21.08.2008

Jeux Olympiques : le défi démesuré de la Chine

Pékin a dépensé 42 milliards de dollars (26,7 milliards d'euros) pour réussir ses olympiades, soit presque trois fois plus qu'Athènes.
Habituelle dans les villes olympiques, la polémique sur le coût des Jeux ne s'est pas embrasée cette année à Pékin.
Les olympiades qui se déroule actuellement dans la capitale chinoise sont pourtant les plus chères de l'histoire. Le pays, encore en phase de développement avec un PIB par habitant inférieur à 2.300 dollars par an, aurait dépensé pour réussir les deux semaines de compétitions sportives près de 42 milliards de dollars, soit près de trois fois les sommes dépensées par Athènes (15 milliards de dollars) pour ses Jeux de 2004. Pour préparer 2012, la ville de Londres aurait, elle, prévu un budget de 15,8 milliards de dollars.
Quelques jours après le tremblement de terre au Sichuan, qui a fait près de 70.000 morts, quelques commentateurs ont brièvement évoqué le caractère irréel des investissements olympiques. Sans chercher la confrontation avec un pouvoir ultrasensible sur ce dossier, ils ont appelé le gouvernement à modérer ses dépenses pour mieux alimenter le chantier de reconstruction de la province dévastée, qui pourrait coûter, selon les dernières estimations, 9,3 milliards de dollars. Ces rares points de vue n'ont toutefois pas été commentés sur les forums chinois habituellement prompts à s'enflammer.
Si le strict contrôle de la parole sur l'Internet chinois explique en partie le peu de critiques publiques, la structure des dépenses orchestrées pour les Jeux, par les autorités aurait également contribué à modérer le débat. « La grande majorité de l'argent dépensé ira dans des infrastructures permanentes. Des investissements qui, selon nous, seront productifs pour l'économie chinoise ..

8,4 milliards pour le métro

Avec une population en croissance de 16 % entre 2000 et 2006, Pékin devait de toute façon se lancer dans un grand programme de modernisation de ses infrastructures. Sous-développé, le métro de la ville ne parcourait jusqu'ici que trois lignes. Après des travaux estimés à 8,4 milliards de dollars, il comprend désormais 8 lignes qui courent sur 198 kilomètres. Toujours engorgé, l'aéroport de Pékin va, lui, profiter du nouveau terminal 3, le plus vaste du monde, qui peut accueillir 80.000 passagers par jour. A lui seul, le nouveau bâtiment a coûté 3,65 milliards de dollars. 1,8 milliard de dollars seulement auraient finalement été mobilisés pour la construction des sites olympiques. Une broutille pour un pays qui devrait générer cette année un PIB de près de 4.000 milliards de dollars. De plus, cette somme n'aurait été prise en charge que pour moitié par le gouvernement, qui a tenté de mobiliser plusieurs sources de financement, chinois d’outre-mer, entreprises, ….l'engouement des sponsors et la vente de l'intégralité des tickets, font que les olympiades de Pékin pourraient s'imposer parmi les Jeux les plus réussis sur le plan financier ».
Les 11.441 athlètes, les 20.000 journalistes étrangers, les dizaines de milliers d'officiels et les 80 chefs d'Etat présents à la cérémonie d'ouverture (contre une trentaine à Athènes) ont découvert une cité moderne, loin des clichés jaunis ancrés dans les inconscients occidentaux. Ils ont atterri dans le plus grand terminal aérien de la planète, dessiné par l'architecte Norman Foster, avant de prendre un train rapide ou d'emprunter l'une des autoroutes à huit voies qui desservent le centre-ville, hélas très pollué, d'une mégapole de 16 millions d'habitants. Ils n'apercevront ni les grands vélos noirs de la marque Pigeon volant, de l'ère maoïste, ni le labyrinthe des anciennes « hutongs », ces étroites ruelles qui faisaient le charme de la capitale impériale. Ils ne verront qu'un ballet interminable de berlines japonaises, américaines ou allemandes par millions, empruntant une kyrielle de voies rapides et les périphériques, le long de gratte-ciel rutilants ou de vieux immeubles carrés repeints pour l'occasion. La Chine a changé.

Financièrement très rentable

Antonio Samaranch, le président du CIO à l'époque, ardent défenseur de la candidature chinoise, pouvait se frotter les mains. Cette décision serait financièrement très rentable pour l'olympisme. C'est en effet le cas. Le mouvement olympique aura perçu 4,5 milliards de dollars (2,86 milliards d'euros) en droits divers durant les quatre dernières années (2004-2008). Seuls les télévisions et les sponsors financent les Jeux. Mais le CIO redistribue 94 % de ses bénéfices. Le CIO reverse 1 milliard de dollars au comité d'organisation et 3,5 milliards aux fédérations, d'une part, et aux comités nationaux , d'autre part. » De son côté, le Bocog, dont le budget pour l'organisation de ces Jeux se monte à 2 milliards de dollars, n'espère pas moins rentabiliser son propre programme de sponsoring avec la bagatelle de 35 partenaires. La plupart sont des entreprises nationales, mais des sociétés comme Adidas ou Volkswagen ont trouvé là un moyen d'investir l'immense marché chinois pour 1 milliard de dollars, soit 28,5 millions chacune. Pas rien. En plus de leur contribution financière, les partenaires du Bocog fournissent une aide en nature : 5.000 véhicules pour le constructeur allemand, et les tenues de 40.000 volontaires pour la marque aux trois bandes.

