08.09.2008

Comment gérer votre partenaire en Chine (3ème Partie)

Voici la 3ème Partie de notre présentation sur la "Gestion de son Partenaire en Chine".
Vous pouvez retrouver les deux premiers volets sur :
http://businessinchina.blogressources.com/archive/2008/09...
http://businessinchina.blogressources.com/archive/2008/09...

Les JV sont un mariage entre entreprises et comme dans n’importe quel mariage, les deux parties doivent y mettre du temps et de la bonne volontés. Après avoir conduit votre due diligence, négocié vos investissements et donné votre accord pour vous associer, vous aurez besoin de travailler sur le système de management.
Ce sujet est sensible et peut provoquer de nombreux débats avec des points de vue conflictuels. La conduite des affaires est naturellement mangeuse de temps, émotionnelle et stressante. C’est encore plus vrai dans un environnement multi culturel. Parfois les deux parties seront sûres de leur bon droit.
Avez-vous identifié les zones potentielles de divergence d’opinion et décidé en privé auprès de vos propres collègues étrangers ce que vous pourrez tolérer ou non ? Il serait bien trop long d’écrire noir sur blanc toutes les zones possibles de divergence, il est donc préférable de travailler sur celles pour lesquelles le partenaire chinois est à son aise. Cela relève du bon sens.

De nombreuses sociétés laissent l’entière conduite opérationnelle à la charge du partenaire chinois. C’est une grave erreur. Une nouvelle affaire doit avoir tout le soutient qu’elle peut avoir. Vous devez investir dans un manager étranger pour garder un oeil sur tout, surtout dans les débuts. La correction des systèmes, la comptabilité et le contrôle de qualité doivent tous être pris en considération. Vous avez des standards, assurez vous qu’ils sont respectés dans l’implantation et le fonctionnement de votre JV. La meilleure solution est de faire appel à un manager expatrié, pas nécessairement sur le long terme, mais au moins durant la période de développement initial. Cependant, le directeur général reste responsable des opérations liées à l’activité. Il est sage de choisir celui-ci parmi votre équipe.

Le management chinois
Sur le long terme, il vaut mieux pour une JV avoir une direction chinoise forte en place. La raison à cela est la différence des fondamentaux de la compréhension économique entre les managers chinois et expatriés.
Les managers chinois on une vision plus juste des coûts.
Prenez par exemple un billet de 100$ et un billet de 100 RMB.
Ils ont de nombreuses similarités. C’est la plus grosse coupure dans leur pays respectifs. Ils sont tous les deux à l’effigie du leader national. 100$ n’est plus considéré aux Etats-Unis comme une grosse somme d’argent. Cependant, en Chine, 100 RMB, reste un montant important même si d’après le taux d’échange il ne vaut que 14$. Les managers chinois ont donc une bien meilleure compréhension de ce que vaut un billet de 100 RMB par rapport à un manager expatrié et c’est une clé de succès dans les transactions financière quand on achète ou vend des produits ou des services en Chine.

Le problème opérationnel en management
Cependant, dans les positions clés, il est important de maintenir un équilibre, en général en fonction de la structure d’investissement. On doit se souvenir que l’influence des positions de force externes à la JV (comme le transfert de technologie) peut aussi avoir un impact significatif sur le management de la JV d’une perspective internationale ce qui pour le management chinois équivaut à décider du circuit de décision.

Le président
Généralement, il est d’usage culturel de donner cette position à un Chinois. Il jouera un rôle d’ambassadeur de la JV, ce qui peut être très efficace lorsque les choses doivent être faites localement.
Le management effectif diffère cependant de celui du tableau de bord. Si vous êtes en position majoritaire vous allez garder la même. Si vous êtes en position minoritaire, les Chinois détiennent le vote. Pour répondre à cela, voici un nombre de positons qui peuvent être prises.

Le directeur général
Le Directeur Général est responsable de la gestion des opérations avec le député général. Comme mentionné précédemment, il est censé prendre un vif intérêt dans ce rôle, toutefois en terme de tâches, il doit bien connaître les fondamentaux du marché chinois qu’un expatrié peut ne pas connaître. Cependant, si le manager général est Chinois, il faudra veiller à laisser un expatrié à proximité comme manager général officieux. Il est aussi possible de faire une rotation à ce poste tous les 2 ans pour le bien de l’équilibre et du développement, selon des circonstances du business.

Finance et administration
La question de savoir qui détient les rênes dans une société est un problème important. Il y a plusieurs réponses. Les transactions financière ne peuvent pas être résolues avec une seule solution, des parts supplémentaires sont aussi demandées. Les transactions limitées en accord avec la banque de la JV au-delà de certaines limites spécifiées sont aussi utiles. Vous ne voulez pas entraver l’administration financière de base ; vous devez cependant l’équilibrer avec prudence. En général doit être mise sous le contrôle d’un employé de confiance du département, lorsque la Société est placée entre les mains de la majorité des actionnaires. Les transactions au-delà d’un certain montant doivent demander de multiples signatures incluant celle des deux parties représentées.
Les problèmes liés à la JV ne sont d’habitude pas, sauf preuve du contraire, le résultat direct d’une erreur du management. Ils viennent plus souvent du personnel corrompu en position d’autorité, comme dans les achats ou les ressources humaines. Il est commun sur ces positions d’être corrompu et le cas échéant d’utiliser ce rôle en passant le contrat avec certains fournisseurs comme couverture, ou d’acheter délibérément à un prix élevé à une connaissance liée au business. La même chose peut arriver en ressources humaines avec des emplois fictifs dont les salaires sont payés et les fiches de paie décomptées.
Le management de la JV est une combinaison de plusieurs facteurs : donner à votre partenaire un deal suffisamment intéressant pour le garder honnête en affaires, rester attentif aux détails dans la gestion et spécialement la gestion financière et conserver la volonté et le désir de travailler avec le partenaire chinois. Des discussions constantes sur la direction à suivre et le développement sont aussi vitales. Une JV négligée par l’investisseur étranger va développer de sérieux problèmes. Celles qui sont gérées et structurées proprement n’en n’auront pas. Le but d’une JV est pour les deux parties par leurs efforts réunis de faire de l’argent– un but qui est bien souvent poussé d’un seul côté hors des mains du naïf ou de l’avare.

Les royalties
Cela peut être considéré comme une part de l’investissement. Protégez vous aussi – les brevets et marques de commerce doivent être correctement enregistrés en Chine comme étant votre propriété si vous voulez garder le contrôle au-delà de ces usages. Le transfert de technologie peut être payé sous forme de royalties par la JV – assurez vous que les contrats existent et que vous en comprenez les implications légales et fiscales.

La stratégie de rupture de contrat
Définissez clairement ce qui doit être considéré comme un volume inacceptable d’affaires (pertes sur plusieurs années consécutives, seuil de production, etc...) et faites les approuver et rédiger dans les articles du contrat. Ils n’y sont souvent pas et cela peut mener à des problèmes voir vous exclure de la JV si le gouvernement désapprouve vos évaluations de ce qui est ou n’est pas un commerce viable. Il y a plusieurs impératifs – conserver des emplois, collecte des taxe sur les revenus etc... Assurez vous que les performances économiques sont proprement identifiées comme la raison claire de rupture du contrat si les choses ne marchent pas comme prévu.

Résumé
Lorsque l’on accepte que gérer une JV chinoise peut être difficile, qu’il faut un planning prudent, une bonne due diligence et une bonne gestion d’équipe en place avec les deux parties motivées, les JV peuvent connaître des succès spectaculaires. C’est particulièrement vrai pour les investisseurs qui peuvent conserver un élément à la partie étrangère pour la technologie ou l’accès au marché étranger. Tout est plus précaire quand la JV est purement concentrée sur le marché domestique chinois – ici le partie chinoise pourra manipuler l’investisseur étranger, il faut donc rester très prudent. Ensuite, vous pouvez utiliser une JV pour ouvrir le marché local puis laisser le contrôle ou autoriser votre partenaire à vous racheter une fois que vos gains sont atteints. Mais cela ne devrait pas nuire au partenariat avec la compagnie chinoise dans l’atteinte des objectifs financiers sur le court terme ou empêcher son rachat. Les JV peuvent être immensément utiles localement pour établir un business dans une nouvelle zone en Chine et une fois le travail du partenaire effectué, la JV peut ensuite se convertir en une Société WFOE ou fusionner avec d’autres ventures pour créer un vrai marché national. Les JV peuvent être un bon marche pied pour des structures plus conséquentes et une fois opérationnelle à proprement parler, elles peuvent servir à l’apprentissage de l’environnement des affaires chinois.


Pour des conseils sur les JVs, sur l’évaluation des risques, la due diligence ou l’incorporation, pour un conseil professionnel veuillez nous contacter.

04.08.2008

Special J0 - 5

4ca113b66f764c4e4c86407ef7916264.jpgLes JO coïncident avec un essor du nationalisme chinois

Les JO sont l'occasion pour l'empire du Milieu de célébrer sa puissance retrouvée, et d'exprimer une unité qui ne va pas de soi.

C'est un mouvement profond, puissant, qui traverse la société chinoise : la fierté d'accueillir les JO s'accompagne pour les Chinois d'une renaissance de leur nationalisme. «Les Occidentaux font une erreur de jugement : ils surestiment la dimension communiste et ne prennent pas assez en compte le caractère excessivement nationaliste de ce peuple», explique René, un homme d'affaires qui vit depuis trois décennies à Canton.

Pour les Chinois, les Jeux symbolisent la fierté de la Chine qui, en trois générations seulement, s'est hissée dans le peloton de tête des grandes nations. Les Chinois ont le sentiment qu'est réalisée la profession de foi de Mao Tsé-toung, qui proclamait le 1er octobre 1949 sur la place Tiananmen : «La Chine enfin s'est levée !».

Parmi les jeunes, le nationalisme renaît avec une force qu'on ne lui avait plus connue depuis la naissance de la république de Sun Yat-sen, en 1911. Un sentiment difficile à définir, car, après trois décennies de bouleversements radicaux, personne ne sait plus qui est qui, en Chine. «Un film chinois des années 1970, titré “Amour difficile”, avait alors été censuré parce qu'un personnage y disait : “J'aime ce pays, mais ce pays m'aime-t-il ?”», raconte le juriste Zhao Guo-jun, avant de conclure : «La question aujourd'hui pourrait être : J'aime mon pays, mais où est mon pays ?»

Recherche identitaire
Les intellectuels les plus radicaux, tel l'universitaire Wang Xiaodong, prônent un isolationnisme et un bras de fer avec l'Occident, «parce qu'en réalité la Chine ne suit pas sa voie, mais celle des États-Unis», nous dit-il. Et d'ajouter : «L'armée chinoise ne doit pas être seulement une armée de défense. L'Occident s'oppose à nous ! Nous devons être capables d'influencer militairement d'autres pays avec lesquels nous commerçons.» Cet extrémisme commence à séduire de nombreux étudiants, qui vénèrent Wang Xiaodong. À défaut de pouvoir attaquer de front un gouvernement qui affiche son nationalisme, de nombreux intellectuels chinois se défaussent maintenant sur les États-Unis et l'Europe.

Ce patriotisme-nationalisme (les deux notions sont inextricables en Chine) surgit au grand jour dans tous les milieux. Le gouvernement chinois a interdit les tee-shirts «I love China» dans les stades pendant les Jeux olympiques, mais on trouve ce slogan affiché sur bien des poitrines dans les rues de la capitale. Certaines voitures arborent de petits drapeaux chinois, et les couleurs nationales fleurissent devant les portes des maisons. Sans jamais que ces manifestations ne revêtent le moindre caractère xénophobe.

Le juriste Xu Zhinyong estime que le gouvernement «a beaucoup nourri le nationalisme depuis dix ans». Manipulé ou pas, ce sentiment s'exalte sur l'Internet. Lin Feng, un jeune publicitaire, dirige «l'Alliance des patriotes», un site qui rassemble, prétend-il, «100 000 adhérents». Son but est de «défendre la souveraineté de la Chine». «Oui les menaces existent», affirme-t-il. Pendant l'organisation des Jeux, la Chine a-t-elle été attaquée ? «C'est évident, dit Li Feng, et le rôle joué par la France est incompréhensible.»

Dans l'empire du Milieu, alors que le communisme est enterré depuis longtemps et que l'Occident donne l'impression d'être antichinois, la recherche identitaire est évidente. À défaut de rêves, le nationalisme est l'une des expressions de ce malaise, à la fois défoulement admis par un pouvoir qui l'encourage, mais aussi rejet d'une mondialisation qui rabaisse la Chine à n'être que l'usine du monde. Mais il y a aussi des choses plus simples et naturelles derrière ce grand mouvement : «Les Chinois veulent reprendre confiance en eux-mêmes après deux siècles de malheurs, explique Lin Feng, car il y a beaucoup d'humiliation accumulée dans le cœur des gens.»

13.07.2008

Quand l'inconscient chinois s'exprimera...

L'édition se passionne pour l'empire du Milieu, à moins d'un mois des jeux Olympiques... Trois regards pour comprendre ce que pense la Chine aujourd'hui.
Dans un mois, tous les regards se porteront vers la Chine. Et il sera difficile d'échapper à la vision occidentale manichéenne qui en fait soit l'incarnation de la négation des droits de l'homme, soit le pays de Cocagne de la mondialisation. Mais au-delà de ce moment des jeux Olympiques et de la polémique sur le Tibet qui focalisent l'attention, comment la Chine se positionne-t-elle face à l'Occident qui la juge si souvent ? Souvenons-nous que ce n'est pas la Chine qui est allée vers l'Occident, mais l'Occident qui est venu à elle, pour tenter de la façonner à son image. L'injonction de Mao, appelant la Chine à " marcher sur ses deux jambes " et à ne pas oublier ses propres racines, a conduit le pays à adopter une sorte de double culture avec deux philosophies, deux cuisines ou deux médecines...
Si aujourd'hui le développement économique recouvre le pays d'un vernis occidental et tend à occulter cette bipolarité, l'inconscient chinois, pour être enfoui, n'en reste pas moins déterminant.

- Trois livres récents nous permettent une incursion de l'autre côté du miroir :

- 100 Mots pour comprendre les Chinois de Cyrille J.-D. Javary,
- Que pense la Chine ? de Mark Leonard et
- la Chine sur le divan d'Huo Datong.


Lacan disait : " L'inconscient est structuré comme un langage. " Le livre de Cyrille Javary, grand connaisseur de la Chine, procure une première approche de la culture chinoise au travers du langage, en sautant, par cent fois, d'un idéogramme à un autre. Le mot " France ", par exemple, se traduit par Fa guo, ce qui signifie littéralement " le pays de la méthode ". Le mot " Chine " (Zhong guo) renvoie quant à lui au pays " au centre du monde ". On en connaît l'expression plus courante : " empire du Milieu ". Que la Chine ait gardé ce nom, même à l'ONU, prend une tout autre signification à l'époque de la mondialisation : celle d'un pays qui entend reprendre aujourd'hui dans le monde sa place étymologique.
Il est aussi frappant de noter que la notion de liberté, dans sa conception occidentale, n'existe pas historiquement sous forme d'idéogramme unique, et a dû être construite tardivement sous la forme de deux caractères (zi you) dont la signification littérale est " ce qui a pour origine soi-même ". On comprend ainsi mieux pourquoi le dialogue autour de ce concept n'est pas si simple avec les Chinois, qui pourraient trouver dans cette définition de la liberté une justification pour imposer leur propre modèle. Selon Mark Leonard, ancien conseiller de Tony Blair et directeur exécutif du Conseil européen des relations extérieures, la Chine est sans doute " la puissance montante la plus consciente d'elle-même de tous les temps ". D'ailleurs, n'a-t-elle pas été jusqu'à élaborer une série d'indicateurs pour mesurer le " pouvoir national total " (PNT) qui inclut le poids économique, mais aussi militaire, diplomatique, politique et moral du pays ?
Le livre Que pense la Chine ? donne un aperçu très instructif des débats qui agitent les cercles intellectuels et politiques chinois sur trois grandes questions : le capitalisme, la démocratie et le rôle de la Chine sur la scène internationale. Inspiré par des entretiens avec plus de deux cents penseurs et responsables chinois, il retrace la façon dont la Chine s'est réellement émancipée des idées occidentales en matière d'économie, de politique et de pouvoir mondial. Alors que " l'Occident tout entier s'interroge avec passion sur la façon de gérer l'ascension de la Chine " en se demandant " comment s'y prendre pour que ce pays devienne comme nous ? ", l'auteur nous précise queles Chinois, eux, se demandent comment ils vont pouvoir gérer le déclin de l'Occident et " comment façonner au mieux le comportement des puissances occidentales pour promouvoir les intérêts et les valeurs de leur pays ".
Au capitalisme de la rivière des perles (référence à la région dans laquelle l'influence occidentale a été la plus grande), l'auteur oppose le nouveau " capitalisme du fleuve Jaune " qui pourrait bien devenir " un phare pour les pays en développement du monde entier ". Vu de Pékin, il ne fait aucun doute que les murailles restent nécessaires pour se protéger et éviter l'aplanissement de la Chine par la globalisation. The world is flat, oui, mais seulement jusqu'à la Grande Muraille. Mieux comprendre les différences et les ressemblances existant entre la culture occidentale et la culture chinoise, c'est ce que propose Huo Datong, ancien garde rouge, qui, après avoir étudié en France, est devenu le premier psychanalyste installé en Chine. Il nous explique quela psychanalyse était totalement inexistante il y a encore quinze ansen Chine, car la morale chinoise,empreinte de confucianisme, défend de critiquer ses parents, limitant de ce fait le dialogue au sein du cercle familial.

ASSUMER SES RACINES
Sans compter que si la confession orale est centrale dans la tradition chrétienne, elle ne l'est pas dans la tradition bouddhiste et taoïste. L'inconscient chinois n'a donc pas jusqu'à présent été " autorisé " à s'exprimer. Même si ce livre observe la Chine à travers le prisme de la psychanalyse, c'est en fait l'ensemble des sciences sociales qui est convoqué pour comprendre comment les Chinois appréhendent leur entrée dans un capitalisme mondialisé où " le Dieu Argent " s'est brutalement substitué à l'idéologie communiste. Cette mutation a conduit à l'éclatement de la cellule familiale traditionnelle alors même que la politique de l'enfant unique faisait peser une pression parentale accrue sur les épaules des jeunes Chinois. Néanmoins, cette nouvelle génération tournée vers le futur, qui n'a pas peur d'assumer ses racines, pourrait bien être celle qui remettra au premier plan la singularité chinoise, reléguant l'occidentalisation de ces dernières années au rang d'une simple phase de transition.
Et quand l'inconscient chinois s'exprimera, il pourrait bien influencer l'Occident plus que l'Occident ne l'a jamais influencé.


" 100 Mots pour comprendreles Chinois " de Cyrille J.-D. Javary (Albin Michel), " Que pense la Chine ? " de Mark Leonard (Plon) et " la Chine sur le divan " d'Huo Datong (Plon).

03.05.2008

Un promeneur, à Pékin, aujourd’hui.

La Chine : de Mao aux J.O.

24a951966464cffed6ed2b7917e083a5.jpgA l'école de l'obéissance
Dès le primaire, les élèves chinois apprennent à respecter (et à imposer) la discipline.

Au départ, le passé : la place Tian Anmen, centre de gravité de la ville, où trône encore Mao. A l’arrivée, l’avenir : le site des Jeux olympiques de 2008.

Entre ces deux points : une ligne droite de 9 km, rigoureusement sud-nord, axe central d’une ville obsédée par la symétrie. Suivre ce fil rectiligne qui partage Pékin, c’est distribuer histoire et présent, ordre et désordre, pauvreté des hutongs et luxe arrogant de la nouvelle puissance économique, destructions brutales et frénésie de construction, parcs harmonieux et flots de voitures. Voilà pour le cadre.

Dans ce cadre, au gré de ses rencontres, le promeneur partage le quotidien des Chinois en 2008, et interroge leur rapport à leur propre histoire : comment vivre avec les traces du passé quand le passé (la révolution culturelle, le massacre de Tian Anmen…) est tabou ? Comment rester Pékinois et Chinois, quand on détruit la maison du premier, en n’offrant au second, en compensation, que le culte de l’argent, ou celui de la nation ? Les questions sont graves, les réponses variées, mais elles se nappent souvent de gouaille et d'humour...
Au terme de ces neuf kilomètres en tous cas, le promeneur éclairé aura compris que derrière les paillettes olympiques et l’ode du parti à la modernité, il y a une logique de fer. Celle qui oblige tout un peuple à ne pas s’écarter d’un pas, justement, de cette avenue rigoureusement rectiligne qui va de Mao aux J.O.