérémonie d'ouverture de la 29ème édition des JO d'été.

Le Tour du Monde
9996e6628168b1e38df287ae82329ef3.jpg137 000 kilomètres, 130 jours de voyage dans 130 villes différentes...enfin peut être! Voilà ce qui attend la torche olympique jusqu'à son arrivée finale à Pékin le 8 août. La flamme a été allumée le 24 mars à Olympie, le berceau des Jeux. Découvrez sur cette carte son parcours à travers le monde


cb59abac28eb5bb1955e01eb62571ae0.jpg Les Pressions Politiques.
Des groupes de pression et militants doivent penser avoir trouvé le point faible de la Chine, quand les émeutes au Tibet ont éclaté par coïncidence et dramatiquement à l'approche des JO de Beijing.
Ils ont lancé un appel à boycotter les Jeux, espérant forcer la Chine à se soumettre à leurs demandes, mais ils ont apparemment surestimé leur poids, quel que soit le poids qu'ils pensaient avoir.

Liée étroitement aux intérêts nationaux dans l'intégrité territoriale du pays, la question du Tibet est une question avec laquelle le gouvernement chinois ne transigera jamais, même si les boycotteurs considèrent les Jeux comme une chance historique de faire pression sur le pays.

Les boycotts bruyants deviendront légers comparés à l'immense soutien du peuple chinois, qui peut être constaté dans des forums en ligne et des blogs, aux actions gouvernementales dans la restauration de la stabilité à Lhasa et dans d'autres régions de l'ethnie tibétaine.

Derrière leur soutien se trouve la détermination de la nation à sauvegarder la souveraineté.

Après tout, perturber les Jeux olympiques, occasion rare pour le monde de profiter d'un répit dans la politique, va à l'encontre de la volonté de la plus grande partie de la communauté internationale et des vrais amoureux du sport.

Le Comité international olympique (CIO) a réitéré son opposition à la politisation de cet événement sportif.
"Les relayeurs français ont prévu de courir avec un badge destiné à montrer leur attachement aux Droits de l'Homme"

Cependant, les Jeux risquent d'être pris en otage par la politique, quand tel ou tel chef d'Etat déclare conditionner sa présence à l'événement sportif de Beijing à un dialogue entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama.
Ne tombons pas dans une hystérie anti-chinoise, un peu simpliste. Si l'on veut jeter un malentendu entre les deux pays , nous ne pourrions pas nous y prendre autrement.

Comment peut -on dire que la politique n'a rien à voir avec les JO alors qu'elle est au centre de leur attribution? . Attribuer les jeux olympiques à la Chine était faire entrer la Chine dans la politique mondiale et maintenant elle est mise au banc. En choisissant le cinquième de l'humanité, le CIO a pris une décision forte , mais en percevant une partie de la difficulté. Pour des raisons économiques les activités sportives deviennent des enjeux.
Je ne peux être d'accord avec ceux qui ne connaissent rien aux sports et se jettent sur les sportifs.
Le 31 Mars un ministre Chinois a fait des ouvertures au Daila Lama, celles ci sont inaudibles aujourd'hui. Il est donc fait une place aux faucons, qui profiterons de cette situation pour défendre le nationalisme Chinois.

La Chine souhaite que les JO accélèreront l'ouverture du pays, mais elle refusera tout chantage politique au nom des Jeux.

d3e3f7cfa2a70ae40745564e686c1433.jpgN'oublions pas la cause première de ces jeux : le sport et l'échange entre ces jeunes qui feront le monde de demain. C'est eux qui définieront les lignes de routes de leurs avenirs. Laissons leur la possibilité de prendre leur envol, ils seront membres de la communauté du monde sportif. Ils sont notre avenir. Cette occasion est unique, pour qu'ils reviennent vers nous avec leurs propositions, leurs désirs d'un monde meilleur, et, comme ils le définieront.
Revenons a de vrais jeux olympiques, et laissons les jeux aux sportifs qui feront pleinement ces jeux

24.03.2008

Le Tibet, un enjeu de longue date pour la Chine

0ceedf854cbfddc52b4d4fbaa0f2541d.jpgLe Tibet a toujours été un enjeu convoité des grandes puissances, de la Grande-Bretagne à la Chine. Comment ce territoire s'est-il construit ? Comment la Chine y a-t-elle peu à peu étendu son influence ? Retour sur l'histoire millénaire et tourmentée du Tibet pour comprendre les événements d'aujourd'hui.