14.04.2008

Patriot Games : Nobody wins when nations play politics with Olympics

The idea of Olympic boycott as political protest goes back at least to 1956.
Le "Boycott" comme outil politique remonte à 1956.


Article en Anglais et en Français.

Several European countries refused to go to Melbourne because the Soviet Union had crushed the Hungarian uprising, while some Middle East nations stayed away because of a fight over control of the Suez Canal.
All these years later, it's not clear how keeping athletes out of a track meet in Australia was supposed to affect postcolonial politics in Egypt. But by the 1970s and 1980s, boycotts were as much a part of the Olympics as spandex is today. The U.S. boycotted the Moscow Olympics. The Soviets boycotted the Olympics in Los Angeles. African nations boycotted the Montreal Games because New Zealand refused to boycott South African rugby. And rugby's not even an Olympic sport.
Boycott fever lifted with the end of the cold war. The Olympics turned to simpler concerns like doping and bribery. But with China's recent crackdown on dissenters and Tibetan nationalists, the first murmurs were heard of a possible boycott of this summer's Beijing Games.
French President Nicolas Sarkozy said he could not "close the door" to the possibility that he might skip part of the Beijing Olympics. Hollywood figures Steven Spielberg, Richard Gere and Mia Farrow have invoked the idea of a boycott for reasons ranging from Tibet to Darfur. Meanwhile, protesters are disrupting the winding path of the Olympic torch from Greece to the opening ceremonies.
Perhaps the temptation to declaim on such a grand stage is too much to resist. And because the Olympics have become a sort of debutante ball for nations entering the global élite, governments must ask whether mere attendance confers a stamp of approval on the host.

The boycott logic is easy enough to follow. But boycotts are empty gestures. Governments boycott, athletes suffer, and the only thing that changes is that the credibility of the Olympics as a festival of goodwill suffers another dent. Jesse Owens had the right idea. In 1936 he led the U.S. team at Hitler's Berlin Olympics--a black man in the land of Aryan supremacy. His four gold medals proved that quiet excellence can be a most eloquent statement.
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Plusieurs pays européens ont refusé d'aller à Melbourne parce que l'Union Soviétique avait écrasé le soulèvement hongrois, pendant que quelques nations de l'europe de l'est ne s'y sont pas rendues sur le sujet du contrôle du Canal de Suez.
Après plusieurs années, ce n'est pas sain de penser que d'exclure des athlètes d'une rencontre d'athlétisme en Australie, ait eu une influence sur la politique postcolonial en Egypte. Mais durant les années 1970 et 1980, les boycottages étaient comme beaucoup une partie des Jeux Olympiques. Les Etats-Unis ont boycotté les Jeux Olympiques de Moscou. Les Soviets ont boycotté les Jeux Olympiques à Los Angeles. Les nations africaines ont boycotté les jeux de Montréal parce que la Nouvelle Zélande a refusé de boycotter l'équipe de rugby de l'Afrique du Sud. Et le rugby n'est même pas un sport Olympique.
La fièvre du boycottage a été amplifiée avec la fin de la guerre froide. Les Jeux Olympiques tournés aux inquiétudes plus simples politiquement mais tout aussi importante, comme la drogue ou la corruption. Mais avec la répression récente de Chine sur les dissidents et les nationalistes du Tibet, les premiers murmures ont été entendus comme un boycottage possible des Jeux de Beijing de cet été.
Le Président Nicolas Sarkozy a dit qu'il ne pourrait pas fermer la porte " à la possibilité qu'il puisse envisager un message lors des Jeux Olympiques de Beijing". Le départ de Steven Spielberg, Richard Gere et Mia Farrow ont invoqué l'idée d'un boycottage afin de s'aligner sur les actions au Tibet mais aussi au Darfur. Pendant ce temps, les contestataires interrompent le transfert du flambeau olympique, entre sportifs, et c'est désolant pour eux.
Et parce que les Jeux Olympiques sont devenues une sorte d'entrée de bal pour les débutantes ( "nations"), qui se voient ainsi entrées dans la cours des "grands", les gouvernements doivent se poser la question si réellement l'olympisme et ses valeurs représentent autre chose que leurs ambitions politiques.

Boycotter une logique facile a suivre. Mais les boycottages sont des gestes vides.
Les Governements boycottent, et les athlètes souffrent; la seule incidence par ces positions sont la crédibilité des Jeux Olympiques comme un festival de bonne volonté sportive. - Jesse Owens avait la bonne idée. En 1936 il a mené l'équipe Américaine aux Jeux Olympiques de Berlin de Hitler--un homme noir dans la terre de suprématie aryenne. Ses quatre médailles d'or ont prouvées que cette excellence tranquille peut être une déclaration plus éloquente.