27.10.2008

Chine: pourquoi la croissance freine

Le PIB de la Chine a enregistré une croissance de 9,9% en glissement annuel lors des trois premiers trimestres de cette année. Sur l'ensemble de 2007, la croissance s'était établie à 11,9%. La Bourse de Shanghai a perdu 70% depuis un an.

La croissance ralentit en Chine, est ce déjà l'effet de la crise ?
Non, ce n'est en tous cas pas l'effet direct du ralentissement de l'économie mondiale, et c'est cela qui est assez inquiétant. Si on regarde bien les chiffres, on s'aperçoit que les exportations ont continué de progresser en septembre, de plus de 20% et que la Chine a enregistré un excédent commercial record sur cette période.

Le ralentissement de l'économie chinoise n'est donc pas causé par la baisse de la demande étrangère, mais trouve plutôt son explication dans la perte de confiance des entrepreneurs, qui anticipent les effets de la crise sur l'économie chinoise.

Comment expliquer cette perte de confiance ?
Durant les six premiers mois de l'année, les profits des entreprises ont connu une importante décélération. C'est la hausse des coûts de production, notamment de l'énergie et les salaires, qui explique cette dégradation. Les entrepreneurs chinois sont donc confrontés à une baisse de la rentabilité de leur activité, et ils savent que ça ne va pas s'améliorer avec la détérioration de la conjoncture mondiale.
Pourquoi ?
Depuis 2003, les exportations comptent pour 2 à 3 points dans la croissance de la Chine, ce qui est considérable. Quand le ralentissement de l'économie mondiale aura atteint la Chine, c'est à dire quand la baisse de la demande touchera les exportations, on peut s'attendre à une nouvelle baisse de la croissance chinoise.

On tomberait alors autour de 7-8%. C'est dangereux ?
On considère que la croissance minimale dont a besoin la Chine est d'environ 7%. En dessous de ce seuil, le pays ne crée pas assez d'emplois, notamment pour absorber l'arrivée des migrants ruraux qui viennent chercher du travail dans les villes. De plus, la population chinoise est habituée, depuis vingt ans à avoir une amélioration notable de son niveau de vie, en dépit des inégalités croissantes elles aussi. En cas de fort ralentissement de la croissance, ce sont les catégories sociales déjà les moins favorisées qui seraient particulièrement affectées et verraient leurs conditions d'existence se dégrader, ce qui provoquerait des tensions sociales. Avec des effets cumulatifs sur la croissance, puisque le pouvoir d'achat diminuerait.

Que peut faire le gouvernement pour éviter cela ?
Ses marges de manoeuvre sont assez importantes, car il n'y a pas de problème de déficit budgétaire en Chine - le budget 2007 était en excédent. Pour éviter la baisse des exportations, le gouvernement peut les stimuler en accordant des rabais de TVA aux entreprises qui vendent à l'étranger. Le gouvernement pourrait aussi lancer un programme de grands travaux d'infrastructures, dans les transports par exemple pour soutenir la demande intérieure. Il a déjà entrepris de soutenir la demande des ménages, en accordant des réduction d'impôts aux paysans et en développant la sécurité sociale. En étendant le système de protection sociale, contre le chômage ou la maladie, on peut débloquer une partie de l'épargne de précaution des ménages et libèrer ainsi du pouvoir d'achat


17.07.2008

Chine: la croissance reste solide, l'inflation aussi

Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a continué de progresser à un bon rythme au premier semestre (+10,4%) mais l'inflation aussi, flirtant toujours avec les 8%, selon les chiffres officiels annoncés ce jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS).
La croissance économique chinoise a, certes, quelque peu ralenti sur les six premiers mois de l'année mais elle reste sur une tendance à deux chiffres, selon les chiffres officiels dévoilés ce jeudi par le Bureau nationale des statistiques (BNS).


Comme ce fut le cas au cours des cinq précédentes années, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a atteint 10,4% en glissement annuel au premier semestre 2008, selon les statistiques communiquées par le BNS. Ce PIB a représenté 13.062 milliards de yuans (1.920 milliards de dollars ou 1.211 milliards d'euros). Pour le seul deuxième trimestre, sa progression a été de 10,1%, en ralentissement après un premier trimestre à +10,6%. Sur l'ensemble de 2007, la croissance avait atteint +11,9%, son plus haut niveau en treize ans, selon des chiffres révisés en avril.

Parallèlement, l'inflation a perduré avec un indice des prix à la consommation en hausse de 7,9% en glissement annuel entre janvier et juin (après 8% au premier trimestre). Supérieure à l'objectif annuel de 4,8% que le gouvernement s'est fixé et qui équivaut à son niveau de l'an dernier, la hausse est essentiellement due aux prix de l'alimentation, qui ont bondi de 20,4% au premier semestre. L'inflation s'est néanmoins modérée après avoir connu un plus haut en près de 12 ans en février, de +8,7%. Sur le seul mois de juin, l'indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 7,1%.