Source JDN

Mythe et unification
741f39781e2fe371a7005a418a6e4d69.jpgLe Tibet naît comme entité politique unifiée à la fin du VIIe siècle, sous la dynastie Yarlung. Les rois et empereurs de cette dynastie tirent leur légitimité de l'origine mythique qu'ils prétendent détenir. Ils seraient les descendants du roi Namri Tsampo, descendu du ciel au IIe siècle avant Jésus-Christ, et qui aurait donné au territoire une organisation sociale et politique. Pendant plusieurs siècles, les rois de cette dynastie se succèdent dans la partie centrale du Tibet. C'est de là qu'à la fin du VIe siècle le roi Nam-ri-slon-btsan parvient à unifier le territoire.

La volonté de centralisation
C'est le fils de Nam-ri-slon-btsan, Srong-btsan-sgam-po, qui fait du Tibet une puissance régionale au début du VIIe siècle. Il dote le territoire d'une organisation centrale, d'une capitale, Lhassa, et travaille à l'élaboration d'une écriture tibétaine à partir de l'alphabet indien. Ses successeurs consolideront le Tibet à l'intérieur et à l'extérieur. Recensement de la population, mise en place de relations "diplomatiques" avec les pays voisins et politique de conquêtes territoriales permettent au Tibet d'assoir sa puissance. Il s'empare notamment, à cette époque, de larges portions de territoires chinois.

Le boudhisme, religion officielle
da1d65440cf540f1ad2719aec90c6489.jpgLes Tibétains, dans leur tradition ancestrale, croyaient à la présence de dieux et démons qui régissaient leur vie. Ils vénéraient également certaines montagnes et pratiquaient des cultes destinés à apaiser les dieux. C'est à partir du règne de Srong-btsan-sgam-po, au du VIIe siècle, que le boudhisme pénètre progressivement au Tibet, notamment, selon la légende, par l'intermédiaire de deux de ses épouses népalaise et chinoise. Mais c'est à la fin du VIIIe siècle, sous le règne de Khri-srong-lde-brtsan (755-797), que les premier monastères et écoles boudhistes apparaissent. Le Tibet est alors très sensible à l'influence de son puissant voisin indien, beaucoup plus qu'à la Chine. Une controverse décide donc que c'est le boudhisme dans sa forme indienne qui sera adopé au Tibet. Il devient, en 779, religion d'Etat. C'est le début d'un pouvoir croissant des moines dans le pays.

Le premier dalaï lama
Si le pouvoir religieux prend de l'importance, le pouvoir politique, lui, se divise. Le Tibet vit une période trouble jusqu'à la fin du XIIe siècle. Il passe alors sous influence mongole, avec, à sa tête, un représentant nommé par les Mongols mais détenant le pouvoir temporel sur le Tibet central. Sa-skya Pandita, issu de l'une des plus grandes sectes du pays, instaure ainsi le premier gouvernement théocratique du Tibet.
C'est bien plus tard, après que le pouvoir est passé dans les mains de plusieurs dynasties concurrentes, que le terme de dalaï lama apparaît pour désigner ce chef théocratique. A la fin du XVIe siècle, l'école boudhiste Gelugpa, dite des Bonnets jaunes, prend de l'importance et s'impose avec l'aide, notamment, du prince mongol Altan-khan. C'est ce dernier qui décerne alors au chef de la secte Gyal-ba R
Depuis la fin du XVIe siècle, le Tibet est sous influence mongole. Des luttes de pouvoir entre le dalaï lama, son régent puis des chefs de l'aristrocratie tibétaine aboutissent au retour, pendant une vingtaine d'années, d'une monarchie laïque soutenue par la Chine. C'est en 1750 que le chef spirituel des Tibétains reprend le pouvoir, "surveillé" de loin par des représentant chinois.

