14.08.2008

Loin des JO, le Sichuan se reconstruit lentement

Nous vous parlions de l'Association « CARREFOUR FRANCE – SICHUAN ». Celle-ci est active notamment avec les administrations locales, provinciales et nationales. Elle sera présente à la 9ème foire internationale, le grand événement d’échanges commerciaux du « Grand Ouest de la Chine ». Et les chantiers sont importants, loins des échos médiatiques sur les Jeux Olympiques. Trois mois après le tremblement de terre qui a fait 70 000 morts, les ouvriers continuent de déblayer les débris d'immeubles écroulés. 8aa51aa5b4a3677dcf0fd03edf1c3914.jpgPas de logos olympiques dans les rues de Dujiangyan. À peine une banderole du Parti souhaitant des «Jeux olympiques pacifiques» dans une «société harmonieuse». Trois mois, jour pour jour, après le tremblement de terre qui a fait près de 70 000 morts dans la province du Sichuan, la ville voisine de l'épicentre revient petit à petit à la vie. Dans le quartier est, quelques rues offrent encore le visage d'une ville fantôme. Débris d'immeubles mêlés d'affaires personnelles, comme une paire de chaussons ou une plante verte, jonchent les allées. Les rues principales ont, elles, été nettoyées et quelques vendeurs de carrelage ont réinvesti les boutiques. Trois ans pour reconstruire «Ça ne marche pas très fort. Les gens vont vivre dans les préfabriqués ou retournent chez eux où les réparations sont minimes», se lamente M. Luo, qui attend le chaland sur un petit tabouret. Un peu plus au centre, l'église accueille toujours ses fidèles sous une grande tente bleue. «C'est beaucoup trop dangereux de rester à l'intérieur», précise Ma Yuru, une des sœurs de la communauté qui a reçu, de Hong­kong et Singapour, quelque 50 000 euros, une somme bien inférieure aux 420 000 euros nécessaires à la remise en état du bâtiment. Des ouvriers font le tri dans les décombres restants, métal d'un côté, parpaing de l'autre. Un toit d'immeuble pend encore à presque 90° au-dessus d'un monticule de débris. «Celui-là, ils vont le garder tel quel pour faire un musée à la mémoire du tremblement de terre», explique Zhou, un habitant de Dujiangyan. Pilotées depuis Chengdu, la capitale provinciale, les opérations de reconstruction s'étaleront sur trois ans. Le gouvernement s'est engagé, dès le mois de mai, à remettre la province sur pied d'ici là, avec un investissement de 7 milliards d'euros. En attendant, des quartiers de maisonnettes préfabriquées poussent un peu partout. «On s'installe pour trois ans, au minimum, à mon avis», estime Wu Bo, jeune mère de famille supervisant l'arrivée de ses meubles, qui tiennent sur un petit triporteur. Elle ne se plaint pas, après trois mois de vie en tente, elle va pouvoir se réinstaller dans du «dur». Les tentes ont presque disparu des trottoirs qu'elles avaient investis au début de l'été. Les JO ? «Non, je ne vais pas suivre, je veux juste savoir combien de médailles d'or on aura», s'exclame la jeune femme. «Il y a la Chine des Jeux et la Chine qui se reconstruit», résume Zhang Xichuan, ouvrier sur le barrage de Dujiangyan, fissuré par la secousse du 12 mai. Ces deux Chine n'avancent pas à la même vitesse. Alors qu'un enthousiasme sportif gagne la capitale, les habitants du Sichuan se demandent ce que leur réserve l'avenir. Après l'effondrement de la mine où il travaillait, M. Zhang a pu trouver un travail sur le barrage, mais, après la fin des travaux de réparation, cela reste le grand point d'interrogation. «Il n'y a plus rien dans notre village et la mine ne pourra pas être rouverte», se contente de résumer, stoïque, ce quinquagénaire. Comme souvent dans une Chine qui réserve son développement à ses centres urbains, les campagnes attendent encore qu'on règle leur sort. Sur les ruines de leur village dévasté À Xiang'e, à quelques kilomètres de Dujiangyan, les paysans se sont reconstruit des cahutes sur les ruines de leur village dévasté. Ils dorment pour la plupart dans des tentes improvisées, réalisées avec des bâches, alors qu'en face se dressent une vingtaine de préfabriqués. «C'est pour les ouvriers de l'usine à charbon. Nous, on n'y a pas eu droit. Les paysans n'ont rien eu», s'exclame Li Fujian, propriétaire d'une petite échoppe. Les villageois devront sans doute attendre, le gouvernement a d'autres priorités, comme reconstruire les infrastructures, qui garantissent la reprise d'une activité économique et représentent une belle vitrine des progrès achevés. Une ligne de chemin de fer reliant Dujiangyan à Chengdu est d'ores et déjà prévue pour 2010. Vient ensuite la reconstruction des écoles. L'effondrement de la plupart des établissements scolaires, tombés comme des châteaux de cartes, avait provoqué l'émotion et la colère des parents de la région, qui avaient accusé les potentats locaux d'avoir réalisé des économies pour empocher quelques fonds de tiroir à l'occasion des chantiers. Pour la population, les aides du gouvernement devaient prendre fin au bout de trois mois - Pékin accordait 10 yuans (1 euro) par jour et par personne -, mais les familles les plus affectées toucheront normalement des allocations jusqu'en décembre. Là aussi, le flou demeure. Pour tout renseignement , vous pouvez contacter : « CARREFOUR FRANCE – SICHUAN » Association loi 1901 1, place Wagram - 78 600 – Maisons-Laffitte Tel /Fax : 01 39 62 07 12 Messagerie : francesichuan.bd@wanadoo.fr