Au plan national, les investissements en capital fixe ont continué de progresser à vive allure: +26,3% au premier semestre 2008 sur un an en Chine, soit 0,4 point de pourcentage supérieur à la même période de l'an passé, totalisant 6.842 milliards de yuans (1.006 milliards de dollars). En zones urbaines, ces investissements ont, comme toujours, augmenté plus vite: +26,8% entre janvier et juin (supérieur de 0,1 point de pourcentage) et +29,5% sur le seul mois de juin. Ils ont représenté 5.843,6 milliards de yuans (859 milliards de dollars). La production industrielle a augmenté de 16,3% en glissement annuel au premier semestre en Chine et de 16,0% sur le seul mois de juin.

13.07.2008

Le marché commence à douter de la stratégie " Chine d'abord "

Depuis le début du mois, les investisseurs paraissent éviter les groupes les plus exposés à un possible tassement conjoncturel en Chine.


Quelques exemples d'entreprises occidentales exposées au marché chinois
583c660284eaff24d2856bb5575b6081.gif En ces temps de doutes conjoncturels et boursiers, Alain Peyrefitte aurait pu titrer son célèbre ouvrage : Quand la Chine s'assoupira. Eldorado d'hier, l'ex-empire du Milieu semble désormais susciter certaines inquiétudes. La croissance économique de la Chine pourrait bien s'écraser au cours des trois derniers mois de l'année. Et cela à cause d'un atterrissage plus brutal que prévu de l'économie mondiale.
Certains évoquent également l'effet d'accalmie consécutif aux JO de Pékin. Mais certain n'y croit pas. " Le PIB chinois provient à 45 % de l'export et à 55 % du développement interne auquel les JO de Pékin ne contribuent qu'en petite partie ", évoque un spécialiste. Selon lui, au cours des soixante dernières années " on observe des crises fortes tous les dix ans et des mini-crises de réajustement tous les quatre ans ". Et d'ajouter : " Il est possible que l'on puisse se retrouver face au deuxième cas de figure en Chine, notamment à cause des tensions inflationnistes qui pourraient, soit entraîner des insuffisances de capacités de production, soit pénaliser l'activité des entreprises. "

SOLIDITE A LONG TERME
La chute de 50 % de la Bourse de Shanghai depuis la fin 2007 annonce vraisemblablement un fort ralentissement de l'économie chinoise ". Dans ce contexte, on assiste à une désaffection boursière récente sur les grands groupes de dimension internationale qui comptaient sur cette zone pour doper leurs revenus. C'est le cas dans le secteur de la construction avec des valeurs comme Saint-Gobain ou Lafarge, qui ont cédé plus de 9 % depuis le début du mois de juillet alors que l'indice CAC 40 a, dans le même temps, reculé d'un peu plus de 2 %. Du côté de l'industrie du luxe, LVMH a chuté de 13 % tandis qu'Hermès International a abandonné plus de 6 % sur la période. Mais rappelons la solidité de la tendance à long terme : un taux de progression moyen annualisé du PIB de 7 à 10 % au cours des deux prochaines décennies .

12.06.2008

La Chine deviendrait la première puissance économique mondiale

Selon une étude prospective du cabinet PWC, la Chine détrônerait les Etats-Unis à partir de 2025. Ces deux pays et l'Inde domineront l'économie mondiale à l'horizon 2050.
Le déplacement du centre de gravité du monde économique vers l'Orient se confirme. La Chine va ravir aux Etats-Unis la place de première puissance économique mondiale en 2025, anticipe une étude du cabinet d'audit et de conseil . Dans ce scénario, "à horizon 2050, l'économie mondiale serait dominée par trois grandes puissances que seront dans l'ordre la Chine, les Etats-Unis et l'Inde", selon l'étude.

"Le PIB de la Chine représenterait alors 130% du PIB américain, celui de l'Inde près de 90%", poursuit l'enquête, et "le pouvoir d'achat moyen d'un Chinois, d'un Brésilien, ou d'un Turc serait équivalent à celui d'un Français aujourd'hui". A titre de comparaison, la France représenterait 14% de l'économie américaine, contre 17% aujourd'hui.

L'étude souligne cependant que "le rééquilibrage des moteurs de la croissance mondiale est beaucoup plus large et complexe qu'on ne l'a supposé jusqu'à présent". Ainsi, les croissances de la Chine et de la Russie devraient "ralentir dans les prochaines quarante années en passant respectivement de 9,2% et 4,6% en 2007 à 2,8% et 1,2%", en raison du "vieillissement de leur population". "A l'inverse, les jeunes pays que sont l'Inde, l'Indonésie, le Brésil, la Turquie et le Mexique connaîtront une croissance de leur population active", prévoit PWC.

PWC souligne encore le "rôle moteur" de pays émergents comme le Vietnam, dont le PIB pourrait égaler celui de l'Italie, le Nigeria, qui pourrait dépasser l'Afrique du Sud, les Philippines, l'Egypte et le Bengladesh. Quant aux pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada), leur croissance "plafonnerait à 2%" à l'horizon 2050.