La Chine s'impose
A la fin du XVIIIe siècle, la Chine accentue son contrôle sur le Tibet. Elle profite d'une invasion népalaise sur son "protectorat" pour intervenir militairement puis se mêler plus étroitement de la vie politique tibétaine, et plus particulièrement de désignation du dalaï lama. Le puissant voisin diminuait ainsi le pouvoir du clergé et soutenait celui des aristrocrates. Ce système perdura jusqu'à la fin du XIXe siècle, troublé par quelques révoltes sporadiques mais sans conséquence des moines tibétains.
La fin de cette période vit cependant décliner l'influence de La Chine, occupée à se défendre contre des rébellions internes et des attaques anglaises et françaises à l'extérieur. Le dalaï lama en profita pour reprendre du pouvoir.

La Grande-Bretagne s'en mêle
Constante de l'histoire du Tibet, le territoire devint, à la fin du XIXe siècle, un enjeu stratégique pour une nouvelle puissance. La Grande-Bretagne, qui s'était imposée en Inde, considérait en effet le Tibet comme une zone à contrôler pour consolider son pouvoir en Asie. En 1904, les Anglais pénètrent à Lhassa, déserté par le dalaï lama qui a fui en Mongolie, et lui imposent un traité commercial et le paiement d'une indemnité. La Chine ne compte pourtant pas perdre toute son influence, et s'immisce entre Londres et Lhassa, reléguant au second plan le Tibet comme interlocuteur sur la scène internationale. En 1906, un accord entre la Chine et la Grande-Bretagne établit un partage d'influences au Tibet : l'accord anglo-tibétain de 1904 était confirmé, et la suzeraineté du Tibet par rapport à la Chine reconnue. Ce protectorat fut beaucoup plus visible que le premier : toute l'administration tibétaine passa sous contrôle chinois. Pour peu de temps. En 1912, la chute de la dynastie Qing en Chine permit aux Tibétains de reprendre le pouvoir et au dalaï lama de rentrer à Lhassa.

Le Tibet indépendant
De 1912 à 1949, le Tibet maintint son indépendance de facto grâce à des compromis avec la Grande-Bretagne et à une suzeraineté chinoise uniquement théorique. Preuve de son existence sur la scène internationale, le Tibet crée alors un ministère des Affaires étrangères. Cette période fut cependant mouvementée, marquée par des divisions à la tête de l'Etat et à un durcissement du régime du dalaï lama. Une longue vacance du pouvoir déstabilisa également le pays entre 1933 (mort du 13e dalaï lama) et 1940 (date de la désignation officielle du nouveau chef spirituel, l'actuel dalaï lama). Le Tibet connut cependant à cette époque un essor économique important.
Le paysage géopolitique asiatique change à la fin des années 1940. Le Tibet, toujours au centre des enjeux de ses puissants voisins, voit son sort scellé par deux événements majeurs : l'indépendance indienne et le désengagement dans la région de la Grande-Bretagne, mais surtout, en 1949, l'instauration de la République populaire de Chine.

Le Tibet intégré à la Chine
776e5cb6acb5c7b13eb8684b638f5d30.jpgLa prise de pouvoir de Mao Tse Toung encourage un jeune communiste tibétain, Phuntsok Wangyal à prendre la parole pour demande des réformes, la démocratisation du système et la transformation de la société féodale. Il est rapidement expulsé du territoire. Le gouvernement tibétain lance une "chasse aux sorcières" contre les Chinois. Les relations entre les deux pays s'enveniment. En 1951, l'armée chinoise occupe Lhassa, capitale d'un territoire désormais intégré à la République populaire de Chine.
L'administration, l'économie ou encore l'éducation tibétaines sont contrôlées par les Chinois, qui, en revanche, n'interviennent pas dans la vie spirituelle et respectent l'autorité du dalaï lama.
Ce compromis ne dura pas. Dans les années 1960, après les premières révoltes tibétaines, la Chine renforça son contrôle sur le Tibet et s'en prit aux monastères en détruisant leur patrimoine et en obligeant les moines à travailler.

La modernisation du Tibet
9655cdc205e4530ae799a212eac2b52c.jpgSous influence chinoise, le Tibet entreprit une réforme de son système économique, une redistribution des terres et l'abolition de la corvée, service obligatoire que les serfs devaient rendre gratuitement à leurs seigneurs et au clergé (culture des terres, transport de denrées, don de biens). La Chine voulut faire de ce territoire une région productive en multipliant les terres cultivables et en créant les premières industries tibétaines. La construction de routes devint également une priorité. Jusqu'au milieu des années 1950, ces avancées permettent une bonne entente relative entre le dalaï lama et Pékin, comme en témoigne une longue visite du chef spirituel en Chine en 1954-1955. Aujourd'hui, la "libération" du Tibet d'une théocratie féodale dépassée est l'argument principal de la Chine pour expliquer sa présence dans la région.

Les premières résistances tibétaines
289f4ebbf0b2d928c7d33bad1122367c.jpgC'est en 1956 qu'ont lieu les premières actions de résistance tibétaine contre les réformes et la domination chinoise. Les moines, notamment, craignaient une perte d'influence dans la société. En 1959, une rumeur d'arrestation du dalaï lama débouche sur la fuite du chef spirituel en Inde, à Dharamsala, où il réside encore actuellement. Les Tibétains se mobilisent mais leur révolte est réprimée. C'est le début d'un contrôle beaucoup plus étroit de Pékin sur la région, qu'il soit direct, avec l'imposition de réformes radicales, ou plus subtil, avec l'installation encouragée de nombreux Chinois au Tibet. En 1965, le Tibet est officiellement déclarée Région autonome au sein de la République populaire de Chine.

Six mesures pour une réelle autonomie ?
Avec l'arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir en 1976, la Chine s'ouvre économiquement. Plus pragmatique, le nouveau dirigeant va tenter de rétablir une situation sociale et économique très difficile au Tibet. Après une visite exceptionnelle du secrétaire général du Parti communiste chinois au Tibet, six mesures sont adoptées dans le but de rendre plus réelle l'autonomie de la région. Parmi les décisions prises : la création d'une Assemblée populaire régionale à majorité tibétaine, une aide économique plus importante, une exemption d'impôts ou encore le rétablissement de "la culture, l'éducation, la science du Tibet".
La capitale Lhassa s'ouvre au tourisme, ce qui introduit de fait un regard occidental dans la région et amène le Congrès américain à adopter un texte condamnant les violations des droits de l'Homme par la Chine. La fin des années 1980 et le début des années 1990 est marquée par de nombreuses manifestations des moines tibétains, souvent sévèrement réprimées.
Depuis la fin des années 1990, la Chine a accru son emprise sur le Tibet, en développement économiquement la région et en y encourageant l'installation de Chinois. Mais les revendications tibétaines ne se sont pas tues. Quelles sont-elles ? Et pourquoi la Chine ne cède-t-elle pas ?

Les ressources tibétaines
Aujourd'hui, la forte population chinoise installée au Tibet est l'une des raisons pour lesquelles la Chine refuse de se désengager. A Lhassa, la capitale, un habitant sur cinq est chinois. Mais ce n'est pas la seule raison. Car le Tibet dispose également de ressources minières (chrome, or, cuivre, plomb), hydroélectriques (avec ses fleuves) et pourrait avoir des réserves de pétrole. Le "Toit du monde", dont les paysages attirent les touristes du monde entier, est également une fierté pour la Chine, qui y fera passer la flamme olympique des JO 2008. L'argument sécuritaire, enfin, est avancé, le Tibet constituant un zone tampon avec l'Inde.

Que demandent les Tibétains ?
727aa2e325529738627836a130ced580.jpgLe Tibet se divise vis-à-vis de la Chine. Le dalaï lama, en exil à Dharamsala en Inde, ne réclame pas l'indépendance du Tibet mais le respect de son autonomie, notamment culturelle. Il entretient avec Pékin une ligne pacifique qu'il vient de réaffirmer en souhaitant se rendre en Chine. Mais il n'en dénonce pas moins "un génocide culturel" dans son pays et le climat de "peur de la répression chinoise" dans lequel vivent les Tibétains. La Chine, pour sa part, a durci sa ligne envers le dalaï lama en l'accusant de fomenter les révoltes et de vouloir "saboter les JO de Pékin". Des allégations sans fondement dans la mesure où le dalaï lama lui-même s'est prononcé contre le boycott des JO, qu'il juge inutile. Il a également demandé l'annulation d'une marche vers le Tibet que de jeunes Tibétains radicaux souhaitaient entreprendre.

Car les jeunes générations, considérant que la position pacifique du dalaï lama ne donne pas de résultats, se radicalisent. Ils ne réclament plus le respect de l'autonomie mais l'indépendance. En mars 2008, des révoltes ont éclaté à Lhassa, la capitale du Tibet, sévèrement réprimées par la Chine.

Qu'en pense la communauté internationale ?
Le Tibet a peu été soutenu, au cours de son histoire, par les grandes puissances. L'Angleterre, mais aussi la France, ont préféré ménager la puissante Chine au cours des XIXe et XXe siècle, malgré des tentatives de rapprochement du dalaï lama. Aucun n'a donc reconnu l'indépendance autoproclamée du Tibet en 1912.
C'est finalement l'Onu qui donnera raison au Tibet pour la première fois à la fin des années 1950, dans le cadre de plusieurs rapports qui reconnaissent que la Chine a violé ses accords internationaux et a commis un génocide. En 1959, l'Organisation internationale adopte une première résolution dans laquelle elle se déclare préoccupée par la question des droits des Tibétains. Elle sera suivie de deux autres, en 1960 et 1965, sans que ces prises de position n'aient de conséquences concrètes. L'année 1989 marquera un tournant et une prise de conscience : le dalaï lama reçoit le Prix Nobel de la Paix.

7a02f40e79af96955da5196c9ac20a7a.jpgAujourd'hui, les puissances occidentales mettent en garde la Chine contre son attitude au Tibet, tout en la ménageant. Si le Premier ministre Gordon Brown s'est dit prêt à recevoir le dalaï lama, la France n'a pas franchi le pas. La question du boycott des JO de Pékin divise aussi les acteurs internationaux. La plupart des pays affirment qu'une telle mesure serait inefficace.
L'autonomie théorique du Tibet
Le Tibet a aujourd'hui le statut de Région autonome de la République populaire de Chine, avec pour capitale Lhassa. Ce territoire correspond en fait à une partie seulement du Tibet historique, les provinces de Quighai et Shishuan ayant un statut différent. La Région autonome compte environ 2 540 000 habitants, dont 160 000 Chinois.
En tant que Région autonome, le Tibet bénéficie, en théorie, d'une liberté culturelle dans le respect de ses coutumes et de sa langue, d'une administration et d'un gouvernement propres avec, à sa tête, un dirigeant tibétain. Une Assemblée populaire détient le pouvoir de légiférer pour traiter les affaires locales, et peut même suspendre l'application de lois ou règlements venant de l'Etat central si elle considère qu'elle est contraire aux réalités locales.
La langue tibétaine est protégée depuis 2002 par un texte qui en fait un apprentissage obligatoire, en plus du chinois, dans les écoles de la Région. Le tibétain est également la langue des textes importants, judiciaires, des médias et de la publicité. Aujourd'hui, 84 % des habitants utiliseraient uniquement le tibétain dans leur vie quotidienne.
Dans la réalité, l'autonomie du Tibet n'est pas respectée, comme en témoigne l'intervention armée de la Chine, en mars 2008, dans la Région.

Le gouvernement du Tibet en exil
08d9d1d3cad271801c077bb344b5bcd7.jpgC'est en 1959 qu'a été proclamée la création du gouvernement tibétain en exil, installé depuis 1960 à Dharamsala, au nord de l'Inde. Ce gouvernement s'est donné pour but d'organiser la vie des réfugiés tibétains et de travailler à la reconquête de l'autonomie tibétaine. A la tête de ce gouvernement, le dalaï lama exerce le pouvoir exécutif, assisté depuis 1960 par un Parlement de 46 membres représentant les différentes provinces du Tibet et les quatre écoles boudhistes. Des assemblée locales existent également dans les communautés tibétaines de plus de 160 membres. En 1963, le peuple tibétain en exil se dotait également d'une constitution basée sur la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen.