02.08.2008
Chine : les dessous de la censure du web
Filtrage sur les infrastructures techniques, pressions sur les sociétés internet qui veulent avoir des activités en Chine, 30 000 policiers pour traquer les contenus illicites... La Chine a déployé un vaste arsenal pour contrôler l'internet, notamment lors des JO.
Sans surprise, internet va demeurer un espace très surveillé en Chine, y compris pendant les Jeux Olympiques. Les journalistes présents sur place n'auront droit qu'à un accès limité au Net, tandis que la police du pays traque de plus en plus ardemment les cyberdissidents.
La façon dont le système répressif fonctionne en Chine est bien connu : le gouvernement a fait appel à diverses sociétés pour bâtir un gigantesque pare-feu, dès le développement de l'internet. Installé sur les différents points de connexion entre l'infrastructure chinoise et le réseau mondial, il permet aux organes gouvernementaux de bloquer l'accès aux sites considérés comme subversifs.
Le déploiement de ce système de surveillance a déclenché de nombreuses polémiques car la technologie a été fournie à la Chine par plusieurs entreprises occidentales, comme Cisco.
Une charte d'autorégulation
Parallèlement, toute société opérant sur internet en Chine - fournisseur d'accès internet, éditeur de site ou hébergeur - doit se conformer à certaines obligations de filtrage et de surveillance des contenus, via une charte dite d'autorégulation.
Google, Yahoo ou encore Microsoft se sont retrouvés sur la corde raide, l'année dernière aux Etats-Unis, pour leur coopération active à cette censure, condition sine qua non pour pouvoir poursuivre leur activité en Chine. Et malgré leur promesse de ne pas céder aux pressions du gouvernement chinois, peu de choses ont depuis évolué dans leurs pratiques.
En octobre 2007, RSF publiait par ailleurs un rapport qui décortiquait les arcanes de la censure chinoises : sur le plan national, il existe ainsi cinq organes de surveillance et de contrôle de l'internet, qui envoient directement leurs ordres aux sites internet via SMS, e-mail ou encore messagerie instantanée. Le tout pour contrôler ou stopper la diffusion d'informations jugées dangereuses ou subversives.
Des moyens de contournement
Le document montrait aussi comment les cadres de sociétés internet telles que Yahoo, Baidu ou Sohu doivent faire une fois par semaine un compte rendu détaillé de leurs activités à ces organes. Au total, ce sont près de 30 000 policiers du Net qui surveillent en permanence le réseau, selon les données de l'AFP.
Illustration de la terrible efficacité de ce dispositif : lors des émeutes au Tibet de mars 2008, le gouvernement a purement et simplement bloqué l'accès au service de vidéo en ligne YouTube, car le site hébergeait plusieurs dizaines de séquences témoignant de la violente répression.
Mais certains trouvent des parades pour échapper à la censure. Les internautes tentent d'utiliser des VPN (virtual private network) ou des serveur proxy. Mais ces techniques sont maîtrisées par une part infime de la population. Selon de récentes statistiques, moins de 5 % des internautes chinois utilisent des proxy .
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14.06.2008
La Chine s’attaque aux images volées des JO
La Chine a lancé une campagne pour éviter la diffusion d'« images volées » durant les jeux Olympiques sur les sites internet, a indiqué un responsable chinois, cité vendredi par les médias. La campagne, lancée jeudi et qui va durer jusqu'au 15 octobre, vise à empêcher la diffusion d'images des JO par toute personne ou média qui ne bénéficie pas des droits de retransmission, a précisé Xu Chao, un haut responsable de l'Administration de la propriété intellectuelle. Les contrevenants s'exposent à une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 yuans (plus de 9.300 euros). Les sites de partage vidéo seront particulièrement surveillés lors de cette campagne menée par l'Administration de la propriété intellectuelle, la police et le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information, a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle. Les autorités comptent aussi sur la collaboration du public, qui pourra appeler un numéro de téléphone spécial.
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05.06.2008
Les domaines dangereux du Net
Tous les domaines ne sont pas égaux sur Internet: les sites Web dont l'adresse se termine par ".hk" (Hong Kong), ".cn" (Chine) ou ".info" (information) sont statistiquement les plus dangereux pour le visiteur car les conditions d'attribution sont insuffisamment strictes, affirme l'éditeur américain de logiciels antivirus McAfee dans une étude publiée mercredi.
Il semble que les centaines de sociétés qui distribuent les adresses se montrent moins regardantes sur la sécurité pour certaines extensions que pour les autres. Les auteurs de courriels non sollicités (spam), de virus et autres cyberdélinquants profitent du laxisme de sociétés qui veulent surtout encaisser de l'argent et s'imposer sur le marché.
Ainsi, sur tous les sites en ".hk" testés par McAfee, 19,2% sont déclarés dangereux ou potentiellement dangereux pour l'internaute, de même que 11,8% de ceux en ".cn", 11,7% de ceux en ".info", mais aussi 6,8% de ceux en ".ru" (Russie) et 6% de ceux en ".ro" (Roumanie). Alors que l'on tombe à un peu plus de 5% pour les sites enregistrés sous ".com", l'extension la plus populaire de la Toile.
Les domaines les plus sûrs sont ".gov" (sites du gouvernement américain), avec seulement 0,05% de sites dangereux, ".jp" (Japon; 0,1%), et ".au" (Australie; 0,3%).
"Mon conseil aux internautes est que si vous cherchez désespérément un anti-dépresseur au meilleur prix et que le vendeur se termine en '.cn', ne l'achetez pas. Ne le faites pas", résume Shane Keats, analyste et principal auteur du rapport McAfee. Nombre d'escroqueries concernent en effet de soi-disant sites pharmaceutiques.
Le rapport de McAfee est basé sur l'analyse de 9,9 millions de sites Web enregistrés dans 265 domaines de pays et domaines génériques, en fonction notamment de la présence de codes informatiques malveillants, de fenêtres publicitaires intempestives ou de formulaires alimentant du spam.
Après avoir dressé la liste des extensions de nom de domaine, des pays les plus risqués sur Internet, voici le nouveau classement des mots-clés . Où l'on apprend que 42% des recherches avec le mot-clé « screensavers » (économiseurs d'écran) mènent à des sites jugés dangereux. Ou que les noms de logiciels de peer-to-peer, comme « BearShare », « LimeWire » et « Kazaa », sont à fuir. D'après McAfee, 4% des résultats de recherche mène à des sites dangereux, contre 5% l'an dernier.
Les sites dangereux exposent l'internaute à des spywares, des virus, à une surcharge de pop-up, à du spam ou à toute autre menace.
Source :AP
10:15 Publié dans Clin d'Oeil ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Internet, Web
08.05.2008
Pékin ne garantira pas un accès libre à internet durant les JO
Les autorités chinoises ne garantiront pas qu'elles n'opèreront pas de censure sur le réseau internet au moment des Jeux olympiques cet été à Pékin, pas plus qu'elles ne garantissent d'éradiquer le piratage des produits dérivés des JO, ont déclaré jeudi des responsables chinois.
Wang Wei, vice-président du comité organisateur des JO de Pékin, avait promis que les médias auraient une "entière liberté" de couverture de l'événement, mais les organisations de défense des droits de l'homme ont régulièrement critiqué le fait que la Chine ne respectait pas son engagement.
La Chine contrôle étroitement l'utilisation d'internet, en forte augmentation dans le pays. Les autorités bloquent ainsi l'accès à des sites jugés antigouvernementaux, comme ceux du mouvement spiritualiste Falun Gong ou ceux des organisations prônant l'indépendance du Tibet.
"Nous garantirons autant que faire ce peut" que les sites ne soient pas bloqués au cours des Jeux olympiques, a déclaré le ministre chinois de la Technologie, Wang Gang, lors d'une conférence de presse tenue alors que la flamme olympique venait d'arriver au sommet de l'Everest, le point culminant du monde.
"Je ne dispose pas d'informations claires quant aux sites qui seront fermés ou surveillés. Mais pour protéger la jeunesse, il existe des contrôles sur certains sites internet malsains".
"Chaque pays limite l'accès à des sites internet. Même dans les pays développés, tous les sites ne sont pas accessibles", a ajouté le ministre.
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