11.08.2008

Après le tremblement de terre meurtrier de mai, le Sichuan relance sa dynamique économique

bb62f9f0dc136682d87e81689edd8aed.pngVous vous souvenez : le 12 mai 2008 un seisme de magnitude de 7.9-8.3Mw a touché la province du Sichuan en Chine à 14:28 heure local, (8:28 en France). Son épicentre était localisé dans le district de Wenchuan. 580f73349caf50914cc0e4cb2833c17a.jpgLe bilan de cette catastrophe est de 70 000 tués, 380 000 blessés et d'innombrables constructions détruites. 0c8bc6710befa15aa4fd532b1536c81a.jpgBien évidemment les lourdes séquelles du tremblement de terre de mai 2008 sont encore largement visibles. Il faudra plusieurs années pour reconstruire et bien plus pour que le traumatisme des habitants de la zone du sinistre s’estompe. Ceci étant la province souhaite continuer à aller de l’avant ! Les grands centres économiques du Sichuan n’ont pas ou peu été touché par ce tremblement de terre. Le Gouvernement du Sichuan et la Chambre de Commerce Internationale de la province ( CCPIT ) ont donc décidé d’organiser la foire internationale, prévue en mai dernier, des 27 au 30 octobre prochains. L’association Carrefour France Sichuan (ACFS ) a décidé d’être présente pendant cette très importante manifestation. Des structures d’aide à la recherche de partenaires sichuannais tant pour s’implanter que pour développer des actions de formation et service, conduire des actions de sourcing, … est disponible sur place. Et plus particulièrement :

- La CCPIT Sichuan, son Président Li Gang est membre de ACFS, et les services de la Chambre - Le Centre d’incubation de PME mis en place voici deux ans par l’Union Européenne avec une quinzaine de consultants et d’experts.
Ces 2 institutions mettent à la disposition des entreprises étrangères de nombreux services gratuits : Recherche et sélection de partenaires, produits, services, … organisation de rencontres avec les entreprises sélectionnées, mise à disposition de bureaux, de salles de réunion, de secrétariat, et à l’issue de ces rencontres une aide au suivi sur place des relations établies et ce par un consultant qui parle français. La Chambre de Commerce de l’Union Européenne ( CCEU ) est également présente au Sichuan. Le Président du bureau de Chengdu, Pascal Hermandesse, est français. La Chambre organise les 25 et 26 octobre le « EU – Sichuan Investment and Cooperation Conference » en partenariat avec le Bureau du Commerce du Sichuan ( DOFCOM ), avec au programme :
- Visite de la zone du tremblement de terre - Forum d’investissement et de coopération ou seront présentes de très nombreuses moyennes et grandes entreprises européennes implantées en Chine
Des réceptions et dîners organisés par le Consulat de France et le Gouvernement du Sichuan permettront d’échanger avec les plus hauts responsables de la province. La foire internationale ouvrira le 27 octobre. Après la cérémonie d’ouverture et la visite des halls des exposants se tiendra, organisé par la CCPIT, le « Western China International Cooperation Forum » D’autres forums se tiendront les jours suivants : Forum organisés par des municipalités de la province, du Gouvernement avec un forum sur « Culture et tourisme », forums organisés par des pays étrangers. Cette 9ème foire internationale est le grand événement d’échanges commerciaux du « Grand Ouest de la Chine ». Les Halls d’exposition vont couvrir un espace de plus de 100 000 M2. Il est attendu plus de 10 000 hommes d’affaires étrangers, et plusieurs centaines de milliers de visiteurs professionnels sichuannais et chinois. Un proverbe chinois dit : « Le chemin du Sichuan est plus difficile que de monter au ciel (蜀道难于上青天). » L’association Carrefour France Sichuan (ACFS) est là pour aider l'ascension. Pour toute question, vous pouvez vous adresser à: Bernard Debray francesichuan.bd@wanadoo.fr – 06 08 26 08 28

02.07.2008

Carrefour accroît sa participation dans une chaîne de supermarchés chinoise

Le groupe français doit acquérir 25% supplémentaires dans les supermarchés chinois Jiaguang. Une amélioration dans les relations franco-chinoises après des mois de tensions. Une opération d'à peine 3,7 millions d'euros. Faible montant certes mais symbolique. En disgrâce pendant plusieurs mois, le distributeur Carrefour semble retrouver un peu de sérénité en Chine. Il doit désormais acquérir 25% supplémentaires de la chaîne chinoise de supermarchés Jiaguang, basée dans le sud du pays. Carrefour accentue encore un peu plus son poids dans cette chaîne puisqu'il y détiendra désormais 80% du capital, après avoir racheté les parts de son partenaire Grandbuy. Ce dernier précise avoir approuvé la cession de ces 25%, pour 40 millions de yuans (3,7 millions d'euros) au distributeur français, dans un communiqué diffusé à la Bourse de Shenzhen. Le Taïwanais Uni-President China Holdings et une entreprise locale, Guangzhou Wansheng Entreprises, sont également actionnaires de Jiaguang avec 10% chacun, selon les médias chinois. L'accord doit toutefois encore recevoir l'aval du ministère du Commerce. Carrefour est présent en Chine depuis 1995 où il y livre une sérieuse bagarre avec le leader mondial du secteur, le géant américain Wal Mart. Carrefour a inauguré fin mai son 114e hypermarché dans ce pays. Huit employés de Carrefour-Chine condamnés pour corruption Huit employés ont écopé de un à cinq ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vins de fournisseurs de mai 2005 à juillet 2007 selon le quotidien China Daily. Responsables d'achats ou de rayons frais, ils touchaient des enveloppes pour choisir certains produits, en faire la promotion ou les disposer bien en vue. Carrefour avait lancé l'an dernier une enquête au sein de la centrale d'achat de Pékin et de sept magasins, avant de saisir la justice. Le groupe avait alors mis l'accent sur sa volonté de combattre les phénomènes de malversations au sein de l'enseigne. Le plus lourdement condamné, Liu Yong, 30 ans, responsable des achats de viande à Pékin, a annoncé son intention de faire appel, ayant rendu les 114.000 yuans (10.560 euros) illégalement perçus.

16.05.2008

Séisme en Chine: les entreprises françaises rivalisent dans l'aide aux victimes

Le séisme dans le Sichuan a provoqué un grand élan de soutien de la part des grandes entreprises françaises installées en Chine. Parmi elles, Carrefour et Auchan ont très vite offert une aide matérielle et financière. Une occasion également de redorer leur image... « Nous avons réagi dès lundi après-midi, peu après le séisme, sans connaître l'ampleur de cette catastrophe naturelle », explique Patrick Ganaye, vice-président de Carrefour-Chine. L'entreprise fut l'une des premières à proposer une aide aux sinistrés du tremblement de terre de lundi qui compte, à ce jour, plus de 50 000 disparus dans le centre de la Chine. Le groupe de distribution fut la cible récemment du mécontentement populaire chinois, à la suite du passage mouvementé de la flamme olympique à Paris, « sans doute parce que nous sommes omniprésents partout », comme l'expliquait il y a peu Jean-Luc Chereau, président de Carrefour-Chine. Le groupe détient quelque 114 magasins dans la plupart des grandes villes et provinces chinoises. Et même si le boycott chinois des magasins de Carrefour, mis en exergue à la fin du mois d'avril, semblait s'atténuer quelques jours avant la catastrophe naturelle, la société était encore considérée en situation délicate en Chine. « Les Chinois reçoivent avec beaucoup d'attention le soutien de Carrefour. Avec l'histoire récente du boycott, nous sommes d'ailleurs plus attentifs au geste de cette enseigne symbolique, qui a agi très rapidement, qu'aux autres entreprises françaises », souligne la responsable de rubrique économique d'un grand quotidien national chinois. Mais, sur internet, certains bloggeurs chinois remettent en cause le soutien de la société, jugé trop lent en comparaison avec d'autres entreprises chinoises, et dont le montant global du don est considéré comme insuffisant, « vis-à-vis de ce que gagne l'entreprise en Chine ». Ainsi, pour eux, « la crise de Carrefour n'est pas terminée, l'enseigne a manqué une occasion pour rehausser son image ». Dès le lendemain de la catastrophe, mardi, Carrefour avait déjà dépêché vers les zones dévastées dix camions de couvertures, tentes et eau. Un nouveau convoi est programmé dans les prochains jours. Après une première annonce de 200 000 euros par la Fondation internationale de Carrefour, Carrefour Chine a ajouté une aide de 100 000 euros. « L'histoire du boycott semble continuer », a pointé Patrick Ganaye, en référence à l'aide de son concurrent, le groupe Auchan. Ce dernier, qui avait annoncé au départ une aide de 500 000 euros, l'a finalement portée à un million d'euros. Une surenchère semble ainsi se développer entre les sociétés françaises pour gagner l'estime de la population chinoise. Schneider Electric, qui fut l'objet d'une dispute sur un brevet en Chine, sur fond de nationalisme chinois, vient de verser l'équivalent de 300 000 euros. Mais les dons sont aussi et peut-être surtout « un élan spontané, les entreprises souhaitent ainsi témoigner de leur responsabilité sociale aux côtés des autorités publiques », a souligné Annick de Kermadec-Bentzmann, présidente de la Chambre de commerce française en Chine. L'organisme, qui a créé un fonds de solidarité pour aider en priorité à la reconstruction des écoles détruites par le séisme, a récolté à ce jour l'équivalent d'un million d'euros en provenance des grandes entreprises comme Areva (200 000 euros), Loréal (100 000 euros), PSA (100 000 euros), et de 27 000 euros de dons des petites et moyennes entreprises françaises implantées en Chine. Suez a de son côté versé directement 160 000 euros à la municipalité de Chongqing. Le cimentier Lafarge a enfin fait un don de 1,5 million d'euros, notamment au bénéfice de deux villes touchées par le seisme et abritant une de ses cimenteries.

27.04.2008

Carrefour et Wal-Mart font rêver la ménagère chinoise

L'augmentation des revenus et de la consommation attire les deux poids lourds de la distribution mondiale. La bataille est rude. Des revenus disponibles en augmentation de 17 % dans les villes et de 15 % dans les campagnes l'an dernier. Des dépenses de consommation en progression de 20 % sur la même période. Plus que tout autre pays émergent, la Chine incarne la promesse d'énormes profits, en particulier pour les distributeurs. Sociétés nationales contre groupes internationaux, numéro un mondial contre numéro deux : le pays est à cet égard le théâtre de multiples opérations, visant toutes le même objectif : alléger les ménagères chinoises de leurs yuans. Si les groupes nationaux, tels que Wumart, tiennent encore la dragée haute aux ténors mondiaux en matière de chiffre d'affaires, les deux poids lourds, l'américain Wal-Mart et le français Carrefour, n'ont pas l'intention de baisser les bras. Entré en 1995 dans le pays, Carrefour dispose aujourd'hui de 122 hypermarchés et de 275 surfaces de hard discount. Arrivé un an plus tard, Wal-Mart affiche actuellement quelque 204 magasins de divers formats. Toujours à l'affût de nouvelles opportunités, le géant américain a raflé en 2006 le taïwanais Trust-Mart et sa centaine d'hypermarchés implantés dans l'empire du Milieu en surenchérissant sur l'offre de Carrefour. Mais Carrefour avait enregistré cette année-là une progression de 53 % de ses ventes (soit un total de 24,8 milliards de yuans, soit 3,2 milliards de dollars), contre une progression de 30 % pour les ventes de Wal-Mart avec un chiffre d'affaires de 15 milliards de yuan. de85a8a6628837e06dd0dc41eacde320.jpgCARREFOUR JOUE LA CARTE DES PRODUITS LOCAUX Le français a bénéficié de son positionnement sur les produits chinois de base, dès lors que les autorités chinoises ont cherché à doper la consommation locale. Mais l'américain, qui privilégiait les frites, le Coca-Cola, les Nike et Levi Strauss - même si ces produits estampillés " rêve américain " sont tous fabriqués en Chine - a réagi ces derniers mois. Il a par exemple installé des aquariums pour que les clients puissent attraper leur poisson : ils boudaient les barquettes préparées. En tout cas, les deux concurrents partagent la même volonté : celle d'atteindre une masse critique pour leurs volumes de ventes, de nature à leur permettre de faire des économies d'échelle et d'obtenir les meilleures propositions de prix de la part de leurs fournisseurs. L'eldorado est à ce prix.

21.04.2008

Carrefour réplique à l'appel au boycott en Chine

Pékin a autorisé des manifestations anti-occidentales pour protester contre le parcours erratique de la flamme olympique. Carrefour en est souvent la cible. Le distributeur s'apprête à lancer une grosse opération commerciale le 1 er mai. Alors que les opposants chinois à Carrefour avaient jusqu'ici limité leurs appels au boycott à l'envoi d'e-mails et de SMS, leur mouvement s'est structuré ces derniers jours. Un site anti-Carrefour a ainsi été lancé en fin de semaine, www.anti-jialefu.cn. Et des manifestations ont eu lieu devant plusieurs magasins du pays, dont à Wuhan. Pire : vendredi dernier, un drapeau français a été brûlé devant le magasin de Qingdao, ainsi qu'à Pékin, devant l'ambassade de France et le centre culturel français. La situation est prise très au sérieux par José Luis Duran. " Malgré quelques incidents localisés, nous n'avons pas senti à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires de nos 112 hypermarchés ", tempère toutefois le patron de Carrefour, dans une interview parue hier dans Le Journal du dimanche . Réputé pour vendre des produits bien meilleur marché que ses concurrents, Carrefour a réellement peu à craindre de cette agitation fomentée par des ultra-nationalistes et soutenue par les autorités chinoises. Dans un pays en proie à une inflation sans précédent depuis la fin des années 90 (+ 8 % durant le premier trimestre 2008 dont 21 % pour les produits agroalimentaires), les consommateurs chinois regardent de près les étiquettes et s'arrachent les promotions que Carrefour propose. Parfois au risque de leur vie : en novembre dernier, à Chongqing, au centre-est du pays, trois personnes sont mortes et trente et une ont été blessées dans une bousculade monstre lors dela promotion exceptionnelle debidons d'huile de cuisson vendus 11,5 yuans (1,1 euro) au lieu de 51,4 yuans. AVALISE PAR LE GOUVERNEMENT Cinq mois plus tard, en pleine tourmente, le groupe s'apprête à lancer une grosse opération de promotion, selon des informations obtenues en interne. Elles débuteraient le 1er mai, date prévue de lancement du boycott. Le succès commercial de Carrefour, le manque de représentativité des manifestants, contrairement à ce que laissent entendre les médias chinois et étrangers, et la conjoncture chinoise devraient donc inciter ses 2 millions de clients quotidiens à raison garder. Surtout que cet appel à boycott ressemble à s'y méprendre aux émeutes anti-Japon d'il y a trois ans. À la suite de la publication au Japon d'un livre d'histoire niant les crimes commis par l'empire du Soleil-Levant en Asie durant la première moitié du XIXe siècle, des groupuscules ultra-nationalistes avaient alors appelé au boycott des produits japonais en Chine. Là encore avec l'aval indirect du gouvernement. Mais en vain, tant les consommateurs chinois sont férus de mode japonaise.

20.04.2008

Chinese holding rallies to back Beijing Games

Source Xin Hua 20/04/2008 Tens of hundreds of overseas Chinese rallied Saturday in Paris, London, Berlin, Los Angeles and other cities to support Chinese government, and oppose biased Western media reportage of the Beijing Olympic torch relay as well as their distorted coverage of the recent riot in China's Tibet, which was instigated by the 14th Dalai Lama segments. 0ebf00c66dbac795057f0600584cf690.jpg Chinese protest against biased Tibet . Meanwhile, protests against "Tibet independence" continued in several Chinese cities on Sunday. Demonstrators were seen in the north western city Xi'an, the north eastern city Harbin and eastern city of Jinan, following Saturday's demonstrations in Beijing, Xi'an, Hefei, Qingdao, Wuhan, and Kunming, the Xinhua News Agency reported. In Los Angeles, more than 5,000 people gathered outside the Hollywood office of TV broadcaster CNN, to protest against one of the channel's commentators, Jack Cafferty, who described Chinese people as a "bunch of goons and thugs", and China-made goods as "junk". A statement issued by CNN on Tuesday paid lip service to address the rallying anger of Chinese all over the world over the insulting words of Cafferty, who many in China and other countries said is a racist. In Paris, more than 4,000 Chinese gathered on Saturday in the Place de la Republique wearing T-shirts daubed with the slogan "One China, One family". Many protestors, who came from across France and Europe, unfurled a banner showing wheelchair Chinese athlete Jin Jing who was assaulted by Tibetan extremists during the torch relay in Paris. Emotions ran high as many chanted "Go Beijing". "We're demonstrating against the disinformation in the French and western media, to promote the Olympic Games and to construct a bridge between the French and Chinese people -- and not a wall as the media do," said one of the rally's spokesmen, Thierry Liu. Some French also joined the Paris rally. A man surnamed Joseph, 60, said he had travelled often to China and that he was "defending the right to the truth," according to AFP. More than 1,000 people, mainly students, also gathered outside the BBC office in Manchester, northwestern England, while around 500 staged a demonstration outside the Houses of Parliament in London, police said. "I was in London ... during the torch relay on April 6 and we saw thousands of students coming from all over the UK just to support the torch relay and were really excited about that," London protestor Becky Qin said. "But when I went back to Cambridge and saw the recorded version of BBC News, we were disappointed to see nothing about the supporting groups at all." "It was as if the torch was just struggling its way through London and it was all about how people were so resentful about it," she said, adding that the broadcaster had provided "blurry numbers" about how many innocent people died at the hands of Tibetan rioters on March 14. Protests against "Tibet independence" continued in several Chinese cities on Sunday. Protestors gathered in front of outlets of the French supermarket chain Carrefour, chanting "Oppose Tibet independence", and "Oppose CNN's anti-China statements" on Sunday morning. Chinese police were monitoring the demonstrations, which had no effect on the supermarkets' normal operations, Xinhua said. 927f05e77e5346bda68526a1b9377509.jpgMore than 1,000 students and citizens in front of the Carrefour in Xi'an held banners, saying "Strongly oppose CNN's anti-China statements" and "Condemn Tibet secessionist in France tearing up the Five-Star Red Flag". They chanted "Support the Olympics", "Go China" and "Condemn CNN" through loudspeakers. Carrefour has been accused by Chinese Internet users of supporting the Dalai Lama group, which Carrefour China denied in a statement released on Wednesday. "Today's activity is simply an awareness-raising activity, aimed at finding a way out for the patriotic emotions of our students," said Wu Sheng, Xi'an resident and one of the organizers. "We do not support a boycott of French companies because the economy is globalizing. We choose Carrefour front doors only because we draw more attention there," Wu said. Et il est vrai qu'une fois les manifestations terminées, les clients sont revenus dans les magasins Carrefour.

17.04.2008

Une opération de propagande anti-française

Les autorités chinoises ont jeté le voile, apportant dans la presse officielle leur soutien aux appels à boycott des produits français qui circulent sur le Net. L'ouragan semble continuer à souffler sur Carrefour et les produits français. La déclaration de la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères laisse pourtant croire qu'elle est tout sauf spontanée. " Des Chinois ont récemment exprimé leurs opinions et leurs sentiments. Cela est tout sauf accidentel et la France doit y réfléchir ». De l'Ambassade de Chine en France - 15 Avril 2008.pdf La propagande du gouvernement chinois est en marche. Dans un pays aussi autoritaire et contrôlé que la Chine, le pouvoir politique central dispose, certes, d'une grande influence sur les affaires comme sur le comportement des consommateurs. Aigri après avoir été " poignardé dans le dos " par un État français jusqu'alors conciliant à son égard, Pékin entend ramener Paris au bercail. La tactique est usée, mais elle provoque toujours les mêmes remous. Comme il y a trois ans, tandis que le gouvernement cherchait à influer sur la politique de Tokyo, les groupes ultranationalistes chinois s'en étaient pris aux firmes japonaises, faisant circuler le message d'un boycott des produits nippons. Malgré les craintes du patronat japonais, ces tentatives de mobilisation n'avaient eu aucun effet : le made in Japan reste à la mode en Chine. Il y a un an, Angela Merkel avait dû subir les mêmes pressions de la part de ses interlocuteurs économiques après la visite du dalaï-lama. La chancelière allemande avait tenu bon, alors que Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner avaient refusé de rencontrer le leader religieux tibétain. Le temps lui avait donné raison : fin janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères se rendait à Berlin pour signifier à son homologue la reprise de relations normales. Si l’’état Chinois a les moyens de sanctionner les pays qui lui déplaisent, en refusant par exemple de leur confier quelques grands contrats - dans l'aéronautique, l'énergie ou les transports, l’économie a pris de l'autonomie. Les choix se feront sur des conditions économiques, technologiques, industriels, voire écologique. Les craintes concernant Carrefour paraissent d'ailleurs peu crédibles. Le distributeur français offre en effet des prix imbattables, d'où son franc succès auprès des consommateurs chinois de toutes les classes sociales. À l'heure où la Chine enregistre une inflation presque historique, il semble donc d'autant moins probable qu'ils iront dépenser plus ailleurs pour de simples questions idéologiques, mais ils achèteront selon leurs besoins et leurs moyens.

Appels au boycott des produits français sur les sites Internet Chinois

Des internautes chinois lancent des appels au boycott de produits et services français. Pour une fois, les internautes chinois ne sont pas muselés. Depuis plusieurs jours, les blogueurs s'en donnent à cœur joie pour appeler au boycott du géant français de la distribution Carrefour, mais aussi de LVMH, Christian Dior et Louis Vuitton, les symboles du «chic» français. Sohu.com, l'un des grands portails de l'Internet chinois, vient d'ouvrir un site ciblé sur la France. Des messages en ligne sur les forums chinois, des pétitions et des SMS sur les téléphones portables appellent à ne plus faire ses achats dans les hypermarchés Carrefour à partir du 1er mai. D'autres sites préconisent un boycott entre le 8 et le 24 mai. Le très officiel Quotidien du Peuple a quant à lui proposé «que les Carrefour de tout le pays deviennent déserts et silencieux le 1er mai. Xinhua - Calls for a boycott of French Products.pdf «Le peuple français et le gouvernement ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois (…) La Chine ne peut pas être insultée», peut-on lire sur les sites Internet. L'Ambassadeur de Chine à Londre déclare ainsi : "In China, what is hot at this moment on the Internet, for which China has 200 million users, is not only the attempts to snatch the torch but also some moving images of Jin Jing, a slim young girl, a Paralympic athlete in a wheelchair helped by an athlete with visual impairment. She held a torch with both arms to her chest as violent "protesters" tried repeatedly to grab it from her during the Paris relay. There is especially infuriated criticism of some of the mis-reporting of China in recent weeks like crafting photos or even using photos from other countries to prove a "crackdown". Ainsi il est possible de voir dans la presse chinoise : 2bc0965e9f8cb8c3930f39b45c5c1e7b.jpg"Overseas Chinese hold posters and China's national flags during a rally supporting 2008 Beijing Olympic Games and opposing "Tibet independence" separatist forces in Ottawa of Canada, April 13, 2008. Some 10,000 Chinese Canadians and Chinese students held a rally in Ottawa Sunday to voice anger at Tibetan separatists' violence in Lhasa and Western media's distorted coverage. "[Xinhua] L'appel au boycott a suscité des centaines de pages de commentaires positifs. Une étude publiée sur le portail NetEase affirme que 91 % des quelque 11 000 personnes ayant répondu soutiennent le boycott des produits français… Sur la Toile comme dans les médias et parfois dans la rue, l'État-Parti chinois ne tolère d'expression publique que celle qui rentre dans la ligne ou sert ses intérêts immédiats. La censure, officiellement, n'existe pas mais elle est omniprésente. Seul son feu vert peut expliquer le déchaînement antifrançais de ces derniers jours sur l'Internet. Côté français, l'heure est pour le moment à la sérénité. La Chine représente près de 9 % du chiffre d'affaires global de Carrefour. Le groupe, qui revendique deux millions de clients dans l'empire du Milieu, précise que 98 % de ses 40 000 salariés en Chine sont Chinois et que 80 % des produits vendus dans ses 122 hypermarchés locaux sont achetés auprès de 22 300 fournisseurs chinois. Hier, lors de l'assemblée générale de Carrefour, José Luis Duran, président du directoire, a rappelé que «Carrefour n'est pas sponsor des JO de Pékin» et que «le groupe ne prend jamais de position sur les sujets politiques et souhaite, comme beaucoup, que ces JO soient organisés sous le signe du partage et du progrès». Pas de commentaire Même son de cloche du côté du géant du luxe LVMH. «Le groupe ne s'immisce pas dans la politique intérieure chinoise. Ces appels n'ont donc absolument aucun fondement. Ils n'ont d'ailleurs aucune conséquence sur l'activité sur place, toujours en très forte hausse, et aucune inflexion sur le trafic de la clientèle», a réagi un porte-parole de Bernard Arnault. Présent en Chine de longue date, le groupe de santé Sanofi Aventis tient même à prendre ses distances vis-à-vis des donneurs de leçon français. «Nous avons été la première multinationale pharmaceutique à nous installer en Chine en 1982. Le pays était autrement plus compliqué qu'aujourd'hui et les Chinois ont fait depuis des progrès considérables. Nous respectons, partout où nous sommes, les autorités souveraines» , affirme ainsi un porte-parole de Sanofi Aventis. D'autres, comme le groupe de services aux collectivités Suez, très présent dans l'eau et la propreté en Chine, se sont refusés à tout commentaire. La nature des contrats (sur trente ou cinquante ans) signés par le groupe franco-belge ou son concurrent Veolia devrait les prémunir contre les menaces de boycott en Chine. Le pays est le neuvième client de la France et il a acheté l'an dernier pour quelque 9 milliards d'euros de produits français. Source Le Figaro 16/04/2008