15.08.2008

EDF finalise un accord nucléaire avec la Chine

Le refroidissement temporaire des relations entre Paris et Pékin n'a pas porté préjudice à EDF. Le groupe français a finalisé un accord stratégique avec China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), portant sur la construction de deux centrales nucléaires, révélé en novembre 2007 à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine. « L'accord de plusieurs milliers de pages qui aborde de nombreux sujets, dont la gouvernance d'entreprise, doit encore recevoir l'ultime ap­probation des autorités chi­noises », tempère ­Hervé Ma­chenaux, directeur d'EDF pour l'Asie et le Pacifique. Ainsi à Taishan dans la province de Guangdong, EDF va devenir non seulement cons­tructeur et opérateur dans l'empire du Milieu mais également, et c'est la première fois, investisseur dans la production nucléaire. EDF dé­tiendra 30 % de la coentreprise dénommée Guangdong Taishan Nuclear Power Joint Venture Company Limited. Le groupe investira plus de 600 millions d'euros lors des quatre prochaines années. Les deux réacteurs EPR de 1 600 mégawatts seront identiques à celui de Flamanville. Ils sont vendus par Areva pour environ 8 milliards d'eu­­ros, (avec le combustible). Alstom participe également à ce projet. La construction débutera à l'automne 2009, alors que la première unité entrera en fonction en 2013 et la deuxième en 2015. Quatre pays cibles Si les observateurs notent que la finalisation de l'accord intervient peu après la venue de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, EDF reste néanmoins l'un des rares groupes mondiaux capables de fournir une telle expertise dans le domaine du nucléaire. De plus, EDF entretient des relations étroites avec la Chine. Le groupe a déjà exercé un rôle de maître d'œuvre pour les centrales de Daya Bay et de Ling Ao. Pour EDF, cette opération est un cap décisif. L'entreprise dirigée par Pierre Gadonneix légitime ainsi ses ambitions mondiales. EDF, confronté à la saturation du marché français, a toujours affirmé qu'il s'était fixé quatre pays cibles : la Chine, les États-Unis, l'Afrique du Sud et la Grande-Bretagne. La signature de cet accord tombe d'ailleurs très opportunément après la fin des discussions avec British Energy. A suivre sur : www.businessinchina.blogressources.com

20.06.2008

Pékin relève le prix de ses carburants

Selon la Banque mondiale, la Chine n'atteindra pas les 10 % de croissance en 2008. Et peut-être moins si les Chinois paient l'essence beaucoup plus cher. La Chine a décidé hier de remonter les prix des carburants (de 145 dollars la tonne) ainsi que ceux du fioul et de l'électricité. Le gouvernement avait déjà autorisé en novembre dernier une hausse de 10 % face aux plaintes des raffineurs après avoir interdit toute hausse des tarifs à la pompe pour limiter les effets sur l'inflation... Cette mesure, loin d'être symbolique, a eu pour effet de faire reculer le prix du baril de brut de 4,75 dollars sur le New York Mercantile Exchange. En fait, l'envol des prix pétroliers coûtait particulièrement cher à Pékin dans la mesure où les autorités subventionnaient les raffineurs à un coût exorbitant (s'ils étaient restés à leurs niveaux actuels, les prix internes auraient coûté en 2008 quelque 1,2 % du PIB). La question est désormais de savoir quel sera l'impact de cette décision sur une économie dont la croissance devait déjà être amputée cette année de 0,8 point du fait de la hausse des prix du pétrole . Des subventions directes aux consommateurs permettraient d'améliorer l'efficacité énergétique et la qualité de l'environnement ", tout en n'affaiblissant pas trop leur pouvoir d'achat. UNE INFLATION GENERALISEE Reste la question de l'inflation qui, selon la Banque, pourrait devenir une préoccupation réelle. Avec la hausse des prix des produits alimentaires, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières favoriserait une inflation plus généralisée,qui atteindrait 7 % en 2008 (contre 4,8 % en 2007). Sauf si la demande des consommateurs baisse de manière plus importante que prévu..., ce qui pourrait être le cas avec le relèvement des prix internes, la croissance devrait ainsi atteindre 9,8 % sur l'année après quatre années à plus de 10 